‹ Les matières fertilisantesChapitre 95 sur 116 · LIVRE VIL · texte numérisé non relu

LIVRE VIL

SECTION I

KngralB brevelés.

Les progrès de l'agriculture, ainsi que le manque d'engrais, ont fait nattre, depuis un demi-siècle, une nouvelle industrie qu'on peut appeler la spéculation sur les engrais. Ce commerce est devenu un lucre pour ceux qui ont agi avec honneur et bonne foi, et il a été fatal à ceux qui ont voulu spéculer sur la crédulité des agriculteurs.

Au nombre des premiers il faut citer M. Derrien, M. Déni, M. Rohart, M. Pichelin-Petit; parmi les seconds, se placent M. Bickès, M. Dusseau, M. Huguin, M. Chotard, et tant d'autres, auxquels on a dit, dans ces dernières années, des choses peu agréables.

Les tentatives audacieuses, je dirai même scandaleuses de ces génies méconnus, mais avides d'argent, ont révollé la consciences des hommes qui plaident chaque jour en faveur de l'agriculture. Ainsi MM. Pommier, Girardin, Payen et Barrai ont réduit à néant toutes ces prétendues découvertes miraculeuses, et ils ont forcé les agriculteurs à se mélier désormais des annonces et des réclames insérées dans les feuilles poliliques. Le courage que M. Barrai a^iontré, il y a dix ans, lorsque, se plaçant comme sentinelle avancée contre l'industrie déloyale des engrais, il a guerroyé contre le char-

latanisme des fabricants de liqueurs fertilisantes» lui a valu une haute récompense de la Société impériale et centrale d'agriculture.

Aujourd'hui il n'est plus question pour ainsi dire des prétendus engrais concentrés. Toutefois on cherche encore chaque jour à doter les contrées pauvres, celles qui fabriquent peu de fumier, d'engrais pouvant le suppléer avantageusement. Parmi les engrais commerciaux inventés depuis trente ans, grand est le nombre de ceux qui subirent le sort qu'ont éprouvé les engrais Bickès, Dusseau, etc. La plupart de ces matières fertilisantes se composent de substances peu utiles pour la végétation ou sans valeur. Il est vrai que leurs inventeurs ont renoncé à les prôner dans de pompeuses annonces, mais les prospectus qui les concernent les présentent comme des engrais ayant autant de puissance fertilisante que le guano du Pérou, la poudrette pure, le sang desséché, etc.

Voici des extraits de prospectus qui justiGent ces faits :

Engrais cM'mt^ue. — Engrais complet, rivalise avec succès avec les meilleurs guanos exotiques, décomposilion lente et progressive, provoque une étonnante fertilité. 30 fr. les 100 kilogr.

Engrais concentré ammaiûi^. — Préférable au guano, fortifie le sol au lieu (le répuiser, convient à toutes les terres. 38 fr. les 100 kilogr.

Engrais animal concentré. Engrais bien supérieur par sa richesse à tout ce qui a été livré jusqu'à ce jour. 10 fr. les 100 kilogr.

Engrais-Lyon. — Engrais commercial de beaucoup supérieur à tous ceux qui Font précédé. 32 fr. les 100 kilogr.

Engrais-Naissant. — Engrais le plus puissant de tous ceux connus , progressif pendant six ans. 10 fr. les 100 kilogr.

Engrais-Tréwmx. — Bien supérieur au fumier de ferme , détruit tous les insectes nuisibles aux récoltes. 13 fr. les 100 kilogr.

Guano français de Kahn. — Engrais qu'il ne faut pas confondre avec le guano péruvien, résultats infaillibles. 30 fr. les 100 kilogr.

GtULno humifère. — Engrais aussi puissant que le guano du Pérou, ac' croit la porosité du sol et y détermine des courants électriques. 24 fr. les 100 kilogr.

Je fais des vœux pour que les cultivateurs ne se laissent pas séduire par ces réclames.

Voici la liste des principaux engrais commerciaux pour lesquels on a demandé et obtenu en France, des brevets :

1796, 24 octobre. — PoudntU végétative inodore y par Bridet, à Paria.

— Matières fécales desséchées.

1814, 25 novembre.— Poiidr^^le alcaline végétale, ou nouvelle poudrette, par Mme Vibert-Duboul, à Bordeaux. — Urine humaine dans laquelle on faisait fuser de la chaux vive.

1815. — Nouvelle poudrette, par M. Cliaumette, à Paris. — M4tières fécales mêlées à des cendres, du plâtre, de la sciure de bois, et desséchées dans des fours yaporivores.

1819, 4 décembre. — Urate, par M. Oonat, à Paris. — Chaux, plâtre, cendres mêlées aux urines pour les absorber.

1820, 6 juin. -> Poudre fécondante et végétative , par M. Giraudy deBronyon, â Marseille. — Dissolution gélatineuse, gadoue pulvérisée, urine, colombine, poulenée, fumier décomposé, plâtre en poudre, craie pulvérisée , chaux éteinte à l'air , noirs d'ivoire et de fumée.

1820, 22 août. - Stercorat^ par M. Loque, à Paris. — Pour les sols légers : urine, argile, crottin, charbon de bois^ os pulvérisés, chaux éteinte, balayures de rues. — Pour 1rs sols argileux : matière fécale, urine, crottin, écailles d'huttres pulvérisées, rognures de cuir, suie, houille, résidus de boucheries, vase de rivière, résidu de la fabrication du salpêtre, tourteaux, poulenée, mâchefer.

1821 . 19 mars. — Poudre saline, par M. Housset, à Bordeaux. — Pour les terres à blé : chaux éteinte dans l'eau de mer, noir animal de raffineries, cendres de goémon.— -Pour les prairies : noir animal, plâtre calcine et gâché dans Teau de mer. — Pour les vignes : marne mouillée avec de Teau de mer, noir animal.

1823, 22 février. — Engrais chrysolin, par M. Hauque, à Orléans.— Marne imbibée de jus obtenu au moyen d'eau , de fumier, de cornes et de débris de laine.

1829, 13 juin. — Noir animalisé, par M. Salmon, â Paris. — Vases ou boues de rues carbonisées par parties égales avec des matières fécales.

1832 ,14 janvier. — Engrais tirés de coquilles d'huîtres pulvérisées^ par M. SteioaU) à Berlin.

1832, 14 septembre. — Engrais particulier y par M. Moulin, à Toulouse.

— Sang en poudre ou plâtre pulvérisé.

1833, 22 juin. — Nouvelle poudrette, par M. Boscary, à Paris. — Plâtre en poudre, fraisil et matières fécales.

1833, 30 juin.— Engrais de la Clacièrey par MM. Capdeville et Cailleaux- Labercbe , à la Ghcière (Seine). — Matières fécales , os traités par l'acide cblorhydrique , cendres pyriteu ses, os pulvérisés, chair cuite, résidu de colle forte, cendrée ou charrées, tannée carbonisée, mélasse.

1835 , 30 mars. --Noir animal terreux, par M. Carré Villette, â Châlous (Marne). — Os en poudre calcinés mêlés à une terre très-ferrugineuse.

1835, 2 juin. -^Engrais, par M. Armand. — Matières fécales, chaux, charbon et tourbe.

1835, 13 juin. — Engrais perfectionné y par Jautfrel, à Salon (Bouches-

du Rhône). — Matières végétales trempées dans une lessive et mises en fermentatioQ.

1836, 22 octobre. — Engrais perfectionné , par M. Gaulofret, à Marseille. — Débris de bouille et de lignite.

1837 , 24 février.— PotidreitePe«nover«, par M. Trefouel-Desnoyers, à Paris. 1837, 9 septembre. — Nouvelle méthode de prodwtion des engrais^ par

M. Jauffret, à Paris.

1840, 12 septembre. -^Nouvel engrais, par M. Jean, à Paris. —Vieux plâtre et matières fécales.

1840, 8 décembre. — Nouveau noir animcU, par MM. Brochard et Pignon de Gharbonnel , à Nantes (Loire-Inférieure).

1841, 24 février. — Engrais du Midi, par MM. Fouque, Sardou et Armand, à Toulon (Var). — Eaux animales chaux, décombres, cendres, suie de bois, goudron et noir animal.

1841 , 11 juillet. — Ffiosphate de chaux naturel ^ par M. Robin Morhéri, à Loudéac (Côtes-du-Nord).

1842, 4 mars. — Engrais-Houssard, par M. Houssard, à Paris. — Substances absorbantes, telles que plâtre , plâtras, charbon, cendres , sulfate de zinc et matières fécales.

1842, 30 septembre. - Engrais végéto-salin axoté, par M. Salmon, à Marseille. — Matières fécales solides et liquides, algues desséchées et chaux ou plâtre en poudre.

1842, 25 avril. — Engrais -Esmein, par M. Esmein fils, à Nantes. -- Suie et matières fécales.

1842, 14 juillet. — Engrais-Faucon, par M. Faucon, à Bordeaux. — Ma-, tières animales avec vase et matières résineuses carbonisées.

1843, 3 avril. — Engrais minéral végéto-animalisé , par M. Lefèvre, à Saint-Quentin. — Matières animales et végétales, cendres pyriteuses, craie et plâtre.

1843, 28 juin. — Cendres noires, par M. Clary, à Tours — Engrais à peu près analogue à l'engrais Houssard.

1843, 24 mai. — £ngrat> végétal pulvérulent, par M. Fabre, àNantea (Loire- Inférieure).

1843, 11 septembre. — Engrais- Le fébure , par M. Lefébure, à Rouen.

1843, 26 octobre. ~ Engrais-Moisson, par M. Moisson , à Auteuil (Seine).

— GbifTons de laine imprégnés d'une solution de soude caustique, desséchés ou torréfiés et pulvérisés.

1845, 18 février. — Engrais normal chimique, par M. Chauviteau, à Paris.— Kngrais dont la teneur en azote et en sel variait suivant la richesse des terres où il devait être appliqué.

1845, 26 février. — Engrais-Savoye, par M. Savoye, à Paris.— Matières fécales et toutes les substances possibles à bon marché.

1845, 13 mai. — Engrais liquide artificiel, par MM. Escher et Daendli ker, à Zurich (Suisse). — Eau et acide sulfurique.

1845, 30 mai. — Engrais-Kuthmann, par M. Kulhmann, à Lille (Nord).

— Engrais selon la nature des cendres des plantes.

1845, 4 juillet. — Terreau- engrais, par M. Paacalin, à Grenoble (Isère ^. 1845, 16 juillet. — Engrais-liebàig , par M. Liebbig, à Gtessen. — Engrais selon la nature des cendres des plantes.

1846, 22 aoUt. — £ngraù chimico-animal, par M. Armengaud jeune, à Paris. — Cendres et poudre de produits animaui en digestion dans Teau.

1845, 18 octobre. — Engrais-Binkt , par If. Binks^ à Londres. — Substances renfermant du cyanogène.

1845, 27 octobre. — Ulmine animalùée, par M. Rouet, à Avignon.

1845, 12 novembre. — Gtuino factice j par M. Louis Cherrier, à Paris. — Urine, chlorure de calcium, os en poudre et sang coagulé par son poids de lait de chaux.

184G, 29 janvier. — Engrais-Cherrier ^ par M. Cherrier, à Paris. — Sang, os calcinés, ou huîtres calcinées, ou chaux, ou plâtre en poudre.

1846, 10 novembre. — Engrais- Baronnet, par M. Baronnet, à Paris. — Terre, houille grasse, tannée , sciure de boi<, résidus de fabrique de colle , urines, huiles impropres à la fabrication des savons carbonisées et mêlées à des matières fécales, et des sels ammoniacaux et phosphatés.

1847 , 9 février. — Engrais -Momier, par M. Mosnier, à Bruxelles. — Matières fécales traitées avec le laclate ferrique.

1847 , 20 février. — Guano français y par M. Esmein, à Mantes (Seine>et- Oise). — Matières fécales désiofectécs par la suie de bois et le proto-sulfate de fer.

1847 , 22 mai. - Engrais chloruré, par M. Gary, à Paris. —Marne , chaux grasse et détritus organiques arrosés arec de l'eau de mer.

1847, 50 juillet. — Engrais-Giot , par M. Giot, à Chivry (Seine-et-Marne). — Mattèrjes fécales, excréments d'animaux, mirne, débris de fourrages, d6b*'is d'animaux moris , issues de boucheries, sang et urine. . 1847, 16 août. — Snng ctiauléj par M. Coelland, à Rennes. — Sang mêlé à la chaux éleinte et additionnée de 10 pour 100 de sel ordinaire.

1847, 8 octobre. -—Engrais parItcuZier, par M. Lacarrière, à Pari*. — Eaux ammoniacales condensées, chaux, mousse, foin, plâtre, plâtras, tan, charbon et escarbilles servant à épurer le gaz d'éclairage.

1847, 12 octobre. — Engrais- Salabelîe , par MM. Salahelle et Boudon, à Valence (Drôme), — Urine, sang, sulfate de fer, poudrette, os en poudre et un.

1847, 12 ociohre. —Engrais 'Richer f par M. Richer, à Nantes (Loire-Inf.).

1847 , 21 octobre. — Engrais, par M. Lafille, à Bordeaux.

1847, 26 octobre. — Engrais fort azoté, par MM. Barrière et fils aîné, à Bordeaux. — Os, écailles d'huUres dissoutes par l'acide sulfurique, tan, suie, matières salifères, sang, poissons avariés, cendres lessivées, charbon et chaux.

1847, 11 décembre. — JVotr de Bourges ou Engrais végéto-axotr\ par M. Lanclière, à Bourges. — Sang, chair, os acidifiés, poussier charbonneux, sulfate de fer, chiffons de laine et soude.

1847 , 13 décembre.— PoiMire* noires destinées aux engrais , par M. Bonnet, à Paris.

1848, 15 février. — Engrais xoo^me, par M. de Molon, i Nantes.— Noir de raffinerie, coquilles pulvérisées, poissons en poudre arrosés d'un bouillon gélatineux.

1848, 30 juin. — Engrais, par M. Jauffret, à Marseille. 1848, 5 octobre. — Engrais-Creton, par M. Bernard, à Verto:i (Loire-Inférieure). — Résidus de l'extraction du suif digérés dans l'eau chaude.

1848, 14 octobre. --Engrais-Gill.^ par M. Gill, à Londres. •- Os convertis en super-phosphate de chaux.

1849, 5 juillet. — Emploi d'vne tourbe de nuTt par Mlle Merrer, à Nantes (Loire-Inférieure).

1849,11 juillet. — Engrais-Féiix ^ par MM. de Saînt-Brantu de Montcourdy et Félix, à Paris. — Sang bouilli dans lequel on yerse du chlorure de chaux.

1849 . 19 septembre. — Engrais-Lagache , par M. Lagache , à Paris. — Vase de marais, goudron, sang et azotate de soude.

1849, 27 décembre. — Engrais-Sussex , par M, de Susaex, à Paris. — Matières -végétales: fumiers, tourbe, plantes, etc.; matières animales : chairs, chiffons « os, poils, etc.; et matières minérales : vases, etc., transfoVmées par les sels alcalins en une substance pulvérulente.

1850, 19 avril. — Engrais -Dupaigne ^ par M. Dupaigne, à Caen, — Matières putréfiables dissoutes dans du purin, séchées et léduites en poudre.

1850, 23 ^VTÏÏ, — Engrais earbo-animalisé y par M. Brétault-Billon , à Nantes. -- Tuf calcaire, tourbe , mélasse, suie et sang.

1850, ^iuiWei.'^ Engrais- Thurneyssenj par M. Thumeyssen. — Cendres pyriteuses, plâtre et {voudrons divers mélangés et calcinés.

1850, 27 juillet. — Engrais^humus ^ par M Lormont. — Lignites traités par des acides chloreux et saturés d'eaux ammoniacales.

1850, 9 novembre. — Engrais de poissons ^ par M. Derbès, à Marseille.— Môle de morue soLidiftée , pifltre et sulfate de fer.

1851 , 13 janvier. — Guano de poissons ^ par M. de Moloo, à Paris. — Poissons desséchés et réduits en poudre, os désagrégés et merl.

1851 , 22 janvier. — Engrais-Malfilûtre , par MM. Malfilàtre et Lepage, à Batignolles (Seine). — Poudrette, charbon pulvérisé, chlorure d'ammoniaque, gélatine, sulfate de fer et de cuivre, tartrate dobble de potasse et de soude, eau.

1851, 31 Janvier. -^ EngraiS'Àmeline , par M. Ameline, à Saint- James (Manche). — Gendres, écailles d*hu!lres, matières fécales.

1851, 7 mars. — Engrais-Gaudin , par M. Gaudin, à Paris.— Charbon animal^ sulfate de soude et d'ammoniaque^ sang desséché, chaux en poudre.

1851 , 30 avril. — Engrais végétal , par M. Poisson, à Poitiers.

1831 , 23 mai. — Engrais chimique de Vauelusey par M. Rouet, à Avignon. — Chiffons de laine, rognures de cuir, cornes râpées , os, sulfate de fer et de chaux , poussière de charbon.

1851 , 23 juin. — Engrais , par MM. Mathieu et Sabine.

1852, 14 août. — Engrais chimique pulv&ulent^ par M. Vigneau , à Paris. — Os calcinés, guano, sulfate de fer, soude, suie de bois, potasse, gypse, rognures de cornes, silicate de soude soluble.

1852 , 25 septembre. — Engrais-Sussex^ par M. de Sussex, à Paris.

1853, 25 février. ^Engrais orUanais^ par M. Goubeau, à Orléans. — Sang, sulfate de fer, plâtre, charbon en poudre, suie.

1852, 10 août. ^ Engrais, par M. Amalbert, à Marseille. — Plâtre, co> lombine, noir d'os, sel marin.

1853 , 6 septembre. — Engrais chimique y par M. Cheilian, à Trets (Bouches-du-Rhôue). — Urine humaine, plâtre gris, colombine, mélasse, sel de cuisine et cendres d'ossements.

1853, 9 septembre. -^Engrais earbo^peraxotéj par M. Leroux, i Paris.

— Chaux, tourbe de tannée, goudron.

1853, 6 octobre. — Engrais de merj par M. Stephant, à Kerolic (Morbihan). — Vase de mer, coquillages, urine humaine.

1854, 28 SiYril.— Engrais par MM. Bocquet et MouUé, à Paris. — Déchets de laine, matières urinaires, poussier de chaux et de charbon.

1854, 13 avril. — Cendres azotées et carbonatéeSy par M. Tard y, à Dijon.

— Charbon végétal ou animal, cendres de bois, de houille ou de tourbe, chiffons de laine pulvérisés par la potasse ou la chaux, chaux ammoniacale, plâtre, acide sulfurique, silicate de soude.

1854, 23 août. — Noir calcaire ^engrais, par M. Leroux, à Nantes. — Chaux, tourbe carbonisée, goudron et argile.

1854, 28 octobre. — Engrais, par M. Richard, à Cesnon-la-Basti ie (Gironde). — Sang, sulfate de chaux, noir animal, sulfate d'ammoniaque.

1855, 22 février. — Tourbe transformée en engrais ^ par MM. Leroux el de Lajonkaire , à Paris. — Tourbe et chaux.

1855, 26 février. —Engrais lino- calcaire, par MM. Peyronenenc et Saint- Ours, à Sarlat\Dordogne). — Lignites et résidus de la fabrication delà soude et de la potasse.

1855, 10 mars. — Engrais-Poisson^ par M. Poisson , à Vanves (Seine).— Substances animales, végétales ou minérales : urine, tourbe, sulfate et phosphate de chaux.

1855, 6 avril. — Engrais, par M. Bedarride, à Paris. — Guano, poudrette, colombine, sel marin, poudre alumineuse, suie de bois, sulfate de chaux,

1855, 9 imn. — Engrais y par M. Landois, à Paris. — Charbon végétal , sels ammoniacaux, chlorures, substances azotées, fleur de soufre.

1855, 3 juillet. — Engrais-Gain ^ par M. Gain , au Mans. —Matières animales, chaux vive, matières végétales , esprit de sel.

1855 , 6 septembre. — Engrais cyanique, par M. White , à Paris. —Charbon, potasse ou cendres de bois, sang et sulfate d'alumine.

1855, 22 octobre. — Engrais, par MM. Cosseron et Compain.

1855, 27 novembre. — Guano indigène, par M. Rohart, à Paris. — Détritus des abattoirs, nommés épluchures.

1856, 8 avril. — Engrais ammoniacalisé , par M. Hamelet, à Tours. — Eaux ammoniacales, tourbe animalisée, crottin de cheval, suie, fiente de pigeon , matières fécales , sulfate de fer.

1856, 25 mars. — Engrais de varech, par MM. Morand et Bonnalerre, à Paris. — Plantes marines préparées.

1856, 27 mars. — Engrais-Hillel , par MM. Hillel et Cie*, à Paris.

1856, 26 avril. — Guano économique, par M. Aschermann, à Paris. — Chiffons rendus solubles, poils , bourre et autres matières analogues.

1856, 23 mai. — Engrais, par MM. Bertault, Billon etEsmein, à Nantes.

— Tourbe pulvérisée , mélangée avec du goudron de houille et carbonisée. 1856, 7 juillet. — Guano d*Europe, par M. Ângely , à Paris.— Matières

fécales , urine et charbon.

1856, 13 août. — Engrais animal concentré, par M. Laracine, à Lyon.— Sang liquide, bouillon gélatineux, sulfate de fer et de chaux, chair musculaire, uoir de fumée.

1856, 25 septembre. — (;uano-compo«( , par M. Lucas, à Grenelle (Seine). •—Balayures de rues, sous- carbonate de soude, sulfate de cbaux, chaux en poudre, détritus de boyauderie, Résidus de sucreries, etc.

1856, 7 octobre. — Guano artificiel^ par M. Carrères, à Paris. -- Os pulvérisés, fiente de bêtes à laine, sel ammoniaque, eau gélatineuse.

1857 , 19 janvier. — Engrais agenais^ par M. Lejaille, à Ageo.

1857 , 30 mars. — Engrais ulmaté^ par M. La Blanchetière, au Mans. 1857 , 14 avril. — Engrais vendéen, par M. Blain, à Napoléon- Vendée. 1857 , 13 juin. — Engrais minéral , par M. Fouacier, à Paris. 1857, 22 juin. — Guano français , par M. Magnier, à Paris. 1857, 3 août. — Noir guano ^ par M. Planchais, à Brest. 1857. — Engrais végéto-animalj par M. Lucas, à Lyon.

1857. — Engrais salin axoté, par M. Soulage, à Toulouse.

1858, 29 mars. — Engrais acidulé animal ^ par M. la Blanchetière , au Mans.

1858, 9 juin. — Engrais minéral axoté y par M. Chaland, à Ambronay. 1858, 19 juillet. — Guano majeur , par M. Esmein, à Paris. — Sang et déjections soiidifiés.

1858, 9 novembre. — Engrais-Corne , par M. Corne, à Monserapron (Lotet-Garonne). — Engrais humain désinfecté.

1859, 2 février. — Engrais rationnel , pur M. Laroze^ à Paris. 1859, 12 mars. — Engrais animal pur, par M. Oudinot, à Paris. 1859, 19 mai. — Engrais phosphaté, par M. Gilbert, à Elbeuf. 1859, 5 août. — Guano-MUlaud, par M. Millaud, à Pans.

1859, 23 août. — Engrais xoocaleaire , par M. Grivolas, à Avignon.

1860, 13 février. — Guano français, par M. Avice, à Paris. 1860, 14 mai. — Engrais, par M. Poltron, à Paris.

1860, 7 juillet. — Engrais-Compagnon, par M. Compagnon, à Marseille. 1860, 8 août. — Engrais-Trévoux, par M. Trévoux, à Lyon.

Cette longue liste ne comprend que les engrais solides. Je n'ai pas cru utile d'y inscrire les brevets concernant la fabrication du phosphate ammoniaco-magnésien, et ceux relatifs à remploi du cyanogène comme engrais. J'ai omis aussi à dessein les diverses méthodes proposées pour élever la fécondité et la production y soit des terres arables, soit des terres pauvres. Parmi ces moyens, les uns indiquent que leurs auteurs sont dépourvus et de science et de pratique; les autres rappellent le système singulier imaginé par M. Le Hoc, il y a vingt années (voir à YAppendice), en Faveur de l'humanité et aux dépens des agriculteurs qui croient à la véracité de tous les écrits.

Au nombre des engrais mentionnés dans la liste qui précède, quelques-uns sont bien composés, si j'en juge par les formules inscrites sur les brevets mêmes. Malheureusement, rien ne prouve que les engrais fabriqués et livrés à l'agriculture auront toujours une composition semblable, parce que jusqu'à ce jour, en général, les vendeurs ne garantissent pas la valeur fertilisante des engrais qu'ils confectionnent. Il est vrai que quelques fabricants annoncent dans leurs prospectus que leurs engrais sont vendus avec la garantie d'une quantité déterminée d'azote ; mais cette garantie n'est souvent que relative. Ainsi, M. Aschermann s'engage, s'il y a déficit sur le dosage de Tazote indiqué, à réduire proportionnellement le prix de l'engrais. Cette manière d'agir ne peut satisfaire les agriculteurs, qui comprennent l'avantage de n'employer que des engrais bien titrés.

Aujourd'hui, Umt fabricant d'engrais doit garantir, à quel-ques centièm^^ près, que la matière qu'il livre contient telle ou telle quantité déterminée départies organiques, animales et inorganiques. Cette garantie est d'autant plus nécessaire, que la plupart des inventeurs ont évité de déclarer, dans leur demande de brevets, les proportions d'après lesquelles ils mélangent les diverses matières qu'ils emploient pour confectionner leurs engrais.

Les engrais commerciaux les plus fertilisants, sont ceux qui sont les plus complexes dans leur composition. Ainsi , on doit préférer les engrais artificiels riches en matières organi^ ques très-azotées, en sels solubles, en phosphate et en azote. On doit éviter d'employer les mélanges qui ne contiennent, pour ainsi dire, que des parties terreuses, du sable, du calcaire, delà tourbe, des matières organiques inertes et une forte proportion d'eau et de parties végétales carbonisées.

En générai, jusqu'à ce jour, les engrais brevetés n'ont pas

eu de succès. Ce fait ne m'étonne pas, car la plupart des inventeurs se sont bornés à reproduire les formules connues depuis plusieurs siècles ; mais ce n'est pas la première fois que je vois le talent spéculateur rajeunir les vieilles choses. Désormais, gr&ce à la diffusion des lumières agricoles et à l'influence exercée par les journaux d'agriculture, un engrais artificiel n'aura de valeur qu'autant que sa fabrication aura été raisonnée et qu'il fournira aux végétaux la presque totalité des éléments qu'ils réclament pour se développer rapidement. Si M. Derrien a réussi, s'il fabrique à Nantes (voir p. 632) un engrais que l'agriculture accepte chaque année avec empressement, c'est qu'il divulgue à tous ses procédés d'opérations, les matières qu'il emploie, le but qu'il veut atteindre, la composition de l'engrais qu'il fabrique; c'est, qu'il se rend compte des exigences des plantes, raisonne et expérimente sur le terrain les formules qu'il adopte. Puissent les nouveaux fabricants d'engrais commerciaux imiter cet habile industriel et demander aussi h l'agriculture un brevet de capacité et de loyauté!

SECTION IL

Historique. ^Composition. — Mode de livraison. — Poids Je l'hectolitre. — Quantité à répandre. —Emploi. — Cultures pour lesquelles on l'applique. — Valeur commerciale.

Historiqae. — C'est en 1850, époque de la publication de l'arrêté du préfet de Nantes qui régit aujourd'hui le commerce des engrais dans le département de la Loire-Inférieure, que iM. Edouard Derrien, ancien élève deRoville, s'est livré pour la première fois à la fabrication des guanos artificiels. Homme de progrès et commerçant loyal, il a compris qu'il devait garantir la valeur fertilisante des engrais livrés à l'agriculture. Cette affirmation que la composition du guano qu'il donne est identique à celle qu'il inscrit sur le bordereau de livraison, a été cause du succès l'emarquable qu'il obtient chique année et du bienveillant appui que lui ont prêté une foule d'hommes qui ont leur place marquée dans le monde scientiGque.

M. Derrien occupe aujourd'hui le premier rang parmi les fabricants honnêtes d'engrais commerciaux.

La vente de cet engrais acquiert cliaque année plus d'importance. Voici les quantités de kilog. que M. Derrien a livrées de 1851 à 1856.

Page 1