PREFACE III
Constants ou mobiles, nous sommes fils du même Dion, nous avons notre raison d'être, et la société, notre mère commune, doit nous faire notre place aux uns et aux autres.
Or, la loi du mariage , en serrant des liens indissolubles, nous impose à tous la même règle, elle nous courbe tous soils le même niveau. Je sais bien qu elle a l'avantage de rendre la vertu facile pour les femmes et les liommes à affections constantes; mais elle a le tort de la rendre presque impossible à ceux que la mobilité de leur esprit, la légèreté de leur cœur, les exigences de leur tempérament entraînent vers les régions inexplorées, vers les tentatives hasardeuses.
Aussi , qu'arrive-t-il ï Quelques-uns , quelquesunes surtout, — car les femmes sont plus que nous capables de cet effort héroïque, — parviennent h se dompter, à se transformer, à maîtriser leur imagination et leurs sens pour rester fidèles au serment qui les lie.
D'autres se laissent entraîner par leur imagination, parcourent en esprit les mondes tumultueux où leur instinct los appelle , mais défendent à leur corps, à leurs actes, de suivre la folle du logis dans ses pérégrinations aventureuses.