ACTE I, SCENE VII
toujours, et quelquefois avec notre sang... C'est entendu!... Oui, mais enfin, c'est aussi l'inconnu !... On tremble tout de même, pour ses usines, pour sa fortune, ou simplement pour ses bénéfices!... Alors, on a compté sur votre popularité... on a calculé que votre présence remettrait les choses dans l'ordre... Et vous êtes accouru!... Allons!... combien votre père vous paie-t-il pour cette belle besogne?
Pourquoi m'insultez-vous?... Je viens à vous la main tendue, et le cœur fraternel... Ah! je vous le jure!... Et vous m'insultez!... Vous vous croyez un homme libre, et vous ne savez pas, et vous ne voulez pas vous élever au-dessus des préjugés de l'ignorant, et des basses rancunes du sectaire! Je vous crie : « Marchons ensemble dans la lumière et dans l'amour, vers l'avenir! » Et vous vous enfoncez davantage, dans le passé des haines impuissantes... Que faut-il donc que je vous dise encore ?
jean, un peu calmé et gêné par ces paroles.
Soit!... Je me suis trompé... Et vous êtes, peut-être, un brave garçon... Je ne sais pas... je ne sais rien... Mais pourquoi êtes-vous venu à moi?... Est-ce que je vous appelais?... Vous allez par un chemin... moi par un autre... Nous ne pouvons pas nous rencontrer...
Qu'en savez-vous!... puisque vous savez si mal ce que je suis!...
JEAN
Je sais qu'entre vous et moi, il y a des choses trop lointaines... et qui ne doivent pas et qui ne peuvent pas se rejoindre...
Entre ceux qui souffrent, il n'y a pas de cœurs lointains !...
JEAN
Des phrases I
ROBERT
Tout à l'heure, quand je suis entré ici... c'est vous surtout que j'ai vu... Je ne savais qui vous étiez... mais j*ai senti à votre attitude, un peu farouche et à la tristesse... à l'immense tristesse de vos regards sur moi... j'ai senti que je vous aimais... Et j'ai voulu vous parler... j'ai voulu vous exprimer ce qu'il y avait de fraternel, dans mon cœur, pour vous! Rien de plus... Vous me repoussez. .. Je ne sais plus que vous dire.
JEAN
Vous vovez bien 1
Mon Dieu !... je comprends vos méfiances, puisque je devine an vous une pauvre âme violente, tourmentée et déçue... Mais je vous en conjure... écoutezmoi un instant... écoutez-moi... comme si j'étais le passant de votre chemin, le voyageur qui va vers le même espoir que vous .. Je, ne suis pas relui que vous croyez... je me suis t'ait une existence libre despréjugés de ma caste... tous les avantages, tous les privilèges que la fortune offrail à ma jeunesse, je n'eu ai pas voulu... je suis un travailleur comme vous... je n'attends rien que de moi-même... et je vis de ce que je gagne...
jean, avec une tristesse infinie.
Et moi, j'en meurs!... [Tout à coup, il empoigne la main de Robert qu'il entraine vers la porte, et, d'un