‹ Les médailles d'argilé; poèmesChapitre 89 sur 116 · PORTRAIT DOUBLE · texte numérisé non relu

PORTRAIT DOUBLE

L'époque fut païenne, idolâtre et lascive En ce siècle impudique où naquit sa beauté, Et son torse divin sur lui n'a pas porté Le corsage hypocrite où la gorge est captive.

Le peintre, par deux fois, d'un pinceau qui s'avive Au ton de l'incarnat d'un modèle vanté, Sur la toile a repeint ce beau corps et tenté Qu'en un double portrait sa grâce se survive.

Dans l'un elle est assise et caresse son sein Dont le ferme contour a l'antique dessin De la coupe où ses doigts effeuillent une rose ;

Mais dans l'autre, plus belle, elle m'est apparue, Statue entière où frise un angle d'ombro fauve , Car elle y est debout et rit d'y être nue

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