‹ Les mauvaises herbes du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 36 sur 48 · FAMILLE DES LABIÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES LABIÉES

Cette grande famille contient plusieurs mauvaises herbes dont quelquesunes sont communes mais dont aucune n'est de grande importance au point de vue du cultivateur. Les caractères de la famille sont bien marqués et faciles à reconnaitre. Une particularité de ces plantes est la production de sécrétions agréablement aromatiques et huileuses, comme c'est le cas de la lavande, de plusieurs menthes, de ln sauge, du thym, du romarin, de la mélisse, de la sarriette, du patehouli et de beaucoup d'autres qui sont employées pour la production de parfums ou dans la cuisine. Aucune

plante de cette grande famille n'est vénéneuse. Les caractères les plus frappants de cette famille sont la tige carrée, souvent duveteuse, une forte odeur quand on froisse les plantes, les feuilles toujours opposees et simples, les fleurs généralement groupées aux aisselles des feuilles, la corolle irrégulière, plus où moins en forme de bouche grande ouverte, dont la lèvre inférieure est généralement la plus grande. Le fruit de ces plantes consiste en 4 lobes de l'ovaire, qui à maturité se séparent les uns des autres et deviennent 4 nucules où akènes ressemblant à autant de graines détachées au fond du calice. 1 y a peu de plantes Labiées qui donnent de l'ennui au cultivaeur dans les terres travaillées comme elles doivent l'être; mais les nueules de quelques-unes se trouvent dans les graines du commerce, Une de celles dont l'aspect est le plus frappant est la nucule de la CHATAIRE (Catnep, Vepeta Cataria Li.) [pl 54, fix. 33—grosseur naturelle et x 8], que l'on remarque souvent dans la graine de trèfle. Elle a environ ;; de pouce de longueur, et est brun rougeâtre, ovale-arrondie, un peu aplatie sur la ‘ace interne. Au bas de cette face est la cicatrice inférieure remarquable, qui a deux eavités d'un blane pur ressemblant à deux yeux, un de chaque côté de la cicatrice au dessus.

Les nueules du DracocéPuase ou Téte-de-dragon (Dragonhead, Dracoccphalum partiflorum Natt.) [pl. 54, fig. 32—grosseur naturelle* et x 8] et relles de L'Evrare rorzre (Hairy Mint, Stachys palustris Nutt.) [pl. 56, fig. 53— grosseur naturelle* et x 4] se sont trouvées ces dernières années en très grandes quantités parmi les criblures du blé de l'Ouest et parfois aussi parmi le grain même. Ces deux graines (nueules) ont une grande ressemb'ance superficielle; mais, quand on les compare ensemble, on voit que celles du Dracocéphale sont plus longues (& de pouce) et plus étroites, étant deux fois plus longues que larges, plus anguleuses et quelque peu ailées ou ridées le long des angles près du sommet. La cicatrice basale est grande et courbe, avec une fente au milieu, qui la fait ressembler à une bouche, couleur brun foncé; la face externe convexe à côtes très indistinctes en long et rugueuse-granuleuse. Les nucules de l'Epiaire poilue sont plus lisses, noir terne, arrondies, presque aussi larges que longues, la face interne seulement un peu anguleuse au centre et aux bords: la cieatrice basale, simplement une tache spongieuse pâle à l'extrémité pointue de la nucule.

Assez semblables à première vue aux nueules des Labiées, sont les graines de l'Evenorre RÉVENLE-MaTIN (Sun Spurge, Æuphorbia Helioscopia Li.) pl. 56, fig. T1—grosseur naturelle et x 4]. En examinant de près toutefois. on les en distingue facilement. Elles sont à contour ovale arrondi, roulant rapidement sur une surface lisse, un peu aplaties sur la surface interne, avec une ligne saillante au milieu jusqu'au sommet: côtés de la graine non anguleux comme éhez les nueules des Labiées, cicatrice basale réniforme. blanche et très apparente, en ereux à la base de la face interne: toute la surface de la graine grossicrement rétieulée par des lignes sou'evées. Nous avons plus'eurs fois trouvé d: ces graines parmi celles des plantes potagères où d'ornement.

* La figure qui devait représenter la grosseur naturelle est un peu trop grande.

FAMILLE DES PLANTAGINÉES.

Cette famille comprend en Canada quelques espèces de plantes sans tiges, à fleurs peu apparentes portées en longs épis minces au sommet de hampes, où pédoncules dépourvus de feuilles. Le fruit est une capsule membraneuse, dont la partie supérieure, lorsque les graines sont mûres, se détache en une seule pièce comme le couvercle d'une boîte. Bien que quelque: espèces soient très abondantes dans les terrains agricoles, elles demandent attention, beaucoup plus en raison de la fréquente présence de leurs graines parmi celles des trèfles et des graminées fourragères que comme mauvaises herbes dans les champs. Par leur couleur les graines sont très faciles à voir parmi les graines de graminées, et, en raison de leur grosseur, il est difficile de les en séparer. Il est par conséquent très important de savoir t-connaître les espèces communes. On peut classer les graines des plantains en deux groupes suivant leur forme: dans une division les graines sont irrégulièrement anguleuses comme de petits grains de poudre à fusil, par exemple chez le Grand Plantain et le Plantain pâle: dans l’autre en forme de bateau, creuses d'un cô'é et arrondies de l’autre, par exemple chez le Plantain lancéolé ou Herbe à coutures, et le Plantain à bractées. Lorsqu'elles sont bien humectées, toutes ces graines se couvrent d'une couche de mucilage, qui facilite beaucoup leur dissémination.

GRAND PLANTAIN (Plantago major L.).

Autres noms françuis: Plantain majeur, Plantain vulgaire.

Noms anglais: Common Plantain, Broud-leaf Plantain, Greater Plantain, Bird-seed Plantain.

Plante introduite et indigène, Vivace. KRhizom court et épais, droit, portant de nombreuses racines épaisses étalées et une grande toufe de feuilles vert foncé ovales, à longs pétioles, et à dents grossières, étalées ou ascendantes, et plusieurs épis serrés de 3 à 12 pouces de longueur de fleurs peu voyantes à anthères pourprées, Capsules des graines ovales, s’ouvrant vers le milieu de leur hauteur. (Graines [pl. 54, fig. 25 grosseur naturelle et x 8] brun verdâtre, de grosseur et de forme très variables, suivant leur nombre dans la capsule, lequel varie sur différentes plantes entre 8 et 16, arrondies sur la face externe, anguleues sur la face interne où est ln cica: trice basale: cel'e-ci pâle et très apparente: surface de lu graine finement réticulée par des lignes brisées onduieuses brun foncé, qui partent de la cicatrice basale dans tous les sens; longueur moyenne, ;; de pouce.

Fleurit: En mai et tout l'été: graines mûres en juillet, Se multiplie: Par graines.

Se troure: De diverses formes, dont quelques-unes peuvent être des espèces distinctes, ainsi que l’indiquent les différences de port et le degré de pubescente. Dans tout le Canada. Croit en général dans sol riche humide.

Dommage: Ymportun duns les prairies parce qu'il fait déprécier les graines récoltées et occasionne des frais extra considérables pour nettoyer les graines des graminées et des trèfles. Dans les pelouses les rosettes plates de feuilles étouffent le gazon et en détruisent l'uniformité.

Remède : Ceux qui veulent recueillir la graine de leurs prairies, doivent préalablement nettoyer foncièrement le terrain par des cultures sarclées ou d’autres moyens spéciaux, et l'ensemencer de graines bien nettoyées. Pour débarrasser les pelouses des Plantains il faut enfoncer dans le sol un couteau tranchant en le faisant tourner autour du collet de chaque plante qu’on enlève ensuite. De cette manière on gâte beaucoup moins la pelouse qu'en arrachant toutes les racines,

PLANTAIN PÂLE CPale Plantain, Plantage Rugelii Dee). On trouve sousent mêlé au Grand Plantain ane plante plutôt plus grande, à fouilles lisses, plus dressées, d'un vert plus pale ou jaunätre, à pétioles pourprés à Ja base. Les épis sont plus longs et les fleurs moins serrées. Les capsules sont plus pointues, contenant de 4 à 9 graines, et s'ouvrant vers leur milieu. Graine» {pl. 54, fig. 26- grosseur naturelle et x 8] de même forme angulense que celles du Grand Plantain, mais environ deux fois plus grandes et presque uoires, à surf: + seulement un peu granuleuse, non pus marquée de lignes ni réticulée, Les graines sont une impureté très commune dans celles du mil (timothy) et de l'alsike.

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