DESTRUCTION DE LA COLONNE DE ROSBACH
18 octobre 1806.
Il était dans la destinée de l’Empereur Napoléon d’éclipser l’éclat des victoires des plus célèbres guerriers et d'effacer, dans tous les pays contre lesquels la France a combattu, jusqu’à la trace des revers que les chances variables de la guerre ont quelquefois fait éprouver à ses armes.
Ainsi, la victoire cl’ Iéna devait faire disparaître le souvenir de la défaite de Rosbach.
A la voix du vainqueur, la colonne élevée avec tant de faste dans les plaines de Rosbach, et que le grand Frédéric avait cru devoir être un monu ment éternel de ses succès, a été renversée. Les débris de cet orgueilleux trophée ont été dispersés, comme les armées Prussiennes qui devaient le défendre.
Le monument détruit est le sujet et le type de celle médaille ; la colonne y paraît abattue et son piédestal brisé : la Victoire française est assise sur ses débris.
Ün lil au-dessus : « Trophées de Frédéric renversés », TROPAEA • FRI- DERICI ■ DISIEGTA, et à l’exergue, ce seul mot, AD • ROSBAGHIVM . ANN • ! 1806].
ÊCLA IRCISSEMENT
La défaite du maréchal de Soubise par le roi de Prusse Frédéric le Grand, à Rosbach, village de la Saxe prussienne, eul lieu le 5 novembre 1757. Napoléon traversa le champ de bataille de Rosbach et en fit détruire la colonne commémorative, le 18 octobre 1806, quatre jours après sa victoire d'Iéna.
La Commission des Inscriptions et Médailles, dans sa séance du 1er niai 1810, décida de commémorer cet événement par une médaille. Le 8 mai, Ameilhon propose pour type : « L'Hercule gaulois secouant une colonne plantée dans un champ. La légende serait : Sceleris forluna monumentum dirutum. L'exergue : E campis Rosbaci sublaluni Parision. »
Mongez propose pour type : « La colonne de Rosbach à demi abattue. L'Empereur à cheval, d'un geste, en commanderait le transport. La légende serait : Pristinæ cladis calamilas resarcila; l’exergue : Tropaeum ad Rosbach viclrici manu dirulum. »
Visconti propose : « Une Victoire abattant à coups de hache la colonne de Rosbach. La légende serait : Tropæa Frederici disjecla. L’exergue : Ad Rosbachium, oct. 1806. »
Quatremère de Quincy propose pour type : « Un piédestal dépouille de sa colonne qui serait à terre. Sur le piédestal on lirait : Rosbach. La légende serait: Columnâ ablatâ. L’exergue : Gallorum honos uindicalus. »
Le 15 mai 1810, la Commission arrête : « Le type représentera la colonne couchée «à terre au bas de son piédestal cassé en plus d’un endroit, et sur lequel sera assise une Victoire. La légende sera : Tropæa Frederici disjecla. L'exergue : Ad Rosbaschium '. »
1. Une médaille a été gravée en mémoire du même événement. Trésor de numismalii/ue. Empire français, pl. XIV, n" 10.