‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 88 sur 116 · LE ROUTIER · texte numérisé non relu

LE ROUTIER

Face brusque et joyeuse et qu'un sang âpre farde, Debout, en son pourpoint tailladé de satin, Il se carre à mi-corps et son geste hautain S'appuie à son épée et pèse sur la garde.

Par la pique, l'épieu, la torche et la bombarde, Du levant au couchant, de l'Alpe à l'Apennin, Il ravagea, pillant les caves et le grain, La marche niilanaise et la plaine lombarde.

Le juron à la bouche et la colère aux yeux, La guerre qu'il aima le fit aussi joyeux Au soir de Marignan qu'au matin de Pavie,

Et sa rouge narine ouverte semble encor Flairer, au fond du temps d'où lui revient sa vie, L'odeur de la bataille et de sa propre mort.

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LE IMIGNOI^

II est debout, épée au flanc et fleur aux doig-ts ; Les chausses do satin étroites au plus juste Moulent la jambe fine et la cuisse robuste A la mode du siècle et des seconds Valois.

Joyeux des crocs d'Amboise et des g-ibets de Blois, Nourrisson de Pétrone et client de Locuste ! Le court manteau plissé accroît l'ampleur du buste Et la cuirasse aig-uë est en cosse de pois.

Une fraise à g-odrons l'engonce. Il vous reg-arde D'un œil fourbe, et sa bouche amoureuse , que farde Un ong-uent, va sourire ou mordre ou minauder.

Et deux perles de lait, l'une à l'autre pareille, Semblent, tirant le lobe et prêtes à tomber, Une g-outte d'amour qui pend à chaque oreille.

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