‹ Les médailles historiques du règne de Napoléon le GrandChapitre 117 sur 197 · AUX UNIVERSITÉS D'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

AUX UNIVERSITÉS D'ALLEMAGNE

4 novembre 1806.

Le canon qui annonçait Ja victoire d’Iéna et l’invasion d’une grande partie des États Prussiens avait jeté l’alarme dans toutes les Universités des pays conquis. Les savants distingués qui honorent ces nombreux établissements devaient d’autant plus redouter l’approche des armées victorieuses, que l’histoire leur avait appris combien peu de conquérants ont su, au milieu du bruit des armes, écouter la voix des Muses, et tendre à leurs élèves une main protectrice; qu’ Alexandre et Démétrius Poliorcète, seuls entre tant de guerriers célèbres, ont obtenu cette double immortalité que décerne le génie de la Victoire réuni à celui des Sciences.

Mais toutes les grandes pensées s’associent dans le cœur des grands hommes. Le premier soin de Napoléon, après la victoire, lut d’assurer aux Universités d’Allemagne la tranquillité et les fonds nécessaires à la continuation de leurs travaux.

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La médaille qui doit transmettre à la postérité ce noble sentiment et cet acte de munificence, représente l’Étude personnifiée, sous la figure d’une femme entourée des symboles des sciences et des arts ; elle est assise dans l’attitude et avec l’expression de l’abattement. Devant elle, on voit l’Empereur debout en costume héroïque et lui tendant la main droite en signe de protection.

La légende contient les mots de Démétrius faisant le siège de Rhodes : NON • BELL A • CVM • ARTIBVS, « Je ne fais point la guerre aux arts » ; celle de 1 exergue, ACADEMIIS • GERMANIAE * SERVATIS • 1806, exprime le fait : « Conservation des Universités d’Allemagne ».

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Napoléon se trouvant à Berlin reçut, le 4 novembre 1806, à la suite d’une grande revue de son armée, les députés de l’Université de Leipzig, venus pour lui demander sa protection. L’Empereur s empressa de déférer à leurs vœux et de garantir l'indépendance et la liberté des études dans les Universités allemandes; il leur accorda même de larges subventions. Tel est l’épisode que. le 26 juin 1810, la Commission des Inscriptions et Médailles décida de faire figurer dans l 'Histoire métallique.

Le 3 juillet. Mongez propose pour type : « Hercule jeune, couvert de la peau du lion de Némée, tenant d'une main sa massue appuyée sur terre et de l’autre, les pommes des Hespérides. A ses côtés seraient assises trois Muses, la plume sur le front, l'une jouant de la lyre, l'autre tenant le globe celeste avec le radius, et la troisième lisant dans un volume. La légende serait : Hercules Musarum ; l’exergue : .V eapolione ri clore Universilal. Hanovriae , Silesiae el Borussiae palrocinanle. »

Quatremère de Quincv propose : « Deux figures de femme représentant les Sciences et les Arts, l'une deboirt, voilée, l'autre assise dans l'expression de l’abattement et telle qu'on en voit une au n“ 17 du t. II des Peintures d'Herculanum, sur un siège allongé. Derrière elle, des attributs de science el d art. Devant elle, l’Empereur debout en costume héroïque, la lance dans la main gauche et étendant la main droite en signe d'alTection et de protection. La légende serait : Son bella cuni arlibus, tirée de Pline [bella esse cum Ithodiis non cum arlibus). L'exergue : Musis Gertnanis præsidium. »

Le 10 juillet 1810, Visconti propose : « Le type représenterait un autel surmonté de l'aigle serrant la foudre. Cet autel serait élevé sur des marches, et sur une de celles-ci serait assise la figure d'une Muse, dans une attitude d'abattement et telle que la figure, déjà désignée, des Peintures d’Herculanum. Elle tiendrait, d’une main, un rouleau, de l’autre, une branche d’olivier ornée de bandelettes, symbole des suppliants. La légende sérail : Bonarum arlium lulela; à l’exergue, la date du décret. »

La Commission arrête le type dessiné par Lemot, avec la légende : Son bella cum arlibus , et l’exergue : Academiis Germaniæ serra lis. Ex dccrelo. Ann. ISOO.

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