‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 28 sur 116 · L'AVEUGLE · texte numérisé non relu

L'AVEUGLE

La Tristesse a pesé long-temps sur tes paupières Du baiser de sa lèvre grave et du poids las De sa bouche, et tes yeux qui ne souriaient pas Restaient clos dans la nuit de ta face de pierre ;

Et tu marchais ainsi aveug-le à l'aube claire Dans l'écho où de toi semblaient s'enfuir tes pas, Et dans ton âme sombre où tu errais, là-bas, Les arbres se mouraient de l'étreinte du lierre;

Et, dans l'or doux des jours et l'arg-ent des matins.

Tu ne voyais, hélas! sous tes pas incertains

Ni les fleurs s'entr'ouvrir, ni voler les colombes,

Ni, dans le crépuscule ébloui de son sang- Oui saigne g-outte à goutte où le pétale tombe. Une rose divine en flamme dans le vent 1

LES MÉDAILLES d'aI\(jILB 7I

Page 1