LE BUCHER D HERCULE
S'éveille. Les Chevaux carnassiers semblent mordre
Une proie invisible et par lambeaux la tordre ;
Et la flamme, auprès d'eux, p'que de l'aig-uillon
Les vaches de Gacus, les bœufs de Géryon ;
Et le Taureau crétois qui meugle et les bouscule
De sa corne tordue entre les mains d'Hercule,
Et stupide, étourdi, s'arrête, et frémissant
Hérisse avec fureur son cuir incandeàcent
Pour chasser, de l'échiné aux naseaux qu'il harcèle,
Le vol vertig'ineux d'un essaim d'étincelles,
Et voici, des deux mains, pour en mieux arracher
La flèche qu'y fixa l'irrésistible Archer,
Nessus qui, cabré droit dans sa douleur hennie,
Presse son fourbe flanc d'où coule la sanie ;
Et, près de lui, la barde impétueuse dont
Les fleuves ont vu fuir, Pénée ou Thermodon,
Et la charge §:uerrière et le galop sonore,
Et qui, rude Amazone ou musculeux Centaure,
Croupe écumante, crins au vent, poitrail qui sue,
Cambrent leurs reins encor brisés par la massue.
Et tous, dans la rougeur qui décroît peu à peu, Renaissent tour à tour de la cendre du Dieu. Le bûcher qui s'éteint à jamais les libère ! Et l'horrible troupeau pour infester la terre, De dents, de crocs, de dards et de griffes armé,
LES MEDAILLES D AIlGtLE
Rampe, saute, bondit hors du cercle enflammé Et se hâte à son trou, son repaire ou son antre. Ecoule ! les voici qui viennent. Berger, rentre. Berger, n'entends-lu pas au fond de ce hallier Dansa bauge grogner le rauque sanglier ? Et vois! toujours légère et toujours vagabonde, La Biche aux cornes d'or que n'atteint pas la fronde Oui, de ses quatre pieds qui brûlent le terrain, Fait ilamber riierbc au feu de ses sabots d'airain I
HELENE DE SPARTE