PASSAGE 1)E LA VI STELE
15 novembre 1806.
La Russie n’avait su ni prévoir ni calculer la rapidité des mouvements de l’armée française. Elle n'avait pu secourir à temps la Prusse; cl lorsque ses troupes se mirent en marche, l’armée Prussienne n’était déjà plus; car il serait difficile de donner le nom d’armée au Corps qui accompagna Frédéric dans sa fuite.
Cependant, le Cabinet de Pétersbourg, séduit par l’Angleterre cl par son orgueil, crut pouvoir braver seul la puissance du vainqueur d’Iéna. Napoléon saisit avec empressement celle nouvelle occasion d’apprendre à la Russie à mesurer ses prétentions sur ses forces; et voyant que la guerre était inévitable, au lieu d’attendre que l’ennemi vînt l'attaquer, il résolut de marcher audevanL de lui. Le projet, de passer la Yistule fui presque aussitôt exécuté que conçu, et ce fleuve, qui avait été en Germanie le terme des conquêtes de Charlemagne, devint pour Napoléon le point de dépari pour de plus grands succès.
Ce rapprochement entre deux héros a inspiré le motif de la médaille. On y voit Napoléon debout, un pied appuyé sur l’urne de la Vistule, entouré des ailles de ses lésions et plantant sur le sol conquis le labarum surmonté de l’aigle.
La légende exprime le rapprochement dont on a parlé: QVO'NON CAROLVS'MAGNVS ; et celle de l’exergue, en expliquant le type, AQVILIS VLTRA • VISTVLAE • CONSTITVTIS, annonce que les aigles françaises ont été plantées au delà de la Vistule.
ÉCLA IRC ISSEMEN T
Le 10 juin 1810, la Commission dos Inscriptions et Médailles met au nombre des sujets de Y Histoire métallique de Napoléon : <> L'armée française sur la Yislule ».
Le 26 juin, Mongez propose: « L'Empereur en costume militaire, debout, foulant aux pieds la Vistule avec son nom écrit sur son urne. La légende serait: Quo non lelendil Carolus Magnus ; l’exergue: Signa gallica ad Vistulam conslituta. 15 nov. 180(>. »
Vmeilhon propose pour type : « D'une part des soldats français plantant sur le bord de la Yislule les aigles impériales et de l'autre, le Fleuve elfrayé laissant rouler son urne. La légende serait : Aquilis gallicis ; l'exergue, Vislula primitus païens. »
Le 3 juillet 1810. la Commission arrête : «Le type représentera l’Empereur Napoléon, le pied sur l'urne de la Vistule, environné de six aigles légionnaires plantées en terre et faisant cercle autour de lui et tenant, de même, enfoncé dans le terrain, le labarum surmonté de l'aigle.
« La légende sera : Quo non Carolus Magnus Plus loin que Charlemagne /); l’exergue : Aquilis ultra Vistulam conslilulis ‘. »
1. En cul-de-lampe, la médaille gravée par Brenct et frappée sous la direction de Denon, à la Monnaie de Paris, en l'honneur «lu passage de la Vistule par l'armée française. Trésor de numism. Empire français. pl. XIX, n» 1.