‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 49 sur 116 · LE VIEILLARD · texte numérisé non relu

LE VIEILLARD

J'ai fui les flots mouvants pour ne calme vallon. Il est fertile. Un bois y est tout l'horizon Et sa rumeur imite à l'oreille incertaine Le bruit aérien de quelque mer lointaine Qui m'apporte l'écho de mon passé marin, El, quand l'orme gémit et que tremble le pin, Je crois entendre encoren leur g-lauque murmure Se plaindre le cordage et craquer la mâture, Et l'oblique sillon que je trace en marchant Derrière ma charrue au travers de mon champ Me semble, dans la g'ièbe épaisse, grasse et brune, Quelque vague immobile, inerte et sans écume Qui se gonfle, s'allonge et ne déferle pas. Car, vieillard, j'ai quitté la mer et ses combats Pour la tâche tranquille où mon labeur s'applique. Et mon houleux matin s'achève en soir rustique. Et dans mea noirs filets tant de fois recousus J'ai fait une besace où je ne porte plus En 8ÛS mailles, mêlés à quelques feuilles sèches, Que les fruits qu'offre l'herbe à ma terrestre poche.

LES BIUDAILLES D ARGILE

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