‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 67 sur 116 · LE LIVRE · texte numérisé non relu

LE LIVRE

Prends le livre. Assieds-toi dans l'herbe où ton fuseau Ég-alement charg-é de laine blanche et noire Enroule à son ébène et lie à son ivoire Son double fil oisif que ne rompt nul ciseau.

L'herbe frôle en tremblant tes mains ; le ciel est beau Et la verte prairie autour de toi se moire. Vois, regarde passer aux marg-es du grimoire Ou l'ombre d'une feuille ou l'aile d'un oiseau.

D'un vent tendre et lég-er aux heures de la Vie Le Printemps tournera la page qu'il oublie ; Voici l'Été. Souris. Ecoute. Lis encor...

Le doux soleil tiédit le livre qu'il caresse

Pour que l'année heureuse, à l'automne, te laisse

Le fermer au signet de quelque feuille d'or.

Page 1