‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 27 sur 116 · LA BARQUE · texte numérisé non relu

LA BARQUE

J'ai rempli jusqu'au bord, de la poupe à la proue, Des fleurs que tu cueillis en venant vers la rive, Ma barque, et le blanc lys et la rose pensive] Se reg-ardent fleurir dans l'onde, joue à joue.

Entre. Pose ton pied ; assieds-toi là, dénoue La sandale du cuir qui blesse ta chair vive Et, comme un souvenir de la terre furtive Écoute les graviers que ton talon secoue.

Amour ! tu t'es assis dans ma barque embaumée Qui, sur les lents remous où rôde l'eau charmée, Porte en elle, à la fois immobile et mouvante,

L'odeur du double Été qui nous isole en lui, Sans savoir si la rive où le fleuve serpente S'étire pour l'aurore ou s'étend pour la nuit.

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LEVEil DE LUNii

Tu m'as dit : Laisse cette arg-ile Où tu veux modeler pour moi Ma médaille exacte et frag-ile.

Tu voudrais y faire à la fois Sourire mes yeux et ma bouche Tels qu'ils sout et que tu les vois.

Laisse cette terre, n'y touche Plus, et que friable demain Elle s'effrite sous ton pouce.

L'argile, le marbre et l'airain.

Pas plus que l'eau souple et mouvante.

Ne seraient mon visage vain,

LES MÉRAII-LES d'aRGILE Cq

Vaine est rébaiiclic que tu tentes,

Car ma fugitive beauté

N'est vraiment belle que vivante.

Elle ne veut d'éternité

Que l'instant qui passe et l'emporte

Sur l'aile de la Volupté,

Et je la croirais déjà morte Si je la voyais revivant Dans celte terre qui la porte

Lorsque, les pieds nus et devant Toi qui me suis sur l'herbe fraîche.

Je marche debout dans le vent.

Le soir vient. Viens avec moi, laisse Tout cela qui n'est pas ma chair.

Le temps fuit et la vie est brève.

Le jour est encore assez clair

Pour aller jusqu'au bout des chaumes

D'où l'on voit monter de la mer

La lune ronde, molle et jaune.

70 LES MEDAILLES D AUGILE

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