‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 22 sur 116 · AUBE D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

AUBE D'AUTOMNE

Le cygne m'a g-uidé le long- du fleuve clair. Le chemin s'interrompt et le sentier se perd, Mais la colombe douce et l'agneau lent qui bÊle M'ont conduit pas à pas et me furent fidèles, Etjlorsque vint le soir, l'étoile s'est levée, Solitaire, au détour de la route trouvée, Et j'ai senti l'écho, à l'oreille, tout près, M'appelant d'arbre en arbre à travers la forêt Et que la source vive et la fraîche fontaine Me parlaient, que le saule gris et le blanc frêne Se penchaient pour me voir au-dessus de la haie.. Le doux vent m'apporta l'odeur des roseraies, Le parfum des jardins et le goût des fruits milrs. Et l'espalier en croix et la treille du mui* Me firent signe aussi de marcher vers l'aurore. Le ruisseau me riait de son courant sonore; La ronce s'écartait, l'herbe devenait lisse;

ÔO LES MÉDAILLES d'aRGILÊ

Le caillou dévalait sur la pente complice,

Et la grotte, entr'ouvrant sa gueule, me dit: Entre!

Nymphe! je t'ai trouvée, en l'ombre, au fond de l'antre,

Debout et nue; et le jour vint et nous sortîmes

Et, là -bas, par delà les berges et les cimes

Du fleuve radieux et de l'âpre forêt,

Mystérieusemeni à qui tu souriais,

Nous voyions se mêler, dans le ciel rose et mauve,

Les cyg-nes de l'aurore aux colombes de l'aube.

LES :.iLBAli.l.L^ DAnGlI.E

Page 1