DE QUATRE ABATTOIRS A PARIS
10 novembre 1807.
(Le dessin de celle médaille , exécuté par Lemot , est perdu. )
ÉCLA WCISSEMENT
Dès le 16 janvier 1802, le Préfet de police avait rendu une ordonnance pour supprimer un certain nombre d’ « échaudoirs, fondoirs et dépôts de cuirs en salaisons », dont les divers quartiers de Paris se trouvaient infectés, mais les bouchers continuèrent, comme ils l'avaient fait de temps immémorial, à égorger les bestiaux dans les tueries ou échaudoirs de leurs boutiques particulières. Depuis longtemps, on songeait à purger Paris de ces hideuses opérations de boucherie. Passant outre à toutes les objections et réclamations privées, Napoléon décida, par un décret du 10 novembre 1807, la construction de six grandes tueries générales, aux abords excentriques de Paris, et le 2 décembre 1808, le Ministre de l'Intérieur, Cretet, posait la première pierre de l’un de ces abattoirs généraux, proche la barrière Rochechouart ‘. On en construisit rapidement trois autres. Le 5 août 1811. Napoléon écrit au Ministre de l'Intérieur, le comte de Montalivet, pour presser les travaux : » L'abattoir de Montmartre n’a que 200 ouvriers. Sur le million que j’ai accordé, il n’y avait que 90.000 francs dépensés le 1" août-
s Mapoléon, l. V, Assistance, etc., p. 312 et. s
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L'aballoir du Roule n’a dépensé que 60.000 francs; même observation sur ceux de Grenelle, Villejuif et Ménilmontant. Enfin, sur ces cinq abattoirs on n’a dépensé que 300.000 francs, tandis que j ai fait un fonds de 2.600.000 francs. On tarde trop à se mettre en train pour les travaux, de manière que l’on fera cette année ce que l'on a fait l’année dernière : on travaillera dans l’arrière-saison et l’on ne fera que de mauvais ouvrage. Aux greniers d’abondance, on n'a dépensé que 130.000 francs sur 1.220.000 francs qui ont été accordés, et il n'y a que 170 ouvriers ; il faudrait les quadrupler. Quand est-ce que le Panthéon sera enfin terminé? On n'a dépensé au palais de la Bourse que 530.000 francs. Il n'y a pas suffisamment d'ouvriers; il paraît que l’on n’épuisera pas le crédit de cette année... »
On ne saurait nier que la construction des Abattoirs ne fut un grand bienfait public. C’est pourquoi. le 18 septembre 1812, la Commission des Inscriptions et Médailles décida de lui faire place dans V Histoire métallique de l’Empereur.
Le 25 septembre. Mongez propose pour type : •• Une colonne ornée de bucranes et de guirlandes. Pour légende; Boariis el pecuariis innocui recessus. Pour exergue : Lanieme quatuor Parisiis exl ruche, 1808 ■ »
Petit-Radel propose ; « Une ligne d'arcades; sur le devant, un cippe de fontaine orné d’un bucrane versant de l'eau dans un labrum ; aux deux côtés du cippe seraient attachés deux bœufs en regard et une hache poserait sur le cippe. La légende serait : Iterum perfecta Urbis salubrilas. L’exergue : Laniariis qualluor pomœria adsignalis. »
Quatremère de Quincy propose : « La vue d'un édifice è quatre arcades, soit avec une tête de bœuf sur chaque clef, soit avec une frise de bœufs accroupis, comme on en voit à Balbeck. »
Le 2 octobre 1812. Yisconli « propose un nouveau projet pour la médaille des abatloizs construits hors des murs. Le type représenterait la figure d’IIygie, caractérisée par son serpent. La légende serait Salus ; l’exergue. Macellis ab Urbis freqttenlia remolis. »
La discussion fermée, la médaille des quatre abattoirs est arrêtée ainsi qu’il suit : « Son type représentera la vue d’un édifice environné de pilastres carrés dont le haut se terminera par des ligures de bœufs accroupis, tels qu'on en voit à l'une des frises de Balbeck; une guirlande régnera d’un pilier à l’autre. La légende sera ; Salulirilali Urbis. L'exergue ; Lanienae ad pomœrium remolae. »
Le dessin de cette médaille a été exécuté par Lemot. Il devait figurer dans le tome IV de l'Histoire métallique, qui n’a pas été achevé et dont les éléments sont égarés ou perdus, ainsi que nous l'expliquons dans Y Introduction (p. lix). Le calque lui-même manque dans le Registre de l’Institut.
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