LIZIER
A. Disposition des étables, — L'aire des étables présente une pente de 0",10 à 0",12; sa largeur est en rapport avec la longueur des animaux, de manière que leurs excréments tombent dans une rigole qui règne dans toute la longueur du bâtiment. Cette rigole est située derrière la plate-forme sur laquelle reposent les animaux; elle est en bois, de 0'',20 à 0",30 de profondeur sur 0",30 à 0",4û de largeur, et possède deux éclusettes à coulisse à ses extrémités. Ces ouvertures permettent de vider le canal dans une des fosses, et d'y faire arriver de Teau d'un réservoir situé à proximité de l'étable.
B. Fosses ou caisses. — Les caisses à lizier sont faites en maçonnerie bien recrépie , et l'on en assied la base sur une terre argileuse parfaitement battue ou bétonnée, afin qu'elle soit bien étanche. Il est utile que ces fosses soient couvertes ; cette disposition rend la fermentation plus régulière et moins active.
On établit ordinairement cinq à six fosses ou réservoirs, afin que le liquide reste tranquille pendant la fermentation, qui dure ordinairement quatre à six semaines ; on doit donc calculer leur grandeur d'après le nombre des animaux, de manière que chacune d'elles se remplisse en une semaine.
Les grands réservoirs ne valent pas les petits, parce que la fermentation s'y établit trop promptement.
C. ManipiUation, — Chaque matin, lorsque le vacher entre dans l'étable, il y trouve la rigole remplie.par l'eau qu'il y a fait couler la veille, et les excréments que les animaux ont évacués pendant la nuit. Alors il mêle soigneusement les déjections avec l'eau, écrase les parties les plus compactes de manière à obtenir un liquide égal et coulant; c'est de la perfection de cette opération que dépend, en grande partie, la bonté du lizier, qui ne doit être ni trop clair, parce qu'il
fermenterait plus diflicilement, ni trop épais, parce qu'il ne serait pas assez fertilisant.
Quand les parties ont été bien délayées, lorsque le mélange est fait, le vacher ouvre Téclusette, fait écouler le liquide dans la caisse de service, et remplit cette rigole à moitié d'eau.
Dans le courant de la journée, lorsqu'il vient à l'étable, il jette dans la rigole les excréments qui se trouvent sous les animaux, et la vide toutes les fois qu'il trouve que le mélange qu'elle contient est suflSsamment épais.
Lorsque la fosse dans laquelle a lieu l'écoulement journalier de Teau et des déjections est remplie aux trois quarts, on dirige le mélange dans la seconde, ensuite dans la troisième, puis la quatrième, etc.
La meilleure proportion du mélange à faire dans la rigole est, si l'on entretient le bétail, trois quarts d'eau et un quart d'excréments; si on l'engraisse, il faut quatre cinquièmes d'eau et un cinquième de déjections.
Le lizier qui a fermenté pendant un mois dans une caisse se sépare en 3 parties :
1'' Les parties solides se précipitent au fond sous forme de sédiment.
2* La matière liquide recouvre ce dépôt ; c'est le lizier proprement dit.
Z^ n se forme à la surface du liquide une croûte spongieuse dont l'épaisseur varie entre 0"',30 et 0'",50.
Après l'enlèvement de la partie liquide, la croûte tombe au fond de la caisse et se mêle au sédiment. Ordinairement on mêle ce dépôt à de la paille à demi décomposée. Ce mélange constitue un excellent fumier.
Depuis quelques années, dans plusieurs exploitations, on verse dans les réservoirs de l'acide sulfurique dans le but de