‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 47 sur 116 · L'ADIEU · texte numérisé non relu

L'ADIEU

Si la mer prend un jour mon corps en ses tempêtes Et ne l'apporte pas aux rives où vous êtes, Roulé dans son écume et ses alg'ues, c'est bien, Oubliez-moi, ou si peut-être on se souvient De celui qui partit jadis, à son aurore, Battant le flot docile à sa rame sonore, Qu'on se dise tout bas mon nom dans les veillées Où, sur l'escabeau fruste et les ancres rouillées, Assis à l'âtre, on parle à mi-voix des absents. Mais si, dans ma maison, morose et chargé d'ans, Le destin, satisfait de ma tâche remplie, Veut que lerrestrement je termine ma vie. Construisez, pour brûler, selon l'antique usag-e. Avant l'obscure escale et le sombre passag-e, Ma dépouille longtemps errante, un clair bûcher Fait d'épaves en haut de quelque haut rocher Et d'où toute la mer veiTa la flamme énorme! Et pour qu'au noir séjour tranquillement je dorme, Dans mon urne d'arg-ile ou mon urne d'airain. Mêlez ma cendre humaine à du sable marin.

100 LES MKDAILLES D AUGLE

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