‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 45 sur 116 · LE PIEGE · texte numérisé non relu

LE PIEGE

Tu hantes la montagne et tu fuis le vallon Où la source secrète encore et sans fontaine Humecte sourdement de son eau souterraine Le sol de glaise grasse et qui suinte aux talons.

Y craindrais-tu le taon, la guêpe ou le frelon Qui bourdonne au poitrail ou qui pique à la veine Que tu cherches le roc, la crête et la moraine Plus sèche et plus solide à ton pas d'étalon ?

0 Centaure goulu, pour t'attirer, ma ruse T'offre dans l'herbe fraîche une outre qui t'aLuse. Tu la flaires, la bois et pars en hennissant,

Mais déjà ton sabot a marqué dans l'argile Son empreinte où j'arrête, ô farouche Passant, Ton galop que j'y sculpte à jamais immobile.

MÉDAILLES MARIJSES

LA CONQUS

La Mer, quand elle est lasse, allonge indolemment

Jusques à l'horizon son corps glauque et mouvant;

La lune sur les eaux l'argenté et la fait nue,

Parfois; puis, au matin, l'aurore revenue

Vêt son repos fluide et son souple réveil

D'une robe de feu, de brume et de soleil

Que de grands midis d'or couvrent de pierreries,

A moins que quelque sombre et soudaine furie

La dresse haletante et debout et hurlant

Par les gueules du flot et les bouches du vent,

En sa colère au ciel dispersée en écumes...

Et, plus lasse d'avoir craché son amertume,

La voici qui s'endort sur la grève à tes pieds

Laissant traîner parmi le sable et les galets

Sa verte chevelure éparse d'algues longues ;

Ecarte-les et prends en tes mains cette conque

Toute irisée encor de marée et d'embrun

Et ruisselante et qui semble écouter quelqu'un,

Et tu croiras parler, en sa nacre tordue,

A l'oreille, tout bas, de la mer qui s'c.-l tue.

q8 les médailles d'argile

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