PÉGASE
Reg-arde, haletant et farouche au soleil, Se dresser devant toi le beau groupe vermeil. L'étreinte des genoux presse le flanc fougueux ; Une brume d'or roux en fumée autour d'eux Confond superbement en sa splendeur poudreuse Le torse qui se cambre et le rein qui se creuse Et mêle en un seul bloc de force et de clarté Le Héros triomphant et Pégase dompté.
Vois-tu, terrestre encor, prêt à quitter le sol, Ce cabrement déjà qui va devenir vol, Car le divin cheval à son épaule éploie, Faites de pourpre en flamme où la gloire flamboie, Prodigieusement, deux ailes de lumière ? Les cordes d'une lyre aux crins de la crinière S'entremêlent. Debout toujours, toujours pareil, Le beau groupe toujours cabre dans le soleil. Immobiles tous deux, toujours, sans qu'aucun bouge,
pa LES MEDAILLES D ARGILE
L'éblouissement nu de leur beauté d'or rouge ; Et le soir est venu qu'ils étaient encor là ; Mais, avec le soleil disparu, leur éclat S'était éteint, laissant de leur splendeur vivante Un bloc inerte et noir de song-e et d'épouvante Qui semblait à jamais se tordre dans la nuit. Et quand, les bras tendus, je m'approchai de lui Jusqu'à toucher du doigt le flanc et la crinière, Je vis que le cheval et l'homme étaient de pieire.
LBS MÉDAILLES d'aBGILE ij3