ENGRAIS DERRIEN
Q«aiititA ft ré^adre. — La quantité à appliquer par hectare varie entre 400 et 600 kil. selon la nature de Tengrais.
Emploi. — On doit répandre ce guano avec la main et à la volée. Il faut opérer cette application de préférence le soir ou le matin lorsque l'air est calme.
Quand on l'emploie au printemps, il faut l'appliquer avant la cessation des pluies.
On recouvre cet engrais sur les terres labourées , par un hersage. On peut l'appliquer en même temps que les semences.
Goltures pour lesqaellea o» l'emploie. — Le guano Derrien convient particulièrement aux plantes cé/'éales, crucifères et légumineuses. On l'emploie aussi avec succès dans la culture du sarrasin et du millet.
Lorsqu'on l'applique pour des céréales d'hiver, il faut ré pandre la moitié de la quantité qu'on emploie en automne et l'autre moitié au printemps.
Gel engrais agit avec efficacité sur les prairies naturelles. J'en ai obtenu des résultats aussi remarquables que lorsque je l'ai appliqué pour la culture des céréales d'hiver. '
M. Derrien en exporte chaque année de grandes quantités dans les colonies.
vaiear eommereiaie. — Cet engrais est vendu 19 fr. les 100 kilog. pris à Nantes.
636 ENGRAIS COMPOSIÎS.
SECTION IIL GcBdres te iii«r.
Définition. — Préparation. — Quantité par hecure..— Emploi. — Plantes pour lesquelles on les applique. — Action fertilisante.
DéflBiiUB. "^ On prépare depuis longtemps sur les ri> vages de Ttle dé Noirmoutiers (Vendée), un engrais auquel on a donné le nom de cendres de mer ^ engrais deNoirmouHers.
Préparaiioii. — Cet engrais se compose de cendres de varech que le flux de la mer pousse à la côte ou qui vivent sur les rochers, de sable de mer, de fumier et de coquillages. Lorsque les goémons ont été brûlés, incinération qui a lieu sur le bord de la côte, on mêle leurs cendres, qui sont trèsriches en sels solubles, aux autres parties qui doivent former Tengrais , et on les arrose de temps à autre avec de l'eau de mer, en ayant soin de les mêler à plusieurs reprises. La fermentation qui se manifeste daiis la masse, est plus ou moins active, plus ou moins prompte, mais toujours elle permet au mélange de se convertir en une espèce de terreau assez léger, gris noirâtre, qui ressemble beaucoup à des cendres grossières.
Poids de'rhectoiitre. — Cet engrais pèse de 75 à 85 kilog. rhectolitre.
Qoaiiticé par heeiare. — Ces cendres de mer sont employées dans nie de Noirmoutiers, et sur la côte de Pornic et de Bourgneuf, à raison de 100 hectolitres par hectare.
Emploi. ^ On les répand à la pelle comme les charrées.
Ainsi, on les dépose sur le champ en petit tas espacés les uns des autres de 5 à 6 mètres et on procède ensuite à leur
C£NDR£S DE MER. 637
épandage. On les mêle à la terre, qui a toujours été préalablement ameublie par des labours, au moyen de la herse.
Plantes ftor lesquelles ob les «ppllqve. — Cet engrais
est principalement employé dans la culture du sarrasin, du froment, des choux et des pommes de terre. On le répand aussi sur les prairies naturelles et artificielles.
AetioB feriiiisaBie. — La quantité que Ton prépare dans Tîle de Noirmoutiers, est considérable, et elle justifie la préférence que les habitants des côtes de la Vendée accordent à cet engrais , quand il a été bien confectionné. Lorsqu'il contient, outre des vases marines, des varechs, des débris de poissons, des coquillages, du fumier, des charrées ou des cendres de marais, il est beaucoup plus fertilisant que le noir animal.
Ses effets se font sentir pendant deux années.
Dans quelques communes du littoral, on allie ces cendres de mer aux fumiers , afin d'accroître l'énergie fertilisante de ces derniers engrais.
Les terres qu'on fume avec les cendres de mer produisent en moyenne 18 à 20 hectolitres de froment par hectare. M. Ilervé-Mangon a constaté que ces terres avaient conservé depuis plusieurs siècles leurs mêmes degrés de fécondité ou de productivité.
Valeur eomnereiaie. — Cet engrais se vend sur les lieux de production 3 fr. l'hectolitre.
SECTION IV
Depuis 1845, on fabrique à Marseille un engrais que l'on a appelé varech animalisé, herbes marines minéralisées. L'usine où Ton prépare cet engrais appartient à MM. Papety et G'*; elle est dirigée par M. Salmon, et fabrique annuellement 5000 mètres cubes de varech animalisé.
Voici comment on prépare cet eçgrais :
On fait sécher 80 parties d'algues marines en les exposant au soleil sur une aire, après les avoir couvertes de 20 parties de chaux en poudre. Quand les plantes sont sèches, on les niéle à 300 parties d'excréments humains solides. Lorsque ces substances forment une pâte homogène, on les moule et on les presse pour les vendre sous forme de tourteau.
Cet engrais contient 2,33 pour 100 d'azote.
M. Salmon remplace quelquefois la chaux par du plâtre.
Cet engrais est expédié en partie sur le littoral de la Méditerranée, en partie en Italie. Il est très-fertilisant quaind il vient d'être fabriqué; mais il a l'inconvénient de ne pas retenir l'ammoniaque et de diminuer de jour en jour de valeur. Les cultivateurs qui achèteront du varech animalisé devront donc s'assurer de son époque de fabrication et l'employer le plus promptement possible.
On le vend 3 fr. les 100 kilog.
ENGFA..LAINÉ. ' 639
SECTION V
EnipraU Lalné.
L'engrais connu sous le nom d'engrais Laine est déjà ancien. Cet engrais a eu des partisans et beaucoup d'adversaires. Ainsi, les uns l'ont regardé coimne excellent; les autres ont soutenu que son action fertilisante était trèsfaible.
Pendant longtemps, on a connu deux sortes d'engrais Laine , Yengrais chaud et Yengrais froid, M. Déni, le successeur de M. Laine, a abandonné la fabrication de ce dernier, et je l'en félicite.
C^t engrais est composé de débris animaux et végétaux de toutes sortes. Voici, d'après une analyse faite sur ma demande par M. Baudrimont, il y a cinq ans, les substances qu'il renferme :
Matières organiques 22 ,717
SulCales et chlorures alcalins 0,550
Phosphate de chaux 10,200
Carbonate de chaux 17,600
Silice 15,600
Ces proportions sont bonnes , sauf celle du sable et de l'eau. Je dois constater que M. Déni est parvenu depuis à livrer des engrais moins chargés de parties siliceuses.
L'azote y existe dans les proportions de 1,25 pour 100.
Cet engrais a un aspect un peu terreux; il pèse de 72 à 80 kil. l'hectolitre, suivant l'état de l'atmosphère .
M. Déni recommande de l'employer pour les céréales et les plantes commerciales, à la dose de 30 à 45 hectolitres.
640 ENGRAIS COUPOSéS.
On le répand à la volée et on l'enterre par un hersage ou au moyen d'un labour. Il faut, autant que possible, le mêler à la terre avec la semaille.
On l'utilise dans la culture des céréales d'autonme, du colza et on le répand sur les prairies artificielles et natu* relies.
On le livre sans emballage au prix de 3 fr. 50 c. rhectolitre et 3 fr. 85 c. avec emballage.
Je fais des vœux pour que M. Déni inscrive sur ses factures l'analyse de l'engrais qu'il livre.
Quoi qu'il en soit, cet engrais, vu sa composition et son prix, ne mérite pas qu'on le considère comme mauvais. Je sais qu'on a dit qu'il était souvent très-terreux. Ce reproche, on pourrait aussi l'adresser aux boues de ville. Du reste, la quantité de parties siliceuses que contient l'engrais Laine sera toujours un peu forte parce qu'il y entre des résidus terreux. En outre, l'analyse révélera sans cesse dans sa composition quelques variations, car on ne le fabrique pas avec des matières pures. Nonobstant, d'après l'analyse qui précède et le prix auquel il est vendu, on doit le regarder comme un engrais utile et même supérieur à beaucoup d'autres.
Les boues de villes épurées, les poils, les cornes divisées, etc., etc., forment la base de l'engrais Laine.
SECTION VI
Eniprato PoImmb.
M. Poisson fabrique un engrais à base d'urine humaine qui a donné de bons résultats.
Cet engrais, que Ton appelle quelquefois engrais Sauhon contient, outre Turine, une forte proportion de matières animales, surtout celles qui proviennent de la fabrication de la colle forte et de la gélatine.
' Voici, d'après une analyse faite par M. Hervé-Mangon, les substances qui le composent :
Matières organiques azotées 56 ,05
Phosphate de chaux 9,60
Sulfate de chaux et carbonate de chaux. 9 ,56
Alumine et oxyde de fer 3,11
Silice '. 9,78
Eau 12,00
Cet engrais contient à l'état nonnal 5,56 pour 100 d'azote.
Chaque hectolitre pèse de 78 à 80 kilog.
On l'emploie à la dose de 1000 kilog. par hectare, soit 12 à 14 hectolitres.
Cet engrais se répand à la volée comme s'il était question d'appliquer de la poudrette.
Il est vendu comme il suit les 100 kilog. \
Engrais pour céréales 2Sfr.
— pour racines 35
— pour vignes 18
— pour prairies. 12
Il y a'cinq ans l'engrais Poisson n'avait pas la valeur fertilisante qui le distingue aigourd'hui.
SKCTION VIF.
Guano de la Hotte.
M. Pichelin -Petit, à la Motte-Beuvron (Loir-et-Cher), livre à l'agriculture sous le nom de guano cle la Motte un mélange de débris animaux.
Voici comment cet engrais est fabriqué :
Les animaux après avoir été abattus sont coupés en morceaux. Les cornes, sabots et peaux sont mis à part pour être revendus. Le sang est recueilli avec la plus grande économie. On le fait figer et égoutter; les caillots sont ensuite taillés par tranches, et placés sur une sorte de claie à fromages. Le sérum qui en découle est Talbumine, substance qui a un grand prix en médecine et dans les arts. Les matières cérébrales étant particulièrement riches en albumine, sont traitées de même, et le sérum en est recueilli avec le même soin.
Les animaux ainsi dépecés sont portés dans une chaudière cylindrique, à bascule, dans laquelle ils sont soumis à un degré particulier de cuisson par la vapeur même de la locomobile. La cuisson achevée, la chaudière est renversée sur une claie ; sous cette claie est un réservoir dans lequel tombe le bouillon, qui, jomt au sang, est ensuite mélangé à la poudre des os.
Lorsqu'un cheval abattu est §ras, les parties les plus charnues sont traitées dans une chaudière particulière^ et la graisse recueillie est vendue à part.
Les morceaux cuits sont portés de la claie au fond du magasin. Là^ on dépouille les os de la viande; les os sont portés