‹ Les médailles historiques du règne de Napoléon le GrandChapitre 145 sur 197 · A LA COUR DE PERSE · texte numérisé non relu

A LA COUR DE PERSE

Septembre à décembre 1807.

Les relations d’amitié que la Perse avait commencé à contracter avec la Cour de France, en lui envoyant un ambassadeur, qui fut reçu par Sa Majesté l’Empereur au quartier général de Finkenstein, devaient être consolidées par des engagements réciproques utiles aux deux Puissances. Les deux Cours avaient besoin, pour entretenir ces relations, d’avoir l’une auprès de l’autre des Ministres accrédités. Le Monarque Persan n’avait pas attendu le retour de son envoyé extraordinaire pour nommer un ambassadeur chargé de le représenter en France. L’Empereur, de son côté, en nomma un qui devait résider à la Cour de Perse, où l’on n’avait point vu de ministre français depuis

près d’un siècle. L’ambassade française se rendit à Constantinople, d’où elle se mit en roule pour sa destination, au mois de septembre 1807, accompagnée de l’envoyé extraordinaire du Roi de Perse qui retournait auprès de son souverain. Elle rencontra dans l’Asie Mineure le nouvel ambassadeur Persan qui s’avançait vers Constantinople.

La médaille qui doit conserver le souvenir de la mission diplomatique dont il s'agit, représente un aigle volant à tire-d’aile. Le messager du plus puissant des dieux lient dans ses serres le caducée de Mercure; il dirige son vol vers un Soleil radieux, emblème des contrées orientales, qui paraît se lever derrière un lion. La ligure du roi des animaux, réunie à celle du Soleil, est le symbole de la monarchie persane. L’envoi d’un ambassadeur français en Perse est exprimée par la légende : ORATOR * IN • ORIENTEM * AD • PERSAS • MISSVS. L’exergue offre l’époque où celle ambassade eut lieu.

ÉCLA IBCISSEMENT

Au mois de septembre 1807, le général Gardanne fut nomme par Napoléon, ambassadeur en Perse. 11 se mit en route sans tarder. Une correspondance officielle de Constantinople, insérée au Moniteur du 1er mars 1808, annonce que le général Gardanne était arrivé le 8 novembre précédent à Koi, première ville des États de Perse, et qu’il y fut l’objet des prévenances du prince Abbas Mirza, fils aîné du schah. D’après une autre dépêche, insérée le 10 mars 1808 et datée de Téhéran le 24 décembre 1807, le général Gardanne était arrivé dans la capitale de l’Empire persan dès le 4 décembre. Il fut reçu parle schah Feth-Ali-schah, « avec une pompe et un cérémonial qui n’avaient jamais été observés pour aucun ambassadeur européen ». C’était la contre-partie de la réception par Napoléon de l’ambassadeur persan au camp de Finkenstein, le 27 avril 1807 (voyez ci-dessus, la médaille CXXXVT). Dans ces relations diplomatiques nouées avec tant d’empressement avec le schah de Perse, Napoléon voyait toujours la suite de sa campagne d’Egypte et caressait l’idée de reprendre sa lutte contre l’Angleterre en Orient et jusque dans l’Inde.

Le 8 novembre 1811, la Commission des Inscriptions et Médailles met au nombre des sujets de F Histoire métallique , » l’envoi d'un ambassadeur français en Perse ».

Le 22, Mongez propose pour type : « Un caducée ailé en sautoir, avec une branche d'olivier audessous d'un aigle, les ailes étendues. La légende serait : Orator missus ad Persas. L'exergue : Elapso post novissimum oratorem secuto. 1807. »

Le 29, la Commission arrête le sujet suivant : « Son type représentera un aigle volant, tenant dans ses serres le caducée de Mercure et se dirigeant vers une tête de Soleil radieux, symbole des contrées de l’Orient. La légende sera : Orator in Orienlem ad Persas missus. L’exergue: L'an 1807. » La composition de Lemot n’a pas traduit très heureusement, cette fois, la conception symbolique imaginée par la Commission.

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