‹ Les médaillés du SalonChapitre 24 sur 33 · MENTION HONORABLE ET BOURSE DE VOYAGE · texte numérisé non relu

MENTION HONORABLE ET BOURSE DE VOYAGE

BOURDE (Elisée)

Élève de MM. CABANEL et CAROLUS DURAN

Le principal reproche que nous ferons à M. Bourde, c’est d’avoir donné des proportions trop épiques à la scène qu’il met sous nos yeux. Il nous semble que M. Dagnan-Bouveret, un maître dans l’art de peindre les mœurs villageoises, eût renfermé dans un cadre plus modeste les ardentes discussions de messieurs les conseillers municipaux de Saint-Benoit de l’Ain. Nous nous représentons difficilement la dimension de la toile dont se servirait M. Bourde s’il lui prenait un jour fantaisie de nous faire assister au conseil des Dix, à un concile œcuménique ou même de peindre une réunion orageuse de nos édiles parisiens, dont les figures empourprées par la fièvre autonomique méritent tout autant

que celles de leurs collègues de Saint-Benoit de passer à la postérité.

Nous sommes convaincu, d’ailleurs, que la composition si mouvementée, si remplie de spirituelles qualités d’observation de M. Bourde, n’eût rien perdu à la vivacité de son expression, et que même elle eût gagné en facture, si le peintre s’était résigné à l’exécuter dans les dimensions qui conviennent à un sujet anecdotique. Son dessin, son modelé, quelquefois un peu trop lâchés, eussent acquis plus de précision et de fermeté.

En résumé, la toile de M. Bourde, malgré son aspect un peu panoramique, dû à une erreur de conception, se recommande à l’attention du critique par de réelles qualités d’observation, de composition, de couleur et de vie, et nous espérons bien que son fructueux voyage de boursier achevé, ce jeune artiste nous procurera le plaisir d’admirer au Salon de 1887, mais cette fois sans réserve, une nouvelle œuvre de lui.

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