‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 64 sur 116 · LA I>U1T DES DIEUX · texte numérisé non relu

LA I>U1T DES DIEUX

Et, maintenant, adieu, mon fils. Retourne. Oublie

A la lumière de l'amour et de la vie

Ce monde inférieur où tes jeux ont connu

Ce que les Dieux que tu cherchais sont devenus.

Va-t'en sans regarder denière toi. Va vivre;

Car moi qui t'ai conduit je ne peux plus te suivre

Là-haut. Ici mon heure infernale est sonnée

Et j'ai vécu la part de ma terrestre année;

Je redeviens une Ombre et je rentre parmi

Cette foule, Etrangère et Captive à demi,

Car le printemps m'appelle à la terre et l'automne

Du Tartare profond ramène Perséphono;

IMais toi que rien n'arrête en la funeste nuit

Va-t'en. Tu reverras l'aurore d'aujourd'hui

Et, du seuil retrouve de la clarté vivante,

Tes yeux se rouvriront de leur sombre épouvante

Loin de l'Ile cruelle et des farouches lieux

Où rôdent à jamais les fantômes des Dieux.

Pars; mais en repassant la pierre de ta porte Secoue avant d'entrer le sable que rapporte A sa semelle humide encor du noir chemin Ta sandale trempée au fleuve souterrain.

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