L'ECHANGE
J'ai senti vivre en moi la terre maternelle Et naître son printemps et croître son été, Et mon automne à moi et son automne à elle L'une à l'autre s'unir en leur maturité.
Son sang- mystérieux à ma sève se mêle Et c'est un même fruit que nos ceps ont porté; Sa grappe chaque année à ma grappe est jumelle Et je me sens fécond de sa fécondité.
Son pampre, ses épis, son lierre et ses roses Couronnent ma Pensée et son air pur m'apporte L'odeur de ses moissons et de ses fleurs écloses,
0 Terre, tes parfums vibrent dans ma voix forte, Mais mon souffle à son tour module en tes roseaux Les frissons de ta brise et le bruit de tes eaux.
LES Mti>'::i,I.ES D ARGILE
REVEiL
Si le pavag-e est rouge et si le mur est blanc, Si les rideaux du lit sont peint'-^ de fleurs naïves El si la vaste chambre où, le soir, tu arrives Te donne un bon sommeil qu'îuhève un réveil lent.
Sois heurenx. L'aube est claire. Une treille suspend Le long- de la croisée une grappe massive Dont se gonfle par grains la pourpre qni s'avive Sur le carreau veiné par un pampre rampant.
Lève-toi, les pieds nus, pour ouvrir In fenêtre ; L'odeur du foin qu'on coupe et du trèfle pénètre Avec l'aurore gaie et le vent du matin;
Écoute ; un arrosoir, là-bas, heurte une bêche,
Et plus loin, par delà la haie et le jardin,
Le doux bruit d'une faulx siffle dans l'herbe fraîche.
A '.T. WEnS L AN