ACTE II, SCÈNE V
«Vive la grève! » so7it presque distincts.) L'entendezvous venir, cette fois?... Il vient ici, aujourd'hui... Demain, il sera chez vous..., demain, il sera partout!... (Dans le bruit sourd, le roulement d'une troupe en marche, on entend les rythmes de la « Carmagnole ».) Je crains, en effet, monsieur Duhormel, que votre chasse soit un peu compromise... (Robert ferme la fenêtre.) Alors, c'est fini?... Vous ne dites plus rien?... Et votre ardeur de combat... votre héroïsme?... En déroute, déjà?... Quoil... Il a suffi que quelques pauvres chantent sur un chemin... pour que, maintenant, vous soyez-là... silencieux... et pâles de terreur !...
CAPRON
De terreur?... Qu'est-ce que vous dites!... Vous!... Moi!... Ah! par exemple... (Le bruit, les clameurs augmentent... montrant le point à la fenêtre.) Misérables!...
de la troude, dominant sa peur, Laissez donc!... Ils sont ivres!...
ROBERT
Ivres? Peut-être... Mais de quoi?... Le savez-vous?
CAPRON
Ah! vous m'embêtez à la fin, vous! Pourquoi êtesvous ici, aujourd'hui?... Pourquoi êtes-vous ici?... C'est clair, maintenant!... Ah! ah! Ce sont vos amis!... Vous êtes venu... parbleu!
ROBERT
Remettez-vous, monsieur!...
DUHORMEL
Allons donc!... allons donc!... Ce n'est pas sérieux... Je ne puis pas admettre que ce soit sérieux!... Ils s'amusent!...
Geneviève, anxieuse, les xjeux toujours sur la porte.
Et mon père!... Mon père qui ne vient pas!...
CAPRON
A-t-on fermé les grilles du château?...
Geneviève, affolée, sonne et va dans le vestibule, et se penche sur la balustrade de V escalier.
Joseph!... Adèle!... Baptiste!... [Elle se penche davantage.) Fermez les grilles... faites fermer les grilles... [Agitée et tremblante, elle rentre dans V atelier où Robert essaie de la calmer .) Mon Dieu!. ..mon Dieu!...
Pourvu que nous puissions rentrer chez nous!.. {Hargand parait.) Ah! enfin, voici Hargand!...
GENEVIÈVE
Mon père!... mon père!... [Tous entourent Har gand.)