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LES FEUILLES

L'ombre qui se relire ou s'allonge, selot

L'heure du jour qui croît ou du jour qui décline,

Marque le cours du temps et la saison divine

Où l'aube est toujours claire et le soir toujours long.

Jusques en l'herbe g-rasse où luit nu ton talon

Et nu le double fruit que ta gorge dessine,

Aucune branche lourde à ta bouche n'Incline

Son fruit de pourpre douce et son fruit d'ambre blond

Car l'arbre haut, nourri des racines au faîte Par la terre féconde où rôde l'eau secrète, Pousse en stérile jet son tronc âpre et vivant;

Mais dans le tremblement des feuilles incertaines, Entends sourdre, courir et ruisseler au vent Le bruit aérien des sources souterraines.

l'aubre de la route 1^7

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