RÉUNION
1)K VENISE Al' ROYAUME D ITALIE
30 mars 1806.
Quand la navigation perfectionnée eut ouvert au commerce de l’Europe, avec l’Asie. les roules du Cap de Bonne-Espérance, Venise, reléguée au fond du Colle Adriatique, vil promptemenl se tarir les canaux qui avaient jusqu’alors porté dans ses murs les trésors de l’Orient. En perdant sa richesse, cette République perdit sa considération cl sa puissance et ne dut sa conservation qu’au s yslènie d’équilibre établi et maintenu par les principaux Élats de l’Europe. Mais les circonstances avaient rompu cet équilibre don! la destruction devait entraîner celle de Venise. La maison d’Autriche qui avait, depuis longtemps, le désir d’étendre, par la conquête de celle République, sa domination sur l’Adriatique et d’ouvrir par là le commerce de la Méditerranée à ses provinces, se lit céder les États Vénitiens par le traité de Campo- Formio, en échange du Milanais, et cette partie de l’Italie lut. en quelque sorte, séparée de l’Italie.
Les événements <le la guerre ne tardèrent pas à l’y réunir el celle réunion est un des fruits de la victoire d’Austerlitz el de la paix dont le vainqueur dicta les conditions dans Presbourg. Ainsi, Venise lui de nouveau el pour toujours rendue à l'Italie.
C'esl ce qu’exprime la légende VENETIA • ITALIAE • REDD1TA, qu’on lil autour du type qui est le lion ailé, ancien symbole de la République de Venise. L’exergue porte la date du Décret qui prononce cette réunion.
KC LA lit CI SSE MENT
En exécution du traité de Presbourg, signé le 27 décembre 1805, la Vénétie fut enlevée à l'Autriche cl annexée au Royaume d’Italie. La prise de possession de Venise, exécutée par le général Marmont en janvier 180(5, fut suivie du décret impérial d'annexion, le 30 marssuivant.
Le 20 janvier 1810, la Commission des Inscriptions et Médailles met au nombre des sujets de V Histoire métallique : « Venise réunie au Royaume d’Italie ».
Le 2 février, Visconti propose pour type : « Le Lion du l'irée qu’on voit à l’arsenal de Venise ; légende : Venelia Iialiæ reddila. » Monge/, propose : « Le lion de saint Marc: au-dessus, la Couronne de fer. Légende : Begnum Italicum et Venelia uno imperio conjancli.
Le 9 février, la Commission arrête : « Le type représentera le lion, symbole de Venise, liguré avec des ailes, mais sous la forme et dans la position du lion du Pirée qui est à l’entrée de l’arsenal de Venise. Au-dessus el dans le champ, la Couronne de fer, symbole du royaume actuel d’Italie. La légende sera : Venelia Iialiæ reddila. A l'exergue, la date du décret impérial, SU mars ISUli'. » La réunion de Venise au royaume d'Italie donna lieu h un second projet de médaille qui ne fut pas adopté, mais dont les procès-verbaux de la Commission font mention. Ce projet, introduit le 1 1 octobre 181 1, vise particulièrement le titre de Prince de Venise qui fut donné au prince Eugène, vice-roi d Italie (voyez ci-dessus, pp. 20!l et 220).
Le 18 octobre 181 1, Mongez propose pour type : « L’Empereur en costume civil tendant la main à la ville de Venise personnifiée, coifTée de tours, ayant à ses côtés le lion de saint Marc. La légende serait : Bestilulori Venetiarum. L’exergue : Eugenius Princeps Vendis datus. 1807. »
Petit- Radel propose : « La République de Venise debout, présentant au prince Eugène un livre ouvert et une épée ; elle aurait pour attribut le lion couché à ses pieds. Le prince Eugène porterait sur la tète la loque garnie du nombre de plumes affecté aux Princes du sang. La légende serait : Venetiarum Princeps Eugenius Xeapolio : exergue : ex decrelo. »
Le 8 novembre 1811, la Commission retire ce sujet, comme trop peu important.
1. On sait que les fameux lions de marbre qui décorent l’entrée de l'Arsenal de Venise sont antiques et ont été rapportés de Grèce au dix-huitième siècle. L’un de ces lions se trouvait primitivement sur la route qui conduisait d'Athènes li Eleusis et l'autre fut enlevé au Pirée, en 1687 (C.ii. Ybiarte, Venise, p. ô4). Une médaille gravée par Brenel, sous la direction de Denon.a été frappée à la Monnaie de Paris pour commémorer la réunion de Venise au Royaume d'Italie. Trésor de numismatique. Empire français, pl. X, n°.7.
Amnviirt(rq£j:e::e^r.:ziie:'.ezr£o>t£ï'.c^'.rs:eiiciic:'rræ:t:eiiatL