‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 50 sur 116 · LE DÉPART · texte numérisé non relu

LE DÉPART

Je n'emporte avec moi sur la mer sans retour

Qu'une rose cueillie à notre long- amour.

J'ai tout quitté ; mon pas laisse encor sur la grève

Empreinte au sable insoucieux sa trace brève

Et la mer en montant aura vite effacé

Ce vestige incertain qu'y laissa mon passé.

Partons ! que l'âpre vent en mes voiles tendues

Souffle et m'entraîne loin de la terre perdue

Là-bas. Qu'un autre pleure en fuite à l'borizon

La tuile rouge encore au toit de sa maison,

Là-bas, diminuée et déjà si lointaine !

Qu'il regrette le clos, le champ et la fontaine I

Moi je ferme la porte et je ne pleure pas.

Et puissent, si les dieux me mènent au trépas,

Les flots m'ensevelir Cn la tombe que creuse

LES MEDAILLES d'aUGILE Io3

Au voyag-eur la mer perfide et dangereuse ! Car je mourrai debout comme tu m'auras vu Sur la proue, au départ, heureux et gai, pourvu Que la rose à jamais de mon amour vivant Embaume la tempête et parfume le veut.

lOfy LES MÉDAILLES d'aRGILE

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