‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 48 sur 116 · LE PASSAGER · texte numérisé non relu

LE PASSAGER

Laisse la porte ouverte à tous, qu'un autre tente De rallumer à l'âtre où le feu s'est éteint La broussaille épineuse et la pomme de pin ; Leur cendre fut jadis une flamme vivante.

Tu as passé le seuil que fuit ta vie errante; Ne te retourne pas vers le passé; ta main, De ta lampe penchée, éclairerait en vain L'obscur sommeil qui clôt sa face sans attente.

Les larmes de l'amour ont pleuré l'heure morte ; Emporte seulement sous ton manteau, emporte Le grand coq familier qui réveillait vos yeux;

Respire. L'air salin a gonflé ta poitrine I

Et son chant saluera demain sous d'autres cieux

La matinale mer et l'aurore marine.

LES MÉDAILLES D ARGILE lui

Page 1