LA CALIFORNIE ET L'ORÉGON
Avant février 4818, M. de Saint-Amant était l'homme le plus sédentaire de Paris , et sa vie avait ce charme monotone que Chateaubriand appelle le bonheur : il était souverain d'un immeilse royaume qui s'étend d'Edimbourg à Pékin , il était le roi de l'échiquier depuis la mort de nos bons amis Deschapelles et La Bourdonnais, deux génies qui faisaient honneur à l'homme.
Pendant bien des années, nous avons vu M. de Saintr Amant livrer d'innombrables batailles sur soixante-quatre cases de bois, et gagner beaucoup de gloire sans verser une goutte de sang humain. Il a été notre maître à tous dans cet art merveilleux qui donne aux adeptes la logique du coup d*œil et les ferait triompher éternellement contre la nature, dans le duel de la vie, si la nature ne s*était pas réservé la mort comme dernier échec contre nous.
Homme d'esprit, homme d'art, homme du monde, Saint- Amant savourait toutes les douceurs d'une existence sereine, lorsque la révolution de 4848 éclata.
Le canon de la Bastille ne dérangea pas le chevalier de Barneville, en train de poursuivre un mat victorieux au café de la Régence contre Louvet, auteur de Faublas, Bon chevalier de Bamevillel nous l'avons connu au club des Échecs en 4835. Il était encore frais et rose comme au temps de Philidor; il avait de vingt-cinq à quatre-vingt-dix ans; il nous parlait de Jean- Jacques Rousseau, qui jouait très-mal, et de Diderot, qui donnait de si bons conseils hygiéniques* à Philidor : nous l'écoutions comme la voix tumulaire d'un siècle mort. H venait tous les jours, au coup d'une heure, faire sa partie avec Saint-Amant ou Sasias, qui le battait avec une politesse charmante et le forçait à vivre en l'obligeant à venir prendre une revanche le lendemain. Notre grand La Bourdonnais, ce délicieux esprit, disait : a Barneville ne mourra pas; la mort l'a oublié. »
Le canon de 4848* trouva aussi de Saint-Amant courbé sur un échiquier; mais le profond calculateur n'imita pas le chevalier de Barneville. Le mat fut oublié; il y. avait des devoirs de citoyen à remplir; on renversa les pièces de bois sur les cases, et Saint-Amant quitta le champ clos de l'échiquier pour la place publique. Il rendit d'éminents services, et obtint du gouvernement provisoire un honorable poste de confiance; il fut installé aux Tuileries avec un commandement supérieur.
Dans les grandes crises nationales, chacun subit sa petite révolu on domestique; de Saint-Amant brisa violemment le rouage
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moDOtime de son exislenoe, et, Jançast MStr^gar^ {»ar-4«i8u» Vhovma des soîxaiite-<|iitttK) «ases , il rêva te «o^fogaa lointains «ties entr^ses fabudenses. Les inèmes?ins|nota^i«inftn|UQiisle «n passant, avaient pouasé veis fineoBnu ileeélèbre joueur d'échecs Boy le Syracusain, «a 4S70.'Liii aMaai avait wae eiis* Aenoe dtoe; il avait fait ta partie i Ftermao airee^Coame !<»' et à Venise avec le doge Moœngo r«t il as voymt nen au-desans^ de cette gloire , lorsque le coup de canon de l!lte de 'ftkodM )» réveilla en sursaut. Auasitét il déserta nablemest le diamp de balaiUe de l'éckiqvier, suivit jdon Juan d/Avtncbe «ir ies nere, et combattit à la bataille de Lépante eomme le gki» vaiHlaat des seldats. ^
De Saint^Amant sollicita «t obtint «ne inisaion plus confiDrme aux goûts de notre époque. Eh 1574 ,. il se secait embarqué pour Lépante; après 1848, il 8*<eiDi»n|iia pour ae mêler aux faaidis pionniers de Tavenir dsffls les domaifies du 6aleil,.a«r les dianps de bataille du commeroe et de riB(ki8(rie,.8ur ces jaebèresamé- ^âeaineâ déjà toutes jalonnées de: tombes qui ne déeourageiit pas les vivants.
Hàtons-nous de le dire^ ce n^étadt pomt Vauri sacra fmnes qui entraînait de Saint^^Amant vers YEldaraio moderne; il allnt étudier le chantier aurifère avec led yeux obaennaleurs de l'économiste, démêler la réalité des bnouiUaids de riihiai(ni«t allumer un {^are sur cet horizon californien, où le mirage a déjà trompé tant de pèlerins. Notre voys^eur apportait à ce travail d'investigation et de contrôle cette péaétnante sagadié de coup d'œil qui est sa faculté instinctive ;. les prostidi'gitatoiirs du pays an* raient eu beau faire avancer de fausses piéoes sur l'échiquier du placer, Saint-Amant aurait'ims toutes les rases en déroule comme s'il se fût s^ d'un gambit mal combiné. Ainsi doué de cette faotite supérieure qui sait toujours à point discerner, juger et se méfier, il a tracé la carte morale de la Galifomie, et il a marqué d'un signe noir tous les écueiis du lac aurifère, tous les bancs de sable du Chryiopotamos américain..
Après avoir lu attentivement tontes les judicieusespages écntes^
ptrikotreToyagfytr Bur la Gaiéfonôe, nous flommes asMëâii cond«re que ks prenkieffs déMehenrs de ce ebanp d'ôr en -soat oneere à cet étai de ehaos d'«ù ie inoiiâe est eoiii; ouds toi qu'il esl, ee préaait c<MxtieBt \m germes d'un imsienfle. aveiur. Les Cloniiiièr€s ont montré un éoh»itUk>n de leur éeiin; les plus «Wdes, les pins aventureux sont venus de tons les points du ^(Hm. Alors, Tien n'étant régularisé sur ce chaniier, rien, n'étant seuflMs à une protection l^ale, on a vu édater là et^se confondre dans une mêlée horrible tous les instiaetii^ priantife de la barterie et les convoitises raffinées de l'extrême civilisation. > C'était kl sanvage cdiue de la tour de Babel arrosant de sneurs et de sang et jonchant de sixains de cartes, un sol vierge pour acheter des diàteaux dans la violée de MontnuNn^My. Sur Ja terre, tout prélude de cette manière : la mort annence la vie, la o^idre du voiean ^mncMiee les fleurs , le règne de riehthyosaufe aanonce le T^ne de l'homme, les fougères annoncent les arbres, le désordre «nnoaee le repos. Chose providentielle ! la révélatii(Xi de la Calilomie est presque contemporaine de la vapeur, et, au moment où les grandes migrations du vieux monde affinent vers le nouveau, Péduse de Panama tombe, le cap de Hom est siqpprimé, le continent du sud américain devient une lie, la carte du monde se «oiovvelle, et le A«i< du monde ê$t à matre jDorfe, comme a dit HouBseau dans son'tfélotse^ sous l'inâiienGe nrystériense d'une prophétique inspiratiw. S'il tot payer des milliers de bras pour lécondw tout un continent en fi^he, pour rendre a» soleil les antiques civilisations engloutiesdans les lacs de Nicsavigua, pour changer en jardin les jachères dont les ConibUères sont les mors naturols ; s'il faut proportionner la grandeur du aal»re à .i'im* œ^isité du iabeor, il n'y a phis de déficit à craindre : laCalilortÉie, soumise bientôt à une organisation régulière, ouvrira peu è peu toutes ses veines; la Providence est le caissier de cette glorieuse spéculation, qui changera la face des Ikndes américaines et donnera un jour à chaque lamiUe son arpent de terre et sa place au grand soleil.
Nous sommes aujouid'hui placés tout juste dans une époque
de transition qui nous permet d'apprécier le travail du Temps, cet ingénieux transformateur des hommes et des choses , ce révolutionnaire patient, qui , pour faire excuser sa lenteur, prend le prétexte de son éternité. La Californie a été découverte, il y a trois siècles, en 4542, par Fernand Cortez. A quoi l'homme a-tril employé ces trois siècles? à perfectionner riavenUon meurtrière du moine de Cologne Schwartz, à creuser des tombes lai^s comme des plaines, à faire des veuves et des orphelins. Si les rois eussent employé à oi^aniser la paix les Califomies qu'ils ont employées à faire la guerre, les deux Amériques seraient un jardin depuis le détroit de Behring jusqu'au cap de Hom; l'Egypte serait couverte d'épis comme sous les Pharaons; l'Afrique aurait remplacé ses terribles quadrupèdes par des chrétiens heureux; la Russie serait un pays habitable; l'Inde aurait retrouvé son antique civilisation , morle au pied du Mara- Api/ dans Java, cette Sicile de l'océan Indien. Trois siècles perdus! Fernand Cortez, après avoir découvert la Californie, est mort de faim et de soif, au bord du Mançanarès, faute d'un maravédi, et c'est seulement aujourd'hui que nous songeons à demander au coffre-fort des Cordillères le salaire des défricheurs de l'univers.
Ces réflexions arrivent naturellement quand on suit notre intrépide voyageur français à travers les landes californiennes; et en quittant avec lui cette zone pour entrer dans un domaine voisin, dans l'Orégon, terre vierge, on est forcé d'admettre que l'avenir réserve un inunense travail de colonisation à cette frontière du pays de l'or. Il nous semble voir un Crésus , ennuyé dans sa solitude , ouvrant sa caisse aux travailleurs assis devant sa porte , et leur offrant de l'or en échange d'un épi. L'Orégon est destiné à devenir une Californie de céréales, une Crimée américaine, le grenier d'abondance de l'univers. M. de Saint- Amant vient' de visiter cette admirable région, qui sera bientôt la trente-deuxième étoile terrestre des États-Unis , à moins que la république américaine, déjà si vaste, ne se borne à couvrir de sa puissante protection les futurs colons de ce territdre,
comme fait l'Angleterre pour les défricheurs africains <]e la colonie du Port-Njatal , du Zanguebar et de la baie d'Agoa. Depuis le P. Valette , qui ouvrit le premier un chemin de civilisation chrétienne dans les forêts vierges du Mississipi, les missionnaires ont toujours formé Tavant-garde des pionniers dans les deux Indes. M. de Saint-Amant a trouvé l'Évangile et la houlette épiscopale chez les tribus sauvages de l'Orégon : ^ prédication française y domine, et les naturels, habitués depuis un temps immémorial à vivre dans une affreuse dissolution de mœurs , se sont soumis aux lois austères du christianisme et aux devoirs de la famille. Ce sont là des conquêtes pacifiques accomplies sans éclat, et qui déjà, sur ces terres lointaines, font mieux honorer le nom français que des victoires de sang. Inutile de dire que le Compelle eos intrare n'est plus écrit, depuis des siècles, sur la bannière des missions ; on doit tout à l'onction de la parole et à la douceur de la persuasion évangélique. Aussi la civilisation chrétienne a déjà poussé de profondes racines sous les terres sauvages de l'Orégon.
La lecture du voyage de M. de SaintrAmant fait donc admettre encore que , dans un laps de temps plus ou moins éloigné , les colons, toujours plus nombreux, de la Californie s'étendront sur la frontière voisine et couvriront un jour ce vaste pays, qui a reçu de la nature toutes les conditions de bonne température et d'activé fécondité. L'Orégon présente une surface carrée qui s'étend du 42« au 49« d^ré de latitude nord; il est borné au sud et au nord par la Californie et les possessions anglaises, à l'est et à l'ouest par le Missouri et l'océan Pacifique. De nombreux courants d'eau l'arrosent; de grands fleuves le traversent et trouvent leur embouchure maritime sur des plages abritées qui sont déjà ou seront un jour des rades ou des ports. Le sol, comme le remarque M. de Saint-Amant, est sous Tinfluence d'une température si exceptionnelle , que l'ordre étabU pour les récoltes n'est jamais troublé; c'est une régularité continuelle d'abondance qui doit préserver les futures populations du désastre périodique des disettes. La terre de l'Orégon rend toujours dans
♦îî PAKADOXÉS ET RÊVERIES.
é»fwpmiimRég6!kB, «i avec vue générosité mervdltouse, le» produits des geraies qu-on lui a confiés. Il faut lire rexoellent livre de If . de SaimUAmmi pour avoir une idée juste des res- SMtrees que «et admirable pays «ffrtra aux colons califormens. Meu a fût YOiBiiies la roehe qai doune Tor et la terre qui donne le froment.
ilci se présente une objecttcn' fossile, mais tonjoms exlmmée, etqne M. de Saint-AflMMit a combattue victorieusement dans son livre. Cette dijeetièn se résume en trois BMts ornés d'un point d'interrogaiion ; trois ooots inventés sous le règne antédiknrien de Pitt et Cobourg : Mais ks Anglah?,., Voilà 'déjà les Anglais soupçonnés d^avoir toujours dc^ vues secrètes sur les eétos du Pacifique, et déterminés, la paix d'Orient conclue, à demttider la plus large part du gâteau, quia nominor leo.
Les pesiimistes prophètes ne tiennent aucun compte du tra* vnil civilisateur d'un demi*siède; les Épiménides se révjeillent ce matin, et ils croient que la carte du monde actuel est^ncore celle de Théodose; ils croient que Christophe Colomb n'a pas eneore obtenu ses vaisseaux de la reine IsabeUe ; ils crment que VascO' de Gnma n'a pas doublé te cap de Bonne^Espéranee ; qu'il y. a toujours à Cadix deux colonnes d'Hercule avec leur nec plus uitrùy et.qpie l'Aliaiitique est gardée par le géant Adamastor.
Oui, si la carte du monde était dans les conditions de cet antique devis, les prophètes pessimistes auraient raison. Les Anglais , après une victoire payée du phis pur de leur sang , songeraient sans doute à découper à leur profit un lambeau de cette carte théodosienne ; peut-être demanderaient-ils , comme indemnité, la grande Candie, ou Knope, le Gibraitefr de l'Euxin, ou les greniers de la Chersonèse; mais en l'état actuel des choses, les Anglais ont sur le chantier un travail de commerce et do colonisation qui agite les deux tiers du globe; ils ont l'Inde à labourer; ils ont l'Australie, planète en friche, l'Australie, qui leur appartient comme légitime conquête de l'illustre capitaine Cook , et qui est un monde anglais créé par lé génie de Londres.
Les contemporains actuels de Pitt et Cobourg ne se doutent
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pas de cette création prodigieusequ'on sqppeUerataûr awtratien ; «h î mon Dieu l que voylez^vous que TAngieterre kêse d'une YS^iie et d'un rocher de plus? Ce serait vm embarras; EHe a lescent ports de l' Australie; elle a un contÎBenl .vierge à exj^oitwi; •die a les mines d'or de Melboinpne et d'Adélaïde^ elk^ a lee^ montagnes Bleues, q«i sont les éeriifô: de^- tous* les rainéravoc et les réservttrs des plus beaux fleutres; elle a des jaehèros^rmdes' comme la France et F A^riche , sous le {>lus doux ciel à» moade ; elle fait à sa planète oeéamque une ceinlDre de villes^ depuis la baie de ^rm jusqu'au Yai^iémeii, et depuis le cap Sandy jusqu'à la terre d'Endrakt. Le G«ige est à elle ; k royaume des Cinq Fleures est à. elle, ce riche Pengab qui va entretemr^com* mercè avec la Chine ouverte, sa voisine; elle a Calcutta^ c& Londres du soleil; elle a l'ile du Prmce de Gaties , ce définevx. PulchPinang, la fleur du monde, l'Éden de l'océan Indien; elle a Ceylan avec sa ceinture dé con^ et de perles; elle* a le Goro» maadel et le Malabar, ces deux rayons détaehés d» soleil poW' décorer le Bengale'; elle a les dix. éla^;es de cette Babd de la nature qu'on appelle THiniftlaya^ eUe a Umt eofin^ tout eè <iui a été riche, tout ce qui Test, Unil ce qui le sera dans ^ un avenir de quelques jours, et vous voiries qu'elle oo»reite un pouce de terrain ou une parceUe d'or q«i lui mettfai* une guerre Amélie sur les brasl L'An^terre a tout à gagner avec la paix; •elle a tout à perdre avec la guerre. Si ajujourd'tuii elle ame de» vaisseaux et des soldats, c'est pour donaar une leçon à ceUii qui vient l'interrompre dans son travail padiqne, oomn» £ût un ouvrier laborieux qui repousse un perturbateur de sanchantier« Nous connaissons M. de SainlrAmant dtpuis vimt ans : il a «été et il est encore notre maître aux échecs; il fut notre coUidbo*rateur au Palamède^ recuël mensael fondé par TiHastre de La Bourdonnais. Deux fois , depuis répoqMecalmede nos séanœs d'échiquier, j'ai vu partir de Saint-Amant; il allait voyager en terre lointaine, au bout du monde, dansle voisinage du soleil. La dernière fois, nous le priâmes de nous rappeler au souvenir de notre malheureux ami Raousset de Boulbon, dont nous avons
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lu presque en même temps , avec tant de plaisir et de douleur, les derniers écrits et les derniers moments. Après, nous avons suivi avec le plus vif intérêt de Saint-Amant à travers les océans et les solitudes; nous avons appris avec joie qu'il avait rencontré Raousset de Boulbon dans l'autre Californie, au pied de ces montagnes qui séparent la mer Vermeille de l'océan du Sud, et que nous avions signalées d'ici à Saint-Amant comme le vrai laboratoire du soleil , l'immense et secrète mine d'or qui a jeté dans son voisinage quelques éclaboussures , ramassées par les pèlerins des vieux continents. Notre ami voyageur s'était souvenu , con^me aux Cordillères, de la description faite dans la rue Vivienne , et il s'était entretenu avec Raousset de Boulbon , avec cet intrépide Femand Cortez français , qui a failli être Montezuma second , dans le royaume des Incas. Notre bonheur, comme on le pense bien , a été grand , lorsque nous avons reçu un beau volume , avec des cartes excellentes ; un livre écrit avec un grand charme de style, de narration et de sincérité; un voyage enfin comme on les aime , comme Levaillant a écrit le sien , et dont l'utilité du but éclate à chaque page. Ceux qui ont lu autrefois, avec délices , le voyage de Levaillant et qui , le trouvant léger, lui préféraient certains voyages graves qu'ils n'avaient pas lus, ne se doutaient pas du service rendu à l'Afrique méridionale par l'intrépide voyageur français. Levaillant, on peut le croire, a mis pour ainsi dire à la mode cet angle du globe , et c'est à lui qu'on doit les vastes plantations et les beaux établissements fondés par l'Angleterre et la Hollande , depuis la colonie du Cap jusqu'à la rivière Moriqua, et sur toute la longueur de la côte du Natal, depuis Morteyo jusqu'à la baie de la Coa. Ainsi M. de Saint-Amant a écrit plus qu'un livre, il a fait un appel; il a gravé sur la limite nord de la Californie ces mots : Route de lOrégon. R sera suivi. Le temps n'est plus où les prophètes criaient dans le désert. Il n'y a plus de déserts depuis l'invention de la vapeur et de la paix.