LIZIER
transformer le carbonate d'ammoniaque en sulfate et prévenir par là la perte de l'ammoniaque.
AppiieatioB do iixier. — La vidange des fosses se fait à l'aide d'une pompe portative. On transporte cet engrais au moyen de tonneaux à purin, ou de caisses ayant 4 mètres de long sur 0",80 de hauteur et de largeur, et posées sur des chariots. Ces caisses versent le lizier en nappe.
Lorsque le lizier est conduit sur des terres labourées, on remue le marc qui s'est déposé au fond de la caisse, afin qu'il soit bien mêlé au liquide et augmente l'action de l'engrais.
Toutefois, il faut éviter de mêler le dépôt au liquide quand ce dernier doit être appliqué sur des plantes en végétation. Schwerz a constaté qu'il se formait sur les endroits où le lizier arrive épais, une croûte qui attache les jeunes plantes à la terre et les empêche de s'élever; en outre, il a observé que plus tard il se formait sur les plantes déjà développées une sorte de tissu blanchâtre , composé de fibres incomplètement décomposées, et que les pluies ne peuvent enlever entièrement.
Lorsqu'on l'emploie pour fumer les vignes, qui, presque partout en Suisse existe slir des pentes rapides, on le transporte à dos au moyen d'une hotte doublée en cuir et munie d'un robinet (voirfig. 38, p. 591). Alors, un second ouvrier creuse la terre à la base de chaque cep, et comble ce trou lorsque le lizier a été appliqué.
Quantité qa*OB peut fabriquer. — Tschifieli a observé
qu'une vache entretenue toute l'année à l'étable, permet de fabriquer 100 litres de lizier par jour, soit 365 hectolitres par an.
Quantité qu'on emploie. — Suivant le même observateur, 263 hectolitres de lizier suffisent pour fertiliser un hectare
584 ENGBAIS LIQUIDES.
de terre labourable. La même superficie en prairie naturelle en exige 525 hectolitres. M. Sacc porte cette dernière quantité à 800 hectolitres.
PlMites 8«r lesquelles en rappllqae. — On répand le lizier sur les terres arables, sur les céréales en végétation ou sur les prairies naturelles ou artificielles. Toutefois, ainsi que je l'ai dit précédemment, on ne doit jamais appliquer cet engrais quand les plantes sont déjà élevées. Ordinairement c'est pendant Thiver , ou en été, cinq à six jours après la fauchaison, c'est-à-dire lorsque la cicatrisation des plantes coupées a eu lieu, qu'on le répand sur les prairies.
AetioB ferciiiaaMCe. — Cet engrais a une énergie fertilisante telle, lorsqu'il a été bien fabriqué, qu'on peut chaque année faucher quatre à cinq fois les prairies naturelles sur lesquelles on Ta appliqué.
BIBUOGRAPHIE.
vscMflëll. — Lettres sur la nourriture des bestiaux , 1817, in-S, p. 48 «rn^nler.— Gadoue artificielle, 1820, in-8, p. 43. De Candolie.-^ Bulle'. in des sciences agricoles, 1830, p. 193. •ekwers. ^ Préceptes d'agriculture pratique, J839, in 8, p. 121. . — Le Cultivateur, 1842, in-8, t. XVIII, p. 121.
SECTION ni.
Engrais flamaéd •« court e-graUae.
Définition. — Nature. — Citernes. — Préparation. — Application. — Opérations qui suivent Temploi. — Conditions de réussite. — Quantité qu'il faut appliquer. — Cultures pour lesquelles on l'emploie. — Action feriilisante. — Prix de revient. — Bibliographie.
DéflBiiioB. — En Flandre, en Belgique et en Alsace on donne le nom de courte-graisse, engrais flamand ou gadoue à un mélange fermenté d'urines, d'eau et de matières fécales. Ce liquide sert pour arroser les terres labourées ou les plantes en végétation.
On ignore l'époque à laquelle cet engrais a été appliqué pour la première fois. Il est probable que son emploi remonte à plus de deux siècles. Les ouvrages publiés sur l'agriculture flamande, vers le milieu du dix-huitième siècle, le signalent comme un engrais très-connu et très-apprécié des cultivateurs flamands.
La ville de Lille fournit annuellement à l'agriculture flamande 1 116 456 hectolitres de vidanges.
Naiore. — La courte-graisse bien préparée a une couleur jaune verdâtre et une saveur salée et piquante; elle est visqueuse, et l'odeur qu'elle développe rappelle celle d'une dissolution très-étendue d'hydrosulfate d'ammoniaque.
D'après MM, Boussingault et Payen, cet engrais liquide contient 80 pour 100 d'eau et 0,20 pour 100 d'azote.
Suivant M. Corenwinder l'engrais flamand à l'état normal a une densité de 1032 à 1035. Ce dernier chifl're correspond à 5 degrés environ de l'aréomètre Baume. L'engrais provenant des citernes ne marque que de 1 à 3 degrés.
M. Girardin a constaté que cet engrais liquide contenait les matières suivantes :
•Engrait pur. Engrais addiiionné ffeau.
Matières organiques 26 ,59 Matières orgn niques 0 ,514
Ammoniaque 7,63 Ammoniaque 2,090
Potasse 2,14 Potosse 0.159
Acide phosphorique 3,43 Acide phosphorique 0,271
Chaux, magnésie, etc. ... 5,77 Chaux, magnésie , etc. . . 7.48?
Silice et oxyde de fer.... 5,07 Silice et ox} de de fer.. . 0.027
E;iu 980,37 Kau .' 996,450
Azûle dans un litre 98', 163 Azoïe dans un liire H' ,848
Densité 1031 Densité 1007
Citernes.— La plupart des fermes de la Flandre possèdent des citernes ou réservoirs situés aussi près que possible des chemins, des champs ou des bâtiments de Texploitation. Ces fosses sont en maçonnerie ; la partie voûtée est en briques ; le sol est garni de pavés en grès reliés avec un mortier' de chaux et de sable.
Quelques citernes sont partagées en deux compartiments juxtaposés par une cloison de briques.
Les fosses simplement creusées dans un sol argileux et recouvertes de planches ne sont pas très-nombreuses.
Ces caves (fig. 32) ont, en moyenne, les dimensions suivantes :
Largeur 4",50 ; longueur 5 mètres ; hauteur du pied droit O^'jOO; hauteur sous-clef 2*", 10; capacité 28 à 32 mètres. Les plus grandes contiennent de 100 à 200 mètres cubes.
Lorsqu'elles sont voûtées, disposition qui est la plus adoptée, elles présentent deux ouvertures, Tune vers le milieu de la voûte, Tautre pratiquée dans la partie latérale située au riord ; la première ouverture, que Ton ferme au moyen d'un volet muni d'un cadenas, sert à introduire les matières fé-
cales et à les extraire; la seconde est destinée à donner'accès à l'air jugé nécessaire à la fermentation. Elles reçoivent naturellement les urines desétables.
Fig. 32. Cave à engrais' flamand.
Préparation. — Lorsqu'il arrive à la ferme des vidanges ou des urtnes, on vide les tonneaux qui reposent sur les beignotSy chariots particuliers à la Flandre (fig 33), dans le
Fig. 33. Chariot flamand servant au transport des engrais liquides.
réservoir citerne, et on laisse les matières fermenter pendant quelques mois avant de les employer. Par la fermentation, l'engrais devient plutôt visqueux que liquide.
Les tonneaux flamands contiennent 100 à 125 litres.
Si les vidanges sont trop liquides, on jette dans le réservoir
des tourteaux de colza, de cameline ou de pavot-œillette réduits en petits fragments, ou en poudre, etc., et on brasse le mélange de temps à autre à l'aide de longues perches. Lorsque le liquide est trop épais , on lui ajoute des urines d'animaux, des eaux grasses, des issues de lessive ou de l'eau.
On puise Tengrais flamand dans les citernes avec des seaux en cuivre ou en bois (voir fig. 37) mis en mouvement à l'aide d'un levier à bascule ou d'une poulie.
Les fosses ne sont jamais entièrement vidées ; on les remplit au fur et à mesure qu'on emploie l'engrais qu'elles renferment.
L'engrais flamand séjourne dans les citernes trois ou quatre mois; mais lorsqu'il est fabriqué il peut y rester plusieurs années sans perdre de ses propriétés.
AppiieatioD. — L'engrais flamand qui a fermenté ou jeté son feu s'applique de deux manières, suivant les circonstances qui déterminent son emploi.
A. Engrais appliqué par des ouvriers. — Lorsque les terres ne sont pas accessibles aux voitures, ou que l'engrais doit être
Fig. 34. Brouette allemande.
appliqué, non étendu d'eau, avant la transplantation du colza et du tabac, on le conduit à l'aide de tonneaux placés sur une voiture. Alors l'engrais est conduit sur le champ au moyen d'un tonneau mobile reposant sur uniî brouette allemande (fig. 34) ou au moyen d'une voiture à deux roues et à bras
(fig. 35) ou à l'aide d'un tonneau défoncé (fig. 36). Ce dernier baquet est muni de deux crochets latéraux ou oreillons: et c'est par l'intermédiaire de ces crochets et de deux leviers qu'on le porte d'un endroit à un autre.
Fig. 35. Voiture à bras pour le transport des engrais liquides.
L'engrais est ensuite versé dans une cuve placée au centre, ou à l'une des extrémités du champ, et dans laquelle on ajoute 5 à 8 parties d'eau pour le délayer ou modérer son action, si, avant d'en remplir les tonneaux de transport, cette
Fig. 36. Tonneau servant à transporter les engrais liquides.
addition n'a point été faite. La capacité de ce vase est d'environ un quart de mètre cube. Lorsque la cuve est pleine (fig. 37) et lorsqu'on a bien agité le liquide au moyen d'un rabot particulier, un ouvrier, à l'aide d'une écope, espèce de cuiller
590 ENGRAIS UQUIDES.
de bois ou pelle de batelier fixée (au bout d'une perche de 4 mètres de largeur qu'on appelle louche ou puriau, et avec une dextérité remarquable, répand le liquide sous forme de
Fig. 37. Cuve flamande à engrais liquide.
pluie à 6 ou 7 mètres autour de lui ; cette écope contient environ 2 kilog. d'engrais.
Dès que la cuve est vide, on la transporte sur un autre point du champ; la voilure suit; alors l'opéralion recommence et se continue jusqu'à ce que la surlace du champ ait été entièrement recouverte d'engrais, ou que la totalité disponible soit employée.
Lorsque l'engrais flamand doit être appliqué sur une petite étendue, on le distribue à l'aide d'une espèce d'arrosoir portatif dont la gueule est munie d'un robinet (fig. 38). Ce mode d'application est très-utile, en ce qu'il permet d'arroser seulement la base des plantes et de mettre conséquemment l'engrais en rapport direct avec les racines. Ce mode d'arrosage est surtout employé à l'époque de la transplantation du colza, du tabac, des betteraves.
La courte-graisse répand au loin une odeur infecte, un peu analogue à celle du sulfhydrate d'ammoniaque, mais qui n'est
nullement insalubre. Son application est généralement réservée aux garçons et filles de ferme qui Teffectuent sans aucune difficulté. Il faut, comme Tobserve M. Cordier et
Bip
Fig. 38. Ouvrier arrosant des plantes avec Tengrais flamand.
comme je Tai plusieurs fois constaté, tout le courage des fermiers flamands pour faire usage d'un engrais dont l'odeur est insupportable, même à une grande distance, pendant vingt-quatre heures. Mais une longue habitude et les résultats si surprenants qu'on en obtient donnent aux cultivateurs la résignation et la patience qui leur sont nécessaires.
B. Engrais appliqués à l'aide de véhicules. — Lorsqu'on répand l'engrais flamand sur des prairies ou sur des terres labourées non ensemencées, on le conduit dans un tonneau placé sur un chariot. Derrière ce véhicule existe une caisse en bois dont le fond est percé de trous ; l'engrais sort du tonneau, et, à l'aide d'un conduit, il tombe dans la caisse et de celle-ci sur le sol. Par cette disposition on arrose une largeur de l"»,50 à 2 mètres, à mesure que le véhicule avance sur la prairie ou sur le champ (fig. 39).
Quelquefois on se sert d'un tonneau muni d'un robinet qui conduit le liquide dans un tube horizontal percé de trous, et
qui est placé au-dessous et derrière la voiture. Ce moyen, qui est le même que celui que Ton a adopté dans les villes
pour Tarrosement des rues et des places publiques, ne peut être utile que quand l'engrais est trèsliquide.
Lorsque la courte-graisse n'est pas très-fluide , on substitue à la caisse ou au tube perforé un bout de planche incliné d'avant en arrière, et maintenu sous le jet, qui sort du tonneau par une bonde de 0,03 à 0,05 de diamètre pratiquée en dessous , à l'aide de petites chaînes en 1er ; cette disposition fait jaillir le liquide de tous côtés, et l'oblige à se répartir sur le sol sous forme de nappe parfaitement uniforme (fig. 40).
Fig. 39. Tonneau à caisse distributrice.
Fig. 40. Tonneau belge servant à répandre les engrais liquides.
Enfin, on peut se servir d'un tonneau muni d'un robinet, au devant duquel on a fixé une planche inclinée (fig. 41).
OpératioDs qai saUeBC remploi. — Lorsque l'engrais flamand est appliqué sur des terres labourées et avant l'exé-
cution des semailles, on donne au sol un ou plusieurs hersages et roulages, et lorsque la terre est parfaitement unie et émiettée, on répand Tengrais, application qui est généralement suivie d'un hersage, afin que le liquide soit aussi intimement que possible mêlé à la couche arable. . Quand Tarrosage n'a lieu qu'après les ensemencements, on fait suivre la semaille par un hersage et deux ou trois roulages, bien que quelques cultivateurs considèrent ces opérations comme inutiles, et cela parce qu'une terre bien meuble absorbe très-promptement les engrais liquides. Ces opérations ont pour but de presser la terre contrôla semence.
Fig. 41. Tonneau à robinet.
de la comprimer et d'empêcher que les grains ne soient en contact trop immédiatement avec la courte-graisse.
Un tonneau de 125 litres bien appliqué couvre une superficie de 150 mètres carrés.
Condicioiis de réussite. — L'engrais qu'on applique immédiatement après les semailles doit être répandu par un temps humide ou légèrement pluvieux. On doit éviter de le répandre par un temps de sécheresse ; lorsque l'atmosphère est chaude et le soleil ardent, Tévaporation qui a lieu nuit considérablement à son énergique activité. Quand on le répand par de grandes pluies, les inconvénients qui en résultent u 38
sont aussi graves, car elles Tentratnent à une grande profondeur dans le sol.
Qnaiittté qa*ll ffaut répaadre par heetare. — La quantité d'engrais flamand qu'on applique par hectare est très- variable.
En 1820, d'après Cordier, une ferme de 25 hectares, située dans les environs de Lille , employait annuellement 76 500 litres de courte-graisse, soit par hectare un peu plus de 3000 litres.
MM. Bottin et Gorenwinder ont constaté que Tengrais flamand était appliqué dans les proportions suivantes :
En 1810. En 1860.
Céréales d^hiver ou de printemps. .. 120 à 180 hectol. 165 hectol.
Colzaetfève 120 à 180 — 330 —
Lin 180à240 — 165 —
Tabac 360 à 480 — 300 à 330
Betterave'. Ï80à240 — 165 —
Voici, d'après M. Kuhlmann, un exemple de l'emploi de Tengrais flamand sur une ferme des environs de Lille, sur laquelle on suit un assolement triennal ainsi conçu : colza, blé et avoine.
Première année. En octobre ou novembre, on fume avec le fumier de ferme en l'enterrant à la charrue. On répand alors 60000 litres d'engrais liquide par hectare, on donne un deuxième labour et on plante le colza*.
Dexixième année. Le colza récolté, on laboure pour les semailles d'automne et on répand 12 000 à 15 000 litres d'engrais, et on sème le froment.
Troisième année. On laboure sur éteules de blé ; on applique 12000 litres de courte-graisse et l'on sème l'avoine.
Si, par des circonstances particulières, ajoute M. Kuhl* mann, on se trouve dans l'impossibilité de conduire l'engrais eu automne^ on le répand en mars, et alors on peut en appli-
BKGRAIS FLAMAND. 505
quer un cinquième de moins, mais on évite, autant que possible, de le répandre à cette époque, à cause des dégâts qu'occasionnent presque toujours les charrois.
Dans les environs de Strasbourg, on applique la courte* graisse pour la culture du chanvre, du tabac ou de la navette, à raison de 10 voitures de 36 hectolitres. C'est donc 3600 litres seulement qu'on répand par hectare,
Goltwrea poor lesquelles en Templele. — La eourte-
graisse, véritable pivot de la culture flamande, si prospère sous tous les rapports, est principalement employée pour le tabac, le lin, le colza et le pavot ; on la répand aussi au mois de février ou de mars sur les céréales qui manquent de vigueur, qui ont souffert durant l'hiver ou qui ont été semées en automne 9ur des sols qui n'avaient pas toute la fertilité voulue pour qu'elles puissent végéter vigoureusement et donner de bons produits.
Quand on applique cet engrais aux betteraves, carottes et tabac, on le fait couler dans des trous pratiqués sur les lignes, près des plantes, ou dans des sillons pratiqués entre les lignes; on évite de le répandre sous forme de pluie lorsque ces plantes sont développées, pour qu'il ne nuise pas à la qualité de leurs racines et de leurs feuilles.
On renonce souvent à son emploi dans la culture de la betterave à sucre, à cause de l'influence fSicheuse qu'il exerce sur la richesse saccharifère de la racine.
J'ai vu appliquer l'engrais flamand avec succès sur les sables des dunes situées près de Dunkerque,et dans les environs de Bergues, Hondschoote, etc., pour la culture des gros légumes : choux, carottes, etc.
Actien ffcrtiiisftiite. — L'engrais flamand bien fabriqué et convenablement appliqué, est un engrais très-actify très-chaud; aussi les plantes avec lesquelles il est en contact poussent'^
elles toujours rapidement. On a reconnu depuis longtemps en Flandre que les semences qui en étaient imprégnées germaient beaucoup plus proniptement, et donnaient toujours naissance à des plantes très- vigoureuses.
Cet engrais ne conlient que des parties solubles ; c'est pour ce molif que ses eflets ne sont qu'annuels, comme ceux de la poudrette et de toutes les matières animales qui ont éprouvé la fermentation putride. Aussi est-ce avec raison que M. Boussingault fait observer qu'il réalise son maximum d'action dans la saison où il est mis en terre.
Ainsi l'engrais flamand doit sufGre pleinement aux exigences des plantes annuelles, et leur permettre d'acquérir tout le développement qu'elles sont susceptibles de prendre sur des sols fertiles, sur des terres qui renferment des matières fertilisantes formées de particules très-divisées et ayant une célérité d'action des plus prononcées. Les faits que son emploi permet d'enregistrer chaque année justifient les progrès de l'agriculture flamande, la haute production agricole que cette province réalise tous les ans, et qui constitue sa véritable richesse.
Je compléterai ces observations en résumant les intéressantes observations faites en 1860 par M. Moll sur l'emploi et l'action des vidanges pures :
1* La vidange pure appliquée sur des plantes en pleine végétation, pendant les chaleurs de Tété, est toujours nuisible ; .
^ Appliquée dans la même saison, mais par la pluie, elle agit favorablement mais d'une manière irrégulière suivant l'abondance de la pluie après ou pendant la fumure, la nature du sol, et selon que la végétation est plus ou moins avancée ;
3o Appliquée par la sécheresse sur des prairies récemment
fauchées, elle ne produit rien ou presque rien jusqu'aux premières pluies abondantes;
V Répandue sur la terre nue peu de temps avant la semaine, elle parait agir avec une intensité égale à celle d'un même poids de bon fumier ordinaire ;
ô"* Toutefois, comme à poids égal elle contient moins d*azote, il en résulte que 50 kilog. d'azote de la vidange ont produit, dans ces conditions, autant d'effet que 100 kilog. d'azote du fumier ;
6° Le mode d'emploi par lequel la vidange a le plus d'action, c'est en mélange avec 3 à 5 fois son volume d'eau et répandue à cet état au printemps sur les plantes encore jeunes ;
7° Tout porte à croire que l'engrais de vidange est absorbé à la fin de l'année;
8" Cet engrî^is produit des effets sur les plantes dans Tordre suivant de décroissance :
1' Betteraves, navets, carottes, choux, rutabagas;
2" Chanvre et colza ;
3** Ray-grass d'Italie, mais, sorgho;
4' Céréales : blé , orge, etc. ; '
h" Pommes de terre, topinambours, trèfle, luzerne;
6*. Fèves, pois, haHcots.
9» La vidange étendue d'eau a sur ces plantes une action très-supérieure à celle du fumier et de la vidange pure;
10** Un grave inconvénient de la vidange pure, c'est qu'employée à la dose de 30 à 50 mètres cubes par heclare, elle donne lieu à une végétation exubérante qui a pour conséquence la verse des céréales et du colza dans les années pluvieuses;
1 P D'un autre côté, elle parait augmenter dans une forte proportion îa richesse en azote et en parties minérales des fourrages.
Prix de reTient. — Dans les environs de Lille, un tonneau de déjections de 100 à 120 litres coûte 30 cent d'achat, 10 cent, de courtage et 30 cent, de transport. Son emploi occasionne une dépense de 60 cent. ; soit en totalité 1 fr. 30 cent, l'hectolitre ou 12 fr. le mètre cube.
Dans le département du Nord, la valeur des déjections achetées par les cultivateurs est payée aux domestiques, qui n'ont souvent pas d'autres salaires ou gages.
Dans les environs de Strasbourg, la courte-graisse rendue sur le champ où elle doit être appliquée revient à 1 fr. 10 c. environ l'hectolitre.
Voici, d'après M. Boussîngault, le prix auquel revient à Strasbourg, un hectolitre de vidange :
Achat 0' , 25
Frais de vidange 0 ,14
Droit payé à Toclroi 0 ,03
GratificalioD au valet de ferme '. 0 ,06
Total 0'.48
Les vidanges se vendent à Bondy 3 fr. le mètre cube.
BIBLIOGRAPHIE
BoUln. ~ Mémoire de la Société centrale d'agric , 181S, in-8, p. 326. cordicr.— Agriculture de la Flandre, 1823, in-8, p. 242. BendD. —Agriculture du Nord, 1843, in-8, p. 117. Boii00lns«iili.—£coDomi6 rurale, 1851, in-8, t. I, p. 796. corenwlndfr. — Archives de l'agriculture du nord de la France, 1860, t. JV,p. 392.
PURÎN ANlMALIsé. 599
SECTION IV
Pnrln anlmallaé.
En Saxe, on jette quelquefois dans les fosses, dans lesquelles coulent les urines des écuries, etc., des débris et issues d'animaux après les avoir divisés en petits morceaux. On couvre ensuite les réservoirs d'une caisse renversée qu'on charge de pierres afin que les matières animales, qui deviennent de plus en plus légères, n'arrivent pas à la surface du liquide. Ces parties animales résistent longtemps à la décomposition, mais elles finissent toujours par être attaquées peu à peu par le liquide qui les enveloppe.
Quand ce liquide est sufiisamment saturé de parties animales, on l'enlève au moyen d'une pompe munie à sa base d'un grillage très-serré, et on le conduit sur les prairies, les terres qui doivent être ensemencées, ou sur les plantes en végétation. On a soin de le répandre par un temps brumeux on humide.
Les effets de cet engrais ne sont qu'annuels, mais le développement que les plantes, prennent sous son action, et qui est dû évidemment à la grande quantité d'azote -qu'il contient, a été jusqu'à ce jour véritablement remarquable. Cet engrais dégage après sa confection une odeur un peu forte, mais qui n'est pas plus repoussante que celle que produit l'engrais flamand.
On peut ajouter aussi aux urines et au purin des eaux grasses provenant du désuintage des laines.
SECTION V
Systèate Felleaibers cm KeaBedy.
Réservoirs. — Tuyaux. — Pompes. — Machine à vapeur. — Boyaux. — Dépenses d'établissement. — Préparation de l'engrais. — Mode d'application. — Produits que ce système permet d'obtenir. — Prir de revient. — Avantages et inconvénients.
On s'est préoccupé très-vivement en-France, il y a quelques années, de l'emploi des engrais liquides au moyen de conduits placés souterrainement. Ce procédé, généralement connu sous le nom de système Kennedy ^ système tubulaire souterrain^ existe en Angleterre sur plusieurs fermes, et en France on commence à l'expérimenter, afin de bien connaître les Cdpitaux qu il exige, les dépenses annuelles qu'il occasionne et les avantages économiques qu'il présente sur le mode de répartition des engrais liquides en usage en Flandre, en Italie, etc.
Ce système consiste à diriger avec une pression suffisante, et à l'aide de conduits souterrains offrant çà et là des regards et des robinets, auxquels on fixe à volonté un tube flexible, les engrais liquides d'un réservoir donné, sur des terres arables où des prairies naturelles ou artificielles.
M. Chadwick, secrétaire du conseil supérieur de salubrité d'Angleterre, revendique l'honneur d'avoir imaginé cette mélhode, parce qu'il en a parlé en 1839. J'observerai que la distribution des engrais liquides au moyen de tuyaux enfouis dans le sol était déjà mise en pratique au commencement de ce siècle. Ainsi, à Hofwyl, en 1803, M. Feliemberg arrosait ses prairies à l'aide de tuyau<jD en bois situés sous le gazoUy et éloignés les uns des autres de 30 à 60 mètres. Ueauy
après avoir été refoulée dans ces coulisses, détrempait la terre supérieure, par conséquent les racines des plantes qui formaient le gazon. Ces tuyaux ne s*obstruaient pas, parce qu'ils étaient recouverts avec des branchages, et Teau, à cause de leur disposition, s'en échappait très-aisément. Ces faits, qu'on peut lire dans les écrits de M. Fellemberg, prouvent que M. Chadwick n'a fuit que perfectionner .une méthode déjà ancienne.
Quoi qu'il en soit, ce mode d'emploi des engrais liquides a été expérimenté pour la première fois en Angleterre, en 1842, par M. Henry Thimpson, de Clitherve, et c'est en 1848 que M. Huxtable l'introduisit sur sa ferme à SuUon-Waldron, dans le Dorsetshire.
Le système Kennedy a été breveté en France le 4 septembre 1847.
Ce système exige :
1« Des réservoirs;
2« Une ou plusieurs pompes pour élever le liquide;
3» Une machine à vapeur ou une roue hydraulique, un moulin à vent ou un manège;
4« Des conduits souterrains en bois ou en fonte, avec regards et robinets ;
5* De l'eau en quantité sufûsante.
La machine à vapeur et les pompes ne sont nécessaires que lorsque les terres à- arroser ont un niveau supérieur à celui des réservoirs. Lorsque. la fosse à engrais est supérieure, quant à la position qu'elle occupe, au niveau des terres à arroser, la gravitation suftit pour que le liquide arrive facilement dans les tuyaux et les boyaux, sur tous les points où les arrosages doivent être pratiqués.
Dans le but de faire coniîattre tous les détails concernant l'application de ce nouveau mode d'emploi des engrais li-
602 ENCRAIS LIQUIDES.
quides^ je rapporterai les faits qu'on a constatés sur les exploitations suivantes :
Ferme de M. Kennedy; à Meyer-Mill, près Ayr (Ecosse).
— de H. Telfer, à Canning-Park , près Ayr (Ecosse).
— de M. Balston, à Lag, Ayrshire (Ecosse).
— de M. Harwey, à Glascow (Ecosse).
— de M. Mechi, k Tiptree, près Kelvedon (Angleterre).
— de M, Neilson , à Halewood , Lancashire (Angleterre).
— de M. Littledàle, A Liscard, Chestershire (Angleterre).
— du duc de Sutheriand , à Hanchurch, StrafTordshire (Angle-
terre).
M. Mechi n'a cessé jusqu'à ce jour d'appliquer avec avantage le système Kennedy.
■éiiervoira on citcraes. — Les fermes sur lesquelles on a adopté le système tubulaire ont deux, trois ou quatre réservoirs voûtés, construits en briques et ciment hydraulique. Ces citernes sont situées près des bâtiments, et elles reçoivent directement les urines des étables.
La capacité de ces réservoirs varie suivant l'étendue de l'exploitation, le nombre d'animaux qu'on y entretient, le nombre d'hectares qu'on peut arroser.
En général, ces réservoirs ont de 3«",50 à 5 mètres de profondeur.
Voici comment se répartit en Angleterre la capacité des rt^servoirs par chaque hectare arrosé :
Ferme de M. Kennedy 6— ',00
~ du duc de Sutheriand -. 6 ,00
— de M. Mechi ,^ 5 ,.50
— de M. Neilson .' 4 ,50
— de M. Lhtledale 6 .00
Moyenne . 5"—,50
Ainsi, une ferme sur laquelle on voudrait arroser 50 hectares devrait avoir des réservoirs ayant une capacité moyenne de 280 mètres cubes ou 280000 litres.
La dépense qu'occasionne la construction des citernes n'est
pas très-considérable. Voici les chiffres recueillis en Angleterre* :
Réserrotrs. Dépenses. Prix da met. eahe.
Ferme de M. Kennedy 1274 m. c. 7500 fr. 5' ,90
— duducdeSutherland. 204 — 5000 24,50
— deM. Neilson 220 — 3375 15,30
— do H. Littledale 225 — 37 1 7 16 ,50
— deM. Mechi 363 — 2500 36,77
Moyenne 19', 79
La citerne p)récitée, d'une capacité de 380 mètres cubes, exigerait donc une dépense de 5541 francs, soit par hectare 110 fr. 80 cent.
Chaque citerne sur plusieurs fermes communique à une chambre à air. Celle ci rend la pression plus régulière et le débit de l'engrais plus uniforme.
CoBdaites on tayftox. — L'engrais liquide est envoyé sur les terres de l'exploitation au moyen de tuyaux, et le plus ordinairement à l'aide de la vapeur.
Les tuyaux auxquels, en Angleterre, on accorde la préférence, sont en fonte. Les conduits alimentaires ont de 0"»,075, 0",08 à O^.lO de diamètre. C'est sur ces tuyaux que s'embranchent, sous un angle qui doit excéder l'angle droit, mais qui ne doit pas dépasser 60 degrés, les tuyaux distfHbtUeurs. Ces tubes ont de O^jOS à O'^.O? de diamètre. Les uns et les autres doivent être assez épais pour résister à une colonne d'eau de 10, 15, 20 et même 30 mètres de hauteur, suivant l'élévation des terres au-dessus du niveau du réservoir.
On emploie dans quelques fermes anglaises des tuyaux en grès de 0*",02l de diamètre intérieur, et de O'^fOSS d'épaisseur^ Ces tuyaux sont vernissés. Il faut qu'ils soient en trèsbonne poterie pour qu'on puisse les préférer à la fonte.
1. Ces chiffres et ceux qui suivent sont extraits des publications faites par le Bureau de santé [BoatXïï of health) de Whitehall, à Londres.
Jusqu'à ce jour ils n*ont résisié qu'à la pression d'une colonne d*eau de 8 à 10 mètres. On fait leur jointement avec du ciment de Yassy ou de Portland.
M. Moll a proposé et adopté de préférence aux tuyaux en fonte, des tuyaux en tôle bituminée que l'on appeUe tuyaux Chameroy. La pose de ces tuyaux est facile parce qu'ils sont taraudés à chaque extrémité, et qu'ils se vissent les uns aux autres.
Les tuyaux n'offrent pas jusqu'à ce jour toute la solidité ou le bon marché qu'on doit chercher à obtenir.
Quoi qu'il en soit, les tuyaux alimentaires et distributeurs doivent être placés à 0°',40 ou G*,60 au-dessous de la surface du sol. A cette profondeur, ils sont situés hors de Tatteinte des instruments et de l'action des gelées.
Lorsqu'on pose les tuyaux distributeurs, on établit de distance en distance, c'est-à-dire tous les 150, ou 180, ou 200 mètres, des regards avec une prise de liquide. Ainsi on soude sur la conduite un robinet que l'on garantit par une maçonnerie légère. Les robinets reçoivent les boyaux qui servent à l'arrosement.
Chaque regard permet d*arroser de 3 à 4 hectares.
Les tuyaux en fonte coûtent en Angleterre de 2 à 3 fr. le mètre, y compris les frais dépose. Les tuyaux Chameroy de 0",018 de diamètre se vendent 3 fr. le mètre.
Les tuyaux sont, dans ce système, les objets qui occasionnent les plus fortes dépenses. Voici les déboursés qu'on a faits en Angleterre pour les établir :
Ferme de M. Kennedy 156 fr. par hectare.
— du duc de Sutherland 187 —
— deM.Neilson 151 —
— de M. Lillledale 133 —
— deM.Mechi 128 —
Moyenne 151 fr. par hectare.
Une ferme de 50 hectares exigerait donc une dépense de 7550 fr.
Pompes. — L'engrais liquide est élevé des fosses et chassé dans les tuyaux au moyen de pompes aspirantes et foulantes, mises en mouvement par une machine à vapeur.
Ces pompes ont les dimensions suivantes :
. j.j^ Diamètre Course Eau
Af^ncuiiegrs. du piston. du piston. clcvce par heure.
M. Liltledale 0" , 1 1 0* ,60 9 400 litres.
M.Wheble 0,13 0,30 2300 —
M. Mechi 0,15 0,55 24000 —
M. Neilson 0,20 0,60 13000 —
Le piston de la pompe de M. Wheble a une vitesse de 10 coups par minute ; celui de la pompe de M. Mechi se meut 23 fois pendant le même temps.
M. Moll ne connaît pas jusqu'à présent de pom| e qui fonctionne mieux que la pompe Letestu. Cet appareil élève les liquides les plus chargés de parties ferlili^antes aussi facilement que l'eau pure.
En Angleterre, la dépense faite pour les pompes a varié^ par exploitation entre 1750 fr. et 2000 fr.
Moteurs des pompes. — J'ai dit que les pompes étaient mues par la vapeur. On peut, quand les circonstances le permettent, les faire fonctionner à l'aide d'une roue hydraulique d'un moulin à vent. La pompe établie par M. le comte d'Herlincourt est mise en mouvement par une grande roue hydraulique.
Sur les exploitations d'une faible étendue , on peut substi* tuer un manège aux précédents moteurs. Le manège co:istruit par M. Pinet est solide, simple et suffisant, quand les terres à arroser ne sont pas très- accidentées.
La plupart des machines à vapeur qui font mouvoir les pompes en Anglelerre sont de la force de 10 à 12 chevaux.
606 BNGBAIS UQUIDES.
Ces engins metlent aussi en naouvement les machines à battre, etc.
On a calculé qu'il fallait compter, dans l'application du système Kennedy , sur une force de 1 à 2 chevaux par 40 bectares.
Une niacbine à vapeur bien établie coûte de 500 à 600 fr. par chaque cheval- vapeur.
La part supportée par les arrosages dans les frais des machines à vapeur a varié ainsi qu'il suit :
Ferme de M. Kennedy 18^70 par hectare.
~ du duc de SttUierland 29,70 —
— deM. Neilson 11,50 — .
— de M. Littledale 25,00 —
deM. Mechi 36,75 —
Moyenne 24' ,3qi par hectare.
Une surfoce de 50 hectares, fertilisée au moyen du système Kennedy, supporterait donc une dépense de 1216 fr. 50 cent; soit le tiers du prix d*une machine à vapeur locomobile de la force de 4 chevaux. *
Twbes distriboteors. — En Angleterre, on se sert, pour distribuer Tengrais liquide à la surface du sol, de tuyaux m gutta-percha ayant de O-jOSS à 0*,039 de diamètre. On peut les remplacer par des boyaux en treillis semblables à ceux dont on se sert dans les incendies, et ayant de O^^^^oe à O'^^Od de diamètre.
Ces tubes sont divisés en bouts de 10 mètres de longueur, portant à chacune de leur extrémité une virole en cuivre taraudée. L'un d'eux doit porter à l'une de ses extrémités une lance en cuivre.
Ces boyaux doivent avoir, une fois réunis, de 100 à. 150 mè« très de longueur. Les tubes flexibles employés par M. Meçhi et M. Moll ont une longueur totale de 200 mètres.
Les boyaux en gutta-percha se vendent 3 à 4 fr. le mètre.
Voici les dépenses qu'ils ont occasionnées en Angleterre :
Ferme de M. KenneJy 6S80 par hectare.
— du due de SutherUnd 14 ,20 —
— deM. Neilson 18,00 —
— de M. Lillledale 7,00 —
— deM. Ilechi 18,29 —
Moyenne 12' ,86 par hectare.
Soit pour 50 hectares 643 fr.
Dépciisea il*établlaiieaieBt par hc«tiire. — Ce mode de
fertilisation exige, pour être appliqué, un capital important. Voici le résumé des dépenses indispensables :
Par hectare. Par so becUree.
Réservoirs 110' ,80 5&40fr.
Tuyaux 151 ,00 7550
Pompes 40 ,00 20<H>
Machine à vapeur 24,34 1216
Boyaux 12 ,86 643
Totaux 339' ,00 16 949 fr.
En Angleterre, les dépenses générales se sont élevées par hectare chez :
Étendue arrosée.
Le duc de Sulherlaad à 388', 65 33 hectares.
M. Lillledale 279 ,77 60 —
M. Pusey 278,10 40 —
M.TelfeP 262,50 20 —
M. Neilson 238,75 20 —
M.Mechi 264,60 68 —
Moyenne 285' , 40 40 hectares.
Ce prix de revient a été moins élevé sur les exploitations qui ont appliqué ce système sur une étendue de 200 hectares. Chez M. Kennedy, les dépenses n'ont pas dépassé 195 fr. 25 c, et chez M. Harvey, elles n'ont été que de 178 fr. 57 c.
Le chiffre précité de 339 fr. doit donc être regardé comme une donnée maximum. C'est ce chiffre qu'il faudra adopter lorsqu'on supputera des dépenses à exécuter.
Pvéj^arailoB dci reD^rais. — On prépare lengrais en fai-
sant arriver dans les réservoirs les déjections solides et liquides produites par les animaux.
On mêle souvent à ces déjections du guano ou des os préparés avec l'acide sulfurique.
Quand le mélangea fermenté pendant deux ou trois mois, on lui ajoute deux, trois ou quatre fois son volume d'eau, suivant la sécheresse du sol et la chaleur atmosphérique.
Avant d'appliiquer cet engrais liquide, on Tagite avec un rabot ou un fort courant d'air poussé dans la fosse par une pompe à air. Ce courant arrive à la partie inférieure de la masse, et occasionne un bouillonnement considérable. Dans quelques fermes, on agite Tengrais au moyen d'un agitateur rotatif à ailes, mis en mouvement par un homme ou par la vapeur. Cette agitation est nécessaire ; sans elle, le mélange des. parties solides et liquides serait imparfait, et les premières se déposeraient au fond des citernes.
Mode d'mppitemHoB. — Lorsqu'on veut arroser des terrains où le niveau est supérieur à celui des réservoirs, on refoule, à l'aide d'une pompe mise en mouvement par la machine à vapeur le liquide dans les tuyaux conducteurs, et on fixe à un des robinets situés dans les regards, un tube flexible en guttapercha muni d'une lance à son extrémité. Alors l'engrais sort de la lance avec force, forme un jet de 8 à 10 mètres, et retombe sur le sol sous forme de pluie fine. L'ouvrier qui dirige la lance est accompagné d'un enfant qui déplace successivement le tuyau flexible en évitant qu'il ne se plie.
Chaque regard permet d'arroser en moyentfe 2 à 4 hectares.
On évite d'arroser quand le soleil est ardent et le vent très-fort. Si on arrosait par un temps sec et lorsque l'air est très-agité, l'engrais perdrait par l'évaporation une partie no- table de l'ammoniaque qu'il contient.
Ordinairement on arrose après chaque coupe de faigrass.
Les coupes se répètent chaque année quatre, cinq, six et même sept fois sur le même terrain.
M. Telfer obtient généralement six coupes : la première se fait à la fin de mars, et la dernière à la fin de septembre. 11 a constaté que la première et la deuxième avaient en hauteur 0",45, la troisième et la quatrième 0",91, la cinquième 0"»,t 1 et la sixième 0",64, et que la production totale atteignait une hauteur de 4",31.
Les navets, les betteraves et les choux ne reçoivent que trois arrosages.
Quant au froment, on ne lui en donne que deux : le premier avant la semaille, et le second au printemps.
Chaque arrosage exige de 35 000 à 40 000 litres par hectare.
Un homme avec un enfant arrose de 3 à 5 hectares en dix heures.
M. d'Herlincourt pratique six arrosages par an, et il évalue chaque arrosage à 14 fr.
Pr^dvlls q«e ce ityslène permet d'obtenir. — L'engrais
liquide ainsi appliqué fait produire au sol des récoltes abondantes. Ainsi on obtient ordinairement par hectare 75 000 à 80000 kil. deray-grass vert, ou 18 000 à 20000 kil. de foin sec. Les produits les plus élevés ont atteint 100 000 et 140 000 kilog. de fourrage vert.
Les navets-tumeps donnent en moyenne 75000 kilog., le froment de 35 à 40 hectolitres, l'avoine de 55 a 70 hectol.
Il est vrai que ces produits remarquables ne sont pas dus exclusivement à l'engrais liquide, puisqu'on y mêle du. guano, des tourteaux.
Nonobstant, ces résultats permettent de considérer ce mode d'arrosage comme égal, quant à ses effets, à l'emploi de l'engrais flamand.
Ce sjstème est appelé à se propager en France sur les n 39
610 ENGRAIS UQUIDES.
fermes qui ont des terres inclinées et situées en contre-bas des bâtiments. M. Harwey, à Glascow, et M. Lawson, dirigent leurs engrais liquides dans des réversoirs, et ont recours ensuite à la gravitation pour les conduire sur les terres qu'ils exploitent, fie moyen, ainsi que je l'ai constaté il y a deux ans, est moins coûteux, et il a permis à M. Lawson de renoncer complètement à l'emploi de la vapeur.
Prix do revieni. — Ce mode d'arrosage n'occasionne pas annuellement des dépenses considérables. Voici les frais de combustible, de fabrication et d'application constatés en Angleterre :
Ferme de M. Kennedy 35', 18
— du duc de Sutherland 43,10 .
— de M. Neilson 30,66
— de M. Littledale 28 ,30
— deM. Pusey 23,60
— deM.Harwey 21 ,87
— deM. Telfer 33 ,44
Moyenne par hectare 30% 88
Si l'on ajoute à ces dépenses l'intérêt et l'amortissement du capital d'établissement à 7 pour 100 on a pour dépenses totales les résultats suivants :
Total.
Ferme de M. Kennedy 13' ,66 48', 84
— du duc de Sutherland 27 ,20 68 ,30
— deM.Neilson 16,71 47,37
— de M. Littledade 19 ,58 47 ,88
— deM. Pusey 20,46 44,06
— deM.Harwey 12,49 34,36
— deM. Telfer 18,37 51,81
Moyennes par hectare . 1 8' , 32 48' , 93
Ainsi, les dépenses annuelles pour une étendue de 50 hectares s'élèveraient à 2446 fr. 50.
En supposant des dépenses beaucoup plus élevées, ce mode d'arrosage, à cause des produits considérables qu'il a permis
de recueillir, conserverait encore les avantages qu*on lui accorde à bon droit en Angleterre.
Avantages ei tBcoBvéBieBta. — Ce système se perpétuera-t-il? remplacera-t-il le procédé en usage dansTapplication du lizier et de Tengrais flamand?
Les agriculteurs expriment sur ces questions des opinions très-diverses. Les uns soutiennent M. Chadwick, et prétendent que son procédé permet d'obtenir, avec de faibles dépenses, des produits extraordinaires ; les autres refusent de lui reconnaître des avantages économiques sur le mode d'arrosage pratiqué .en Flandre, et ils proclament bien haut et bien à tort qu'il a été la cause de la ruine de M. Kennedy.
Le 16 avril 1856, à la Société d'agriculture d'Angleterre, M. Slaney, après avoir constaté que Tenlhousiasme de M. Chadwick était excusable, disait qu'il fallait regarder la distribution des engrais liquides par la {/raui/a/ton comme iniiniment supérieure à la distribution artificielle. Cette opinion, soutenue par plusieurs agriculteurs, a conduit M. Chadwick à reconnaître que son système ne convient que très-secondairement pour les céréales, et qu'il faut l'appliquer de préférence pour les prairies artificielles ou naturelles destinées à fournir du fourrage vert à des vaches laitières.
Il est incontestable qu'on pourra, lorsqu'on appliquera cet engrais pour des cultures de navets, de choux ou de betteraves, entreprises sur des terres déclives et situées en contrebas des réservoirs, renoncer h le répandre avec la lance.
Les Japonais, qui emploient beaucoup d'engrais liquide fabriqué avec de l'eau et du fumier, ouvrent des rigoles entre les lignes des plantes qu'ils cultivent, et y dirigent cet engrais. Ce mode d'arrosage nécessite de très-faibles dépenses et il active favorablement la végétation.
Quoi qu'il en si>it, M. Moll a fait connaître le premier en
612 ENGRAIS UQUIDES.
France ce mode d'emploi des engrais liquides. 11 continue, en le mettant en pratique à Vaujours (Seine-et-Oise), à expérimenter, avec l'appui du ministère de l'agriculture et de la ville de Paris^ l'action des vidanges de la ville de Paris. Les agriculteurs qui voudront étudier ce système visiteront avec intérêt son exploitation.
La ferme de Vaujours présente une superficie de 80 hectares : 50 hectares en prairies et 30 hectares en terres arables. Les tuyaux de conduite d'arrosage ont 1939 mètres de longueur. Le bord supérieur du réservoir est à 14 mètres environ au-dessus des terres et des prairies.
Depuis 1857, époque à laquelle M. Moll a commencé ses expériences, les bassins de Bondy ont livré à des agriculteurs des environs de Paris 20 650 mètres cubes de liquides de vidanges. , . ^
La compagnie du chemin de fer de l'Est transporte ces engrais à raison de 2 fr. 50 les 10 mètres cubes par chaque 100 kilomètres.
SECTION VI
Emax des éK««U.
Historique. — Eaux des égouts utilisées & Rugby. -> Sédiment des eaui des égouls. — Prairies de Craigentinny.
Htsioriqae» — Les eaux qui parcourent les rues des villes populeuses s'écoulent ordinairement par les égouts et sont presque totalement perdues pour Tagriculture. Et cependant ces eaux sont chargées de matières organiques et salines. Ainsi on a constaté que Teau de Seine, prise au-dessous de Paris, contient 4 grammes de matières solides pour iOOO, tandis que celle recueillie au-dessus du pont d'Austerlitz n'en renferme que ^^fi. Ces résultats, entièrement conformes aux observations faites en Belgique et en Angleterre, permettent de dire qu'il se perd chaque jour à Paris, comme à Bruxelles, à Londres, etc., une énorme quantité de matières fertilisantes.
A Vienne (Autriche) les vidanges de la plupart des latrines tombent dans un petit canal souterrain et incliné qui les conduit jusqu'à Tégout. Les égouts ont 60 kilomètres de longueur et déversent les déjections qu'ils reçoivent dans le Danube.
On observe des faits analogues à Versailles. Ainsi les latrines d'un grand nombre de maisons vont aboutir dans les égouts qui se déversent dans le ruisseau de Gally. C*estpour ce motif que les eaux de ce ruisseau sont si fertilisantes et qu'elles donnent naissance, pendant l'été, à des émanations peu agréables. La Senne à Bruxelles, la Tamise à Londres, etc., reçoivent aussi les déjections d'un grand nombre de latrines.
Nonobstant, comme le disait M. de Girardin, le 22 janvier 1849, nos cités peuvent, par un système de conduits simplement et proportionnellement peu coûteux, purifier leurs rues et leurs égouts, et en même temps maintenir la salubrité dans leurs murs et développer la fertilité des campagnes, deux bienfaits inestimables!
Em«x des égonts «tlllsées & Rogby. — H y a quelques
années, M. Hermbstaed fut chargé de rechercher les moyens d'utiliser les eaux des égouts de Dresde et de Berlin. Les expériences variées qu'il entreprit démontrèrent de la manière la plus évidente l'utilité d'employer ces eaux à l'arrosage des terres. Ces résultats ont été confirmés par les expériences faites à Rugby (Angleterre), dans le but d'utiliser toutes les eaux qui ruissellent dans les rues de cette petite cité, de 7000 à 8000 habitants.
Voici un extrait des détails que M. Walker de Newbold- Grange, a donné, en 1856, sur ces essais :
Les rues de Rugby ont toutes été drainées. Les dra'ns reçoivent les eaux ménagères et les vidanges des fosses d'aisances, qui s'écoulent de 900 à 1000 maisons, et les eaux qui tombent sur le pavé des rues pendant les pluies; ils sont en poteries, ont 3 centimètres de diamètre, sont situés au milieu des rues, et ils restent toujours très-propres et ont une trèsfaible odeur.
Ces conduits souterrains conduisent les liquides chaque jour, pendant neuf heures, excepté le dimanche, dans un bassin situé à 2 kilomètres de la ville. Ce réservoir a 15 mètres de diamètre et 3"',66 de profondeur. Tous ce^ travaux ont été exécutés par la ville de Rugby.
Le liquide dont on dispose parce moyen, et qu'on appelle scwage, permet d'arros^t» 200 hectares convertis m prairies naturelles. On le refoule dans les tuyaux en fonte, au moyen
d'une machine à vapeur de la force de 12 chevaux', et on le distribue sur le gazon au moyen de tuyaux en gutla-percha n'ayant pas de lances. Les arrosages se font tous les jours, excepté le dimanche et le lundi, et les jours, pendant l'hiver, où le froid est très-intense.
On n'attend jamais que le liquide ait fermenté. lorsqu'un accident survenu à la machine oblîg,e à suspendre les arrosages, la masse ne tarde pas à fermenter, et le troisième ou le quatrième jour du gaz acide carbonique se dégage en abondance du réservoir.
M. Congre ve, fermier de M. Walker, se loue de l'emploi de ces vidanges, pour lesquelles il paye annuellement à la ville de Rugby une redevance de 1250 fr. Les résultats qu'il en obtient prouvent quel avantage l'agriculture retirerait annuellement si on lui permettait d'utiliser les eaux des égouts des villes.
Chaque hectare reçoit par an, à Rugby, de 1200 à 1400 mètres cubes d'engrais liquide. Un ouvrier arrose 50 ares par jour. Cette immense prairie n'est fauchée qu'une seule fois; elle est ensuite abandonnée au bétail. On y obtient en moyenne 5000 kilog. de foin par hectare.
On évalue à 712 mètres cubes la quantité d'engrais liquide qui arrive journellement dans les réservoirs, et on porte à 1136 mètres cubes la quantité qu'on répand chaque annexe par hectare.
Sédiment des eaux des éfcovU. — On a reproché à cet
engrais liquide de déposer sur les prairies un sédiment nuisible à la qualité de l'herbe. M. Chadwick a démontré qu'on pouvait le filtrer à sa sortie du réservoir en lui faisant Iraver-
1. On ne se sert de cette machine que parce que le liquide ne peut pas s*écouler du réservoir dans les tuyaux par la seule force de la pesanteur ou de la gravitation , cérame cela a lieu de la ville au bassin.
ser une couche de poussière de charbon ou de l'argile carbonisée. Ce moyen a été du reste déjà utilisé en Ecosse, pour rendre limpide les eaux des égouts et éviter qu'elles ne rendent malsaines les eaux des fleuves et des rivières dans lesquelles elles s'écoulent. Le dépAt qu'on recueille peut être transformé en un excellent engrais pulvérulent.
D'après M. Hervé Mangon, M. Wicksteed. de Leicesler, extrait économiquement la partie solide des eaux d*égouts par l'addition d'un peu de lait de chaux à ces liquides. Les eaux ainsi traitées arrivent dans un réservoir où se forme un précipité. Ce dépôt est ensuite soumis à l'action de machines à di ssécher à force centrifuge, et transformé en pâte assez ferme pour être immédiatement moulée en briques.
M. Wicksteed emploie 4 à 5 grammes de chaux par litre d'eau d'égout.
La chaux précipite environ 30 pour 100 de l'azote contenu dans les eaux, mais elle n'agit pour ainsi dire pas sur l'ammoniaque que renferment ces mêmes eaux.
1000 kil. d'engrais ainsi obtenus contiennent, suivant M. Hervé Mangon, autant d'azote que 2750 kil. de fumier normal.
Anderson a analysé les dépôts provenant des égouts des villes II y a constaté les substances suivantes:
Matières organiques 19,71 30,13
Acide phosphorique 2,03 0,60
Fer et alumine 6,93 7,10
Sulfate de chaux 27 ,05 3,14
Carbonate de chaux 6,43 3,70
Sels alcalins 3,00 •
Sable 16,81 51,13 .
Eau 18,04 4,00
Azote 1 ,13 0,64
I^ grand égout d'Asnières verse dans la Seine à chaque se-
conde un mètre de matières limoneuses et noirâtres. Une expérience a permis, en quatre mois de retirer de Tégout 500 mètres cubes d'engrais qui ont été livrés aussitôt à la pépinière du bois de Boulogne.
Espérons qu'on ne tardera pas à livrer à l'agriculture des environs de Paris les parties solides que les lOOOOO mètres cubes d'eau que Tégout d'Asnières déverse chaque jour dans la Seine. Ce moyen est le seul qu'on puisse adopter si on veut, comme le dit si judiciairement M. Mille, éviter que la Seine ne rappelle les voiries du moyen âge.
PrAiries de Craigentimiy. — A Milan comme à Aix (Bouches-du-Rhone) et à Edimbourg, les eaux des égouts servent à la culture des gros légumes et à l'irrigation des prairies naturelles. Les prairies que j'ai vues à Graigentinny, près Edimbourg, sont aussi verdoyantes, aussi productives que les marciies que j'ai admirées dans la Lombardie.
Les prairies de Graigentinny forment trois classes distinctes. La première comprend les prairies dont l'existence remonte à la fin du dix-neuvième siècle ; la seconde les prairies situées près de la mer, et qui ont été créées en 1827; la troisième les prairies qui sont situées à la partie supérieure de la vallée..
Voici les dépenses qu'elles ont occasionnées par hectare :
Gréalion. Inléréi.
Fraiii Total
annuels, des dép. annuelles.
Isolasse.... 740', 10 36',00 32',68 68S68
2* classe.... 1151 ,30 57 ,55 32 ,68 90 ,23
3* classe. ... 1984 ,00 99 ,20 116 ,66 2U ,86
Ges prairies sont fauchées 4 à 5 fois chaque année. On les arrose depuis le mois de février jusqu'en octobre. La première récolte a lieu en avril, et la cinquième au moment où l'on cesse les arrosements. Le ray-grass d'Italie domine dans ces prairies sur les autres plantes.
Les eaux, sur les diverses prairies, sont refoulées* vers les parties supérieures de la vallée à Taide de pompes mises en mouvement par le cours d'eau lui-même. Les eaux n'arrivent sur les prairies de la troisième classe qu'après avoir été élevées à 4 mètres de hauteur à Taide d'une machine à vapeur de la force de 8 chevaux. Les dépenses occasionnées par cette nouvelle machine expliquent pourquoi ces prairies nécessitent une dépense annuelle de 215 francs par hectare.
Quoi qu'il en soit, le prod4ait brut fourni par ces prairies varie annuellement par hectare entre 1500 et 2500 francs.
Les prairies des environs de Milan, qu'on arrose avec les eaux des égouts de cette ville sont aussi productives ; elles rapportent une rente nette de 500 à 550 francs par hectare, on les fauche en juin, juillet et août, pour convertir les productions vertes en foin ; et en janvier, mars, avril et septembre pour la donner, comme fourrage vert, aux vaches qui sont soumises à la stabulation permanente.