‹ Les mauvais bergers; pièce en cinq actesChapitre 87 sur 106 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

PHILIPPE I1URTEAUX

Empoignons-le... accrochons-le à un arbre de la forêt!

LA FOULE

A mort!... à mort!...

(La foule a déjà envahi la seconde marche. Philippe Hurieaux a gagné la plate-forme, et se ruant sur Jean Roule qui les bras toujours croisés, la tête haute, ne se défend pas, lui a ?7iis les mains sur l'épaule. Tout à coup, Madeleine se dresse toute droite, étend ses broj en croix, en déployant les plis de sa mante, comme deux ailes. Un gréviste qui était parvenu jusque-là, recule.)

madeleine, d'une voix forte.

Arrière!... arrière!... [Arrêt dans la foule. D'une voix plus forte.) Arrière, vous dis-je!.-;. [Le mouvement de recul s'accentue.) Arrière encore!... (Philippe Hurieaux a lâché Jean Roule; des gestes s'immobilisent. Toutes les faces, tous les regards se tendant vers Madeleine.)

voix dans la foule, par-dessus les cris diminués.

C'est Madeleine!... c'est Madeleine!...

madeleine, le silence s'eit fait.

Je ne suis qu'une femme... et vous êtes des hommes!... Mais je ne vous laisserai pas commettre un crime ici!... Non seulement je ne vous laisserai pas toucher à celui que j'aime, au héros de mon cœur... et dont je porte un enfant dans mes flancs!... Je vous défends d'insulter... [Elle montre d'un grand geste, le Calvaire.) à cette croix, où depuis deux mille ans, sous le poids de vos misérables haines, agonise celui-là qui, le premier, osa parler aux hommes de liberté et d'amour!... Arrière!...

donc... arrière!... arrière!... arrière!... (Ceux qui avaient envahi les marches, reculent. La fureur mollit aux visages. Des dos se courbent.)

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