‹ Les Maures de l'Afrique occidentale françaiseChapitre 19 sur 20 · LB8 MAURES · texte numérisé non relu

LB8 MAURES

cours de l'école et que l'oncle de Cheikh Sidia manifeste Tintention de placer un de ses enfants sous la direction de l'instituteur de Daganaw Cheikh Sidi £1 Kheir, à Ooumbou, dans le Soudan, Cheikh Sidia, dans le pays trarza, tiennent les mêmes propos sur l'esprit des populations. Que ce soit sur les bords de l'Atlantique ou aux confins lointains du Sahel, l'aspiration des foules maures travailleuses est la même. Le poidsi des exactions quotidiennes, des charges imprévues, des vexations constantes, des craintes incessantes de pillage est devenu si lourd aux tolba commerçants, aux caravaniers incertains du lendemain et de l'attaque soudaine qui les menace, que tous, au fond d'eux-mêmea, appellent la protection d'une force puissante, organisée, qui les défende.

Ils vivent — et sont las de vivre ainsi — dans la terreur de l'aventure, de la surprise, de l'insécurité, dans l'attente d'une exploitation, d*un vol, d'un attentat constamment menaçant et dont l'imminence les absorbe. Les bruits les plus terrifiants et souvent les plus justifiés les troublent dans leurs voyages. Cette année, c'était au mois de juin dernier, le désastre de la grande caravane formée des tribus Mechdouf, Lakhlal et Eounta qui se rend annuellement aux Sebkha de l'Adrar. Cette troupe avait réuni 2,000 chameaux et s'était placée sous l'escorte de 800 guerriers.

L'émir de l'Adrar avait fait payer à la caravane comme droit de passage 700 pièces de guinée, puis les caravaniers avaient chargé leurs chameaux à Idjil en payant aux Akhazzir — tributaires des Eounta qui taillent les barres de sel — une pièce de guinée {lour 20 barres. L'escorte marchait ainsi d'après un prix convenu, débattu à l'avance.

Jusque près de Tichitt, la route se serait accomplie sans entraves. C'était là que la caravane devait se disloquer pour prendre dans le Soudan des directions différentes. Mais près d'arriver dans cette ville, l'escorte qui marchait en avant se heurta à des fractions d'El Soueïd, de Rajane et d'Oulad Naoer formant un groupe de 5 à 600 guerriers, installés sous les murs mêmes de Tichitt pour y attendre la caravane. On parlementa. Après de longs pourparlers, la caravane consentit à payer un droit do 100 pièces de guinée pour ne pas combattre. Bajane, El Soueïd et ISTacer acceptent, touchent les pièces de guinée, puis se ravisant après la dislocation, tombent sur les diverses fractions de la caravane, enlèvent 80 chameaux chargés et tuent plusieurs hommes.

Le tuit fut-il confirmé P II n'importe. La nouvelle en courut dans tout le désert au commencement de Thivernage dernier comme une chose possible, coutumière, naturelle qui donne une idée de la Tie de ces hommes que le commerce ou l'élevage intéresse et qui trouvent tous les jours sur leur route le guet-apens, l'extorsion, le vol et l'assassinat.

Faut-il donc s'étonner qu'ils rêvent une délivrance, quand ils ont sous leurs yeux, dans les centres où leur trafic les appelle, la tranquillité de nos populations indigènes qui, libtres, indéx>endantes, protégées dans leurs croyances, dans leurs usages, dans leurs coutumes, peuvent, sans avoir à redouter la ruine, se livrer à tous leurs travaux habituels et, sous la sauvegarde de notre autorité, vivre, cultiver, négocier et s'accroître dans la paix et la sécurité ?

La grande masse des tribus maures attend que nous prenions une décision que tous s'étonnent de ne point nous voir prendre.

La situation de chacun de ces chefs, autour desquels rayonnent les appétits et les brutalités des pires voleurs, n'est rien moins que stable. Il n'en est pas un qui, près de lui, ne sente s'élever une ambition rivale qu'un coup de fusil rendrait peut-être triomphante.

Chez les Trarza, le chef reconnu et soutenu par nous, mais impopulaire, comme le serait dans un an son successeur, s*il restait aussi livré à lui-même, a vu depuis quelque temps s'élever contre lui la compétition de Sidi, fils de Mohamed Fall, apcien roi trarza assassiné. La majorité des forces trarza agissantes s'est rangée sous les ordres de Sidi qui, tout en évitant d'entrer en contact avec nos troupes, cherche à écraser son adversaire. Les circonstances ont mis Sidi dans une situation telle que nous ne pouvons le considérer que comme un rebelle et il suffit que nous intervenions matériellement pour faire pencher la balance en faveur d'Âhmet Saloum dont le sort est tout entier dans nos mains.

Notre établissement d'une façon durable au milieu d'eux mettrait un terme à ces luttes intestines. Elles se continueraient peutêtre encore dans l'intérieur, au loin, entre partis dissidents ; mais elles s'épuiseraient vite et les fractions guerrières ne tarderaient guère à se désagréger et à disparaître comme ont disparu en quelques années les tiédos du Cayor et du Sine, le jour où nous avons voulu la conquête, où nous avons pris en maîtres possession du pays et où nous y avons choisi et soutenu les chefs.

Chez les Brackna, le roi ondoyant et fuyant a de lui-même diminué sa puissance par son attitude contre Cheikh Sidia. Participant à tous les brigandages — sinon lui-même^ du moins par ses gens — se dérobant à toutes les revendications, il a, pour soutenir les bandes pillardes des Diedjouba, marabouts guerriers qui forment le gros de ses forces, vu la grande tribu des Oulad Béiri passer sur le territoire des Trarza.

Contre lui des haines vivaces n'attendent qu'une occasion pour se grouper.

Les Oulad Nokhmakh ayant à leur tête le jeune Bakar Ould Ahmeïda, héritier de la branche aînée des Brackna, souhaitent la perte d'Ahmédou. Les Oulad Âhmet, branche bâtarde, sont prêts à se joindre aux Nokhmakh si nous leur conseillons de s'entendre Les Eounta Moutarambrine apporteraient leur faible, mais fidèle concours.

Il convient d'ajouter à ces ennemis naturels d'Ahmedou la population indigène turbulente et batailleuse du canton des Aleybés, ennemis éternels des Brackna. Ceux-là ne restent calmes, malgré les déprédations et les vols dont ils ont toujours été victimes, que par l'autorité que nous exerçons sur eux et qui les maintient.

Partout dans ces grands groupements les divisions s'affirment et se multiplient.

Chez les Dowich, deux rois, deux partis, deux peuples : les Abakak avec un vieux chef centenaire, fantôme d'une puissance qui s'écroule ; les Chrattit avec un chef âgé sentant déjà autour de lui naître des dissentiments familiaux. Chez les premiers, 29 fils déjà partagés : Ousman gouvernant au nom du père qui s'éteint, soutenu par son frère Amar, tous deux fils de la même femme ayant contre eux leurs frères consanguins prêts à leur reprocher l'assassinat de Souleyman, autre fils de Bakar, exilé autrefois et tué par l'un d'eux dans l'Adrar. Chez les seconds la discorde s'élevant dans la famille entre les Ely et les Bousseïf. Et au-dessus d'eux au nord, les Eounta d'Ould El Hamid chassés du Tagant par les Abakak et n'attendant qu'une occasion, qu'un moment de trouble pour prendre une revanche éclatante et leur ancienne place dans le pays.

Dans le Sahel, mêmes races, mêmes mœurs, mêmes luttes, mêmes scissions.

Les El Sidi Mahmoud, toujours en guerre contre les EJounti^

leurs perpétuels adversaires, sont divisés encore dans lear organisation intérieure. Le frère cadet, Sidi Mohamed, a réuni autour de lui la grande et belliqueuse tribu des Souaker pour combattre et supplanter le chef général Sidi El Mokhtar. L'un et l'autre, à la fois ou successivement, réclament notre arbitrage ou notre appui, Aujourd'hui Sidi Mohamed 8*est réfugié près du chef des Mechdouf ; mais les Mechdouf eux-mônies ont leurs divisions. Fne de leurs plus grandes fractions, les Hammounat, qui compte près de 15,000 individus dont 1;600 guerriers ne vivent sous le commandement de Mohamdoul Mokhtar que nominalement. Deux chefs les dirigent effectivement ; l'un pendant les jours de tranquillité, l'autre aux moments plus graves de la guerre.

Les Oulad M'Bark s'effritent et se dispersent. Les uns, comme les El Khouizi et les Asker, songent à la sédentarité ; les Oulad Mahmoud, plus nombreux, sont entre eux en dissensions continuelles : les Tiki et les Dzeifarik se pillent réciproquement.

Plus au nord, les Nacer partagés et ennemis manquent de direction uniforme. Les uns vivent chez les Mechdouf qu'Amar Ould Labib, chef des Nacer, cherche à désunir en soutenant les Hammounat dissidents ; les autres, autour de leur chef, préparent avec quelques tribus kounta, leur rentrée dans le Tagant d'où les Dowich les ont chassés.

Partout le désordre, les rivalités, les divisions, nulle part l'entente, l'alliance, la cohésion possible.

Peut-on admettre, dans ces conditions, qu'une idée, qu'un mot d'ordre, qu'un accord politique parviendrait à faire taire les intérêts personnels ou les convoitises bruyantes de chacun de ces chefs pour les grouper contre nous dans un acte d'ensemble ou dans un même effort de résistance ? Ce n'est logiquement pas soutenable quand on connaît les aspirations secrètes de l'énorme majorité des tribus maraboutiques, de tous ces travailleurs, ces commerçants qui vivent sous la permanente menace du pillage et de la ruine, sous les charges écrasantes, multiples, arbitraires que leur imposent le banditisme des guerriers, la rapacité insatiable des princes.

Dira-t-on que le fanatisme religieux pourrait faire contre nous ce qu'une entente politique entre les chefs maures ne saurait produire ?

Ce serait moins admissible encore.

Il faut se défier des généralisations. Il est toujours simple.

facile et peu pénible d'assimiler rapidement dans un travail global dés choses tangenti-elles, mais cependant étrangères. C'est le cas à éviter. La question religieuse n'existe pas chez les Maures en tant qu'élément politique. Elle n'est qu'un état étholog^que et social qu'il faut respecter comme nous le respectons chez nos populations indigènes. Le fanatisme islamique a pu être exploité par certains chefs, surtout dans la région septentrionale de l'Adrar ; il ne s'est jamais manifesté dans l'ensemble des tribus occidentales du désert. Nous avons montré plus haut que ce bloc de nomades est resté impénétrable à toutes les agitations religieuses soulevées par des fanatiques ambitieux depuis plus de cinquante ans en Afrique. La foule immense des tolba, des croyants est justement celle qui n'ose nous crier à l'aide, mais qui nous fait connaître ses désirs et qui nous attend. Les grands chefs religieux sont nos premiers auxiliaires, impuissants encore eux-mêmes contre bien des tribus guerrières qui — suivant l'expression de Sidi Ahmet Labbid, un chef fameux des Oulad Nacer — n'auraient plus, en acceptant la protection des Français, les belles occasions de piller et de faire ainsi rapidement fortune.

Nous trouvons donc devant nous, d'une part, une population de plus de 300,000 âmes de musulmans, tous travailleurs, éleveurs ou commerçants, mais asservis, exploités, volés sans cesse par quelques tribus de guerriers rapaces et cruels. Ceux-là souhaitent notre arrivée et, malgré les dangers qu'ils couraient à le faire, beaucoup ont demandé notre secours. De l'autre côté, nous voyons, non alliés, mais au contraire rivaux, quelques milliers de bandits divisés, répandus en désordre sur un territoire immense, jaloux les uns des autres, ennemis entre eux, incapables d'une entente et d'une cohésion durables, sans chef imposant pour les réunir, sans tête pour les diriger. Ceux-ci nous redoutent : il suffit que nous manifestions notre volonté formelle, indiscutable, évidente aux yeux de tous de pénétrer et de nous établir sur les territoires de la rive droite du Sénégal pour que viennent à nous les populations pacifiques et pour que se retirent, se dispersent et finalement disparaissent les bandes guerrières qui depuis si longtemps oppriment, exploitent et terrorisent ce pays

Vis-à-vis de ces groupes turbulents et perturbateurs toute politique de concessions, de tergiversations ou de clémence est considérée par eux comme un acte de faiblesse ou d'impuissance. Elle

nuit à notre prestige et à notre autorité. Ces barbares n'ont que le respect de la force. Un exemple reste présent dans toutes les mémoires au Soudan. Lorsqu'en juillet 1899 un pardon général fut accordé à toutes les tribus du désert, l'effet — de l'avis de tous les fonctionnaires qui étaient en service dans le Sahel et avaient, par leur contact avec les Maures, une expérience et une compétence incontestées — l'effet fut absolument malheureux.

Il suffira, pour s'en rendre compte, de relire oe passage d'un rapport de M. Adam, administrateur à Nioro et plus tard à Eayes, très éclairé sur cette question :

c Comme bien on pense cet acte de générosité de notre part reçut une approbation générale.

c Mais venait-il à son heure ? Un résumé rapide de la situation nous permettra peut-être de répondre :

c En oe moment, juillet 1899, Mohamdoul Mokhtar, ayant satisfait à toutes nos conditions, a repris ses relations avec nous et nous prodigue de nombreuses marques de son amitié.

€ Les AUouch (Oulad Daoud), abandonnant leur chef Sidi Ould Henou, sont à la veille de se grouper dans notre territoire, heure opportune pour traiter définitivement avec eux et supprimer Henou, être fourbe, hypocrite, noire ennemi irréductible.

c Quant aux El Sidi Mahmoud, l'attitude de leur chef Sidi El Mokhtar, nous est favorable ; Sidi Mohamed seul se voit le territoire interdit.

€ A qui donc a profité l'aman accordé?

« V Aux Nacer d'Amada qui, quoique vivant avec les Mechdouf, n'ont pas suivi le bon exemple que ceux-ci ont donné et sont encore nos débiteurs ;

€ 2° A Sidi Ould Hénou, notre ennemi quand même qui reprend son autorité première ;

€ 3** A Sidi Mohamed que Ton exempte ainsi de la restitution des biens volés.

c Quant à Mohamdoul Mokhtar et à Sidi El Mokhtar, les seuls chefs importants dont les relations avec nous sont empreintes de franchise et de cordialité, ils ne retirent rien de ce pardon f^énéral. C'est à nos ennemis, aux bandits du désert que va tout le bénéfice de cet acte de cléiiionce et non de politique. Et qui sait s'il ne s'est pas glissé dans l'âme du commandant dos Mechdouf une lueur de regret d'avoir eu la loyauté de payer les amendes infligées ; s'il eut

attendu, s'il eut fait hypocritement traîner les choses en longueur comme Sidi Ould Henou, on lui eut quand même pardonné.

« Noua sommes donc en droit de nous demander si c'était bien l'heure favorable de donner au Sahel cette preuve éclatante de notre générosité — et d'en douter. »

Ainsi s'exprimait officiellement le l*' juillet 1900 — un an après l'aman général, — l'administrateur de lîîoro.

Nous ne saurions donc trop le répéter : nous serons dans le pays maure ce que nous voudrons être, à la condition de le bien vouloir et bien affirmer notre volonté.

Pour nous résumer nous dirons : l'occupation de la rive droite du Sénégal et la pénétration lente mais ferme dans l'arrière Sahel paraissent devenues des nécessités politiques.

Elles peuvent être résolues l'une et l'autre sans de grandes difficultés. De nombreuses tribus commerçantes attendent notre intervention effective pour se placer sous notre protection.

Cette protection ne pourra s'affirmer efficace que par notre installation définitive sur une assez grande étendue de territoire où les tribus soumises viendront s'établir et se mettre à l'abri des attaques et des exigences des tribus guerrières.

Dans le Soudan, l'occupation, dans un délai plus ou moins prochain, des centres de Néma et de Oualata, semble naturelle.

Du côté du Sénégal, trois postes militaires commandés par un officier-résident paraissent indiqués.

L'un au mont Sah'ra au N.-O. du Guidimaka, à 80 kilomètres de Bakel, au-dessus de Tancien poste de Sélibaby supprimé en 1897.

Ce nouveau poste commanderait les routes du Tagant dans la région où se croisent les caravanes allant au Soudan et celles se rendant à Bakel. En toutes saisons sur ce point, l'eau jaillit abondante des rochers.

On aurait ainsi la main sur les El Sidi Mahmoud.

Le second poste dépendant de Podor, un peu au N. du lac Aleg, à 70 kilomètres du fleuve et de Mafou — premier barrage du Sénégal — à l'ouverture de la grande vallée de l'Ouad, région fertile et route naturelle du ïagant.

Ce point commanderait tout le pays brackna et ferait face aux Dowich.

Le troisième poste plus difficile à déterminer, semble cependant

indiqué au nord du lac Gayar, à Souet El Ma, croisement des routes àfi% caraTanes, à 60 kilomètres de Dagana.

Il dominerait les Trarza.

Chacun de ces postes serait tenu par 40 ou 50 spahis et quelques tirailleurs.

Il a été démontré dans le Sahel qu'un raid rapide à la poursuite des pillards, suffisait pour mettre à la raison des tribus entières ; c'est ainsi que se soumirent les Mechdouf en 1898^ après la colonne volante qui poussa une pointe jusqu'à Nema et qu'en février 1896 les Naoer de Bakar étaient déjà venus demander la paix après qu'un l>eloton de spahis, en une course de quarante-huit heures et une marche de nuit, avait surpris leur camp et razzié 10,000 moutons et plus de 1,000 chameaux.

Des contingents indigènes, sous le commandement de chefs énergiques, pourraient, sans trop de frais, assurer la sécurité des nouvelles frontières, — ou une milice bien encadrée, remplacer sur les nouveaux territoires les gardes frontières qui fonctionnent au Soudan.

Une longue bande territoriale de 70 à 80 kilomètres de largeur serait réservée au-dessus du fleuve permettant ainsi aux tribus pacifiques de se réfugier chez nous, d'y trouver des terrains de parcours et des pâturages pour leurs troupeaux et d*échapper aux contributions écrasantes des guerriers.

Il y aura lieu d'étudier, une fois établis, s'il serait préférable d'appliquer des droits d'oussourou et de pacage tels qu'ils sont perçus au Soudan ou de s'arrêter à tout autre mode d'impôt. Les avis sont partagés. C'est lorsqu'on se trouvera au milieu des populations maures qu'il sera possible de se prononcer, le principe d'une taxe étant admis.

Par cela même tomberont les coutumes payées aux chefs maures, comme le demandaient déjà en 1854 les instructions ministérielles. L'Adrar seul devrait être excepté. C'est un pays fertile et avec lequel nous devons essayer d'entrer on relations suivies.

Peut-être conviendrait-il à ce sujet de chercher sur la côte un point où nous puissions nous établir et nous mettre plus en i^lations avec les populations de l'intérieur.

Deux points sont à étudier : Agadir dans la baie d'Arguîn, en face de l'ancien poste portugais et plus bas Djeïl ou Portendick où passeraient toutes les caravanes de l'Adrar.

— no —

Dans l'un ou l'autre de ces postes, le résident, représentant officiel du gouvernement, devrait être doublé d'un agent de renseignements, blanc ou noir, qui tiendrait une opération commerciale et serait notre intermédiaire auprès des agents secrets que nous entretiendrions dans le pay&

Ainsi nous arriverions à la pénétration lente et pacifique de ces régions, nous faciliterions les communications intérieures, nous aiderions au développement du commerce dont se multiplieraient les opérations dans le calme et la sécurité et nous verrions grandir rapidement dans toute cette zone nouvelle l'influence et la puissance de notre Patrie.

Novembre 1902.

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