‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 56 sur 116 · PHILOCTÈTE · texte numérisé non relu

PHILOCTÈTE

La Mer écume et gronde autour de l'âpre tîot

Que tourmente le vent et harcèle le flot.

Je n'entends pas la mer, mais je sais qu'elle est là ;

C'est elle dont la force en sa rumeur roula

Sur cette aride plage et jusques à tes pieds

Les durs galets polis sur lesquels tu t'assieds,

Philoctète ! et voici l'arc courbe et le carquois

Et 7a flèche plantée au sable devant toi,

La même qui perça ta chair et dont encor

Ta douleur éternelle en le bronze se tord,

Tandis qu'à ton talon verdi de son venin

Suinte entre tes doigts ta blessure d'airaia !

l l4 LES MÉDAILLES u'aUGILE

Page 1