LE DÉPART
Je n'emporte avec moi sur la mer sans retour
Qu'une rose cueillie à notre long- amour.
J'ai tout quitté ; mon pas laisse encor sur la grève
Empreinte au sable insoucieux sa trace brève
Et la mer en montant aura vite effacé
Ce vestige incertain qu'y laissa mon passé.
Partons ! que l'âpre vent en mes voiles tendues
Souffle et m'entraîne loin de la terre perdue
Là-bas. Qu'un autre pleure en fuite à l'borizon
La tuile rouge encore au toit de sa maison,
Là-bas, diminuée et déjà si lointaine !
Qu'il regrette le clos, le champ et la fontaine I
Moi je ferme la porte et je ne pleure pas.
Et puissent, si les dieux me mènent au trépas,
Les flots m'ensevelir Cn la tombe que creuse
LES MEDAILLES d'aUGILE Io3
Au voyag-eur la mer perfide et dangereuse ! Car je mourrai debout comme tu m'auras vu Sur la proue, au départ, heureux et gai, pourvu Que la rose à jamais de mon amour vivant Embaume la tempête et parfume le veut.
lOfy LES MÉDAILLES d'aRGILE