‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 38 sur 116 · L'ACCUEIL · texte numérisé non relu

L'ACCUEIL

Lorsque ton beau pied nu foula, divine Hélène,

Le rivage marin de la terre trojenne

D'où nous tendions les bras à Paris de retour,

Un long cri de désir, de tendresse et d'amour

Monta dans l'air, du fond de nos rauques poitrines ;

Et chacun ressentit alors la peur divine

Et le grave frisson d'avoir vu la Beauté,

0 Joie ! Et savions-nous la sombre vérité :

Que le souffle léger de tes lèvres charmantes

Gonflerait sur les mers à leur proue ccumantes

La voile belliqueuse et pousserait vers nous

La colère des Rois outragés dans l'Epoux ;

Que le noir éperon des nefs mordrait le sable,

Où coulerait bientôt le sang intarissable;

Qae le clair tintement de l'or de tes colliers,

Hélène, précédait le choc des boucliers

Et que derrière toi grondait, hargneuse et fui te,

La Grèce dont le flot bat le mur et la porte De notre Ville en deuil autour de qui j'entends Tourner dans la poussière et hennir dans le vent L'attelage foug-ueux des étalons farouches Qui traînent par les pieds et le sang- à la bouche. Victime lamentable et sans sépulcre encor, Le cadavre saig-naut qui jadis fut Hector 1

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