‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 68 sur 116 · L'AMOUR · texte numérisé non relu

L'AMOUR

J'ai vu, ce soir, l'Amour. Et le fouet â la main, Debout, il châtiait, farouche et flag-ellé, Pris au mors, le cheval pour les Muses ailé Qui frappait l'herbe en fleurs de son sabot divin

Le monstre hennissait et se cabrait en vain, Tout rose d'une écume où du sang- fut mêlé; Et la nuit était bleue et le ciel étoile. Et l'Amour torturait la bête au noble crin.

Je lui criai : Va-t'en, Pégase! prends ton vol, Bondis et rue et romps l'entrave et le licol; L'Enfant ne suivra pas ton essor. IMonte et fuis !

Mais l'Amour, souriant toujours, de ses mains fraîches, Me montra, qui saignaient encore de ses flèches. Les doubles ailes d'ombre ouvertes dans la Nuit.

l'arbre de la nOUTE i59

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