‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 35 sur 116 · LE CAPTIF · texte numérisé non relu

LE CAPTIF

Moi que courbent le fouet et la rame servile, Captif, ma tête est blanche et je songe à la Ville Debout jadis et haute autrefois sur la mer. La lame bat toujours le rivag'e désert Où le sable marin reste mêlé de cendre; Mais l'eau du Simoïs et l'onde du Scamandre Ne désaltèrent plus ma bouche, et l'âpre vin Du maître, à l'outre bu en secret, fait en vain Chanter mon désespoir et rire ma tristesse, Lorsque je crois encore en sa menteuse ivresse Fouler le sol natal et toucher du talon La pierre de la route et l'herbe du vallon Et, quand à l'Occident l'or du soleil rougeoie, Voir s'empourprer au ciel le fantôme de Troie I

Page 1