‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 82 sur 116 · ADIEUX · texte numérisé non relu

ADIEUX

Il est de doux ad'eux au se lil des portes,

Lèvres à lèvres pour une heure

Ou pour un jour;

Le vent emporte

Le bruit des pas qui s'éloignent de la demeure,

Le vent rapporte

Le bruit des pas du bon retour ;

Les voici qui montent les marches

De l'escalier de pierre blanche ;

Les voici qui s'approchent. Tu marches

Le long du corridor où frôle

Au mur de chaux le coude de ta manche

Ou ton épaule ;

Et tu t'arrêtes, je te sens

Derrière la porte fermée;

Ton cœur bat vite et tu respires

Et je t'entends,

A TRAVKnS L AN

Et j'ouvre vite à ton sourire

La porte prompte, ô bien-aimée !

Il est de longs adieux au bord des mers

Par de lourds soirs où l'on étouffe ;

Les phares tournent déjà dans le crépuscule;

Les feux sont clairs.

On souffre...

La vague vient, déferle, écume et se recule

Et bat la coque de bois et de fer ;

Et les mains sont lentes dans l'ombre

A se quitter et se reprennent.

Le reflet rouge des lanternes

Farde un présage en sang aux faces inceitaioes

De ceux qui se disent adieu aux quais des mers

Comme à la croix de carrefours,

(jomme au tournant des routes qui fuient

Sous le soleil ou sous la pluie,

Comme à l'angle des murs où l'on s'appuie,

Ivre de tristesse ou d'amour,

En regardant ses mains pour longtemps désunies

Ou pour toujours, . .

Il est d'autres adieux encor

Que l'on échange à voix plus basse

Où, face à face,

ig8 LES MÉDAILLES d'aRCILE

Anxieusement, Vie et Mort,

Vous vous baisez, debout dans rombre,bouche abouche,

Comme pour mieux sceller encor

Dans le temps et l'éternité

Lèvre à lè\Te et de souffle à souffle

Votre double fraternité.

A TRAVERS L AN I f)f)

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