‹ Les Matières Plastiques en Prothèse Dentaire Le DentolithChapitre 8 sur 10 · EXPÉRIENCES PERSONNELLES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES PERSONNELLES

Nous avons expérimenté le Dentolith à la Clinique de Prothèse de l’Institut Dentaire de Genève (Prof. : Dr Guillermin). Au cours de ces essais, nous avons eu plusieurs échecs et des résultats satisfaisants. Afin de nous familiariser avec cette méthode assez délicate et avant d’appareiller les patients, nous avons procédé à la fabrication de plusieurs dentiers fictifs. Nous nous sommes efforcé de suivre au plus près les instructions des fabricants. L'habitude de la manipulation a peu à peu permis d'éliminer quelques défauts du début. D’autres, par contre, ont réapparu souvent par la suite. Ce sont surtout des signes de condensation insuffisante ou des altérations de la teinte. Nous les avons interprétés comme suit. La condensation insuffisante concerne la totalité de l'appareil ou certaines parties seulement. Dans ce dernier cas, on remarque en outre une altération de la teinte des partics bien condensées. Le manque de condensation se traduit par une apparence écailleuse, visible surtout lorsque le dentier est sec. Nous attribuons cet accident à la difficulté qu'il y a de définir le moment précis de la fusion des granules. En effet, même si, en surface, l'apparence vitreuse ou « d’éponge mouillée » des granules (qui indiquerait da fusion) est nette, la portion centrale n’est nullement en fusion. Il en résulte, au pressage, que cette portion n’est pas douée d’une plasticité suffisante pour former un tout homogène ; elle reste une juxtaposition de petites écailles sans contact intime. C’est sans doute pour obvier à cet inconvénient que les auteurs recommandent l'emploi d’un excès de substance mis en deux doses successives. Cette manière de procéder à aussi ses dangers, car, en général, la première portion est inévitablement surchauffée s’il faut que la seconde le soit suffisamment. Le surchauffage aboutit à l’altération de la teinte, qui devient «lie de vin » au lieu d’être celle de

da gencive normale. Cette double défectuosité est d'autant plus accusée que la voûte palatine a une forme ogivale plus marquée. En effet, le moule de plâtre d’une voûte très ogivale forme hors du moufie un relief très accentué, exposé au refroidissement.

Il s'ensuit que, sur cette partie, la chaleur ne sera pas suffisante pour plastifier le Dentolith. En cherchant à l'obtenir, on compromet la teinte du produit dans le sens qui a été indiqué.

Malgré tout, nous avons obtenu, dans les cas favorables, des pièces relativement élégantes et bien condensées, car le Dentodith finement poli a belle apparence. La ressemblance avec la muqueuse gingivale saine est sensiblement supérieure à celle des vulcanites roses employées actuellement.

Adaptation aux dents, crampons et crochets. — Comme nous avons pu le constater en brisant des dents enchâssées dans le Dentolith, le contact est parfait entre la porcelaine et la matière plastique ; nous n’avons pas constaté de bulles d’air, même dans les cavités des dents diatoriques où la substance avait pénétré exactement dans les canalicules de rétention. D'ailleurs, Ia condensation est en général bonne près des dents, même si sur d’autres points elle est insuffisante. Il en est de même pour les crampons, qui sont puissamment maintenus dans la masse compacte. Dans la majorité des cas où nous avons tenté de déloger la dent par la force, c’est la porcelaine qui s’est brisée. Il n’y a pas, à proprement parler, d’adhérence du Dentolith aux crochets d’or et d'acier ; leur juxtaposition est parfaite, comme celle de la vulcanite et de ces mêmes métaux, ct le résultat est d'autant meilleur que le métal est moins poli.

Les auteurs ont préconisé la confection des crochets en Dentolith ; ils sont faibles et peu esthétiques.

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Réparations. — Le mode de réparation est basé sur le fait que le Dentolith sa ramollit à une certaine température et se soude à lui-même sous pression.

Pour une dent cassée, par exemple, la loge garnie de quelques grains de substance est chauffée à la flamme : on y force

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ensuite la dent, que l’on a chauffée également. L’excès de Dentolith qui a débordé est alors supprimé et l'emplacement poli. Les fentes sont réparées au moyen d’une solution de Dentolith dans un solvant organique. Les deux lèvres de la fracture sont remises en contact et maintenues fortement après avoir lété imprégnées de la solution ci-dessus. Les deux méthodes ne donnent pas des résultats contants et ceux-ci sont les meilleurs quand la réparation est de petite étendue. Il est rare, en effet, que l'emplacement de la dent réparée ne soit pas légèrement altéré dans sa teinte après chauffage, même modéré, à la flamme. Il est en outre poreux, car la pression exécutée à la main est insuffisante pour une bonne condensation.

Résistance mécanique. — Les essais ont porté sur la rupture à la flexion, la plus importante pour des pièces dentaires..[ls ont 6té faits comparativement avec des vulcanites rouges et noires, puisque ce sont ces substances que le Dentolith est destiné à remplacer. C’est ici que se manifeste toute l'importance d’une forte condensation. Tandis que, pour certains échantillons bien condensés, la charge de rupture était supérieure ou voisine de celle des vulcanites noires, pour d’autres, moins condensées, elle était nettement inférieure à celle des vulcanites rouges.

Imperméabililté. Action de l’eau distillée. — L'expérience consistait à immerger dans l’eau distillée des dentiers en apparence bien condensés.

L'un d'eux, du poids de 16,030 grammes, immergé pendant un mois, pesait après ce laps de temps 16,560 gr. Laissé à Pair pendant 24 heures, son poids s’abaissait à 16,210 gr. Un autre, placé dans les mêmes conditions, subissait les variations suivantes : 15,390 gr. ; 15,845 gr. ; puis 15,485 gr.

L'eau a été sans doute absorbée de deux façons :

1. Par rétention dans des anfractuosités invisibles à l'œil nu.

2. Une certaine quantité a été retenue par gonflement de la masse colloïdale.

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