LA CONSTRUCTION DES MARCHÉS PUBLICS
16 ju in 1808.
(D'après un calque sommaire du dessin original de Lemot.)
ÉCLA I ne I SSE ME A T
Dès le début du régime Consulaire, des mesures administratives furent prises pour faire cesser des abus auxquels donnaient lieu, dans Paris, les ventes en gros et en détail effectuées dans les halles et marchés ou sur la voie publique. Après Austerlitz, le Conseil d'Élat s'en occupa dans des délibérations auxquelles l’Empereur prit une part effective. Il s'agissait en particulier de réglementer, sans trop froisser les détaillants et troubler les habitudes du public, les droits de pesage et de jaugeage, la vente des fruits arrivés par bateaux, le commerce de la marée et des autres marchandises, auquel la salubrité et la circulation publiques étaient intéressées. De là, plusieurs décrets rendus en 1800, le l(i mars 1807 et enfin le Décret de Bayonne, signé le IG juin 1808. Plus tard, en 1811, il fallut prendre encore des mesures complémentaires et décréter la création de nouveaux Marchés publics cl des Halles centrales.
Le 80 janvier 1811, fut promulgué un Décret impérial concernant l’établissement ou l'aménagement des marchés Saint-Martin, de la place Maubert ou des Carmes, Saint-Jean, Saint-Germain. .>11 sera établi un marché pour notre bonne ville de Paris, dans le jardin de l'ancienne abbaye Saint- Martin. Le marché actuel de la place Maubert sera transféré sur l'emplacement de l'ancien couvent
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des Carmes. Le marché Saint-Jean sera établi, partie sur l’emplacement actuel de ce marché, partie sur les terrains désignés au plan annexé au présent Décret. Le marché Saint-Germain sera établi sur les terrains tant de l'ancienne foire Saint-Germain que du marché actuel. Le marché Beauvau et celui des Patriarches, celui des Chevaux et celui de Sceaux, pour la vente des bœufs, sont concédés a notre bonne ville de Paris. »
Quelques jours après, le G février 1811, une. Ordonnance de police contenait les prescriptions suivantes :
a Kn exécution du Décret impérial du IG mars 1807, les marchands fripiers, les marchands de vieilles hardes, de vieux linges cl de chiffons, qui étaient sur le carreau des Innocents et à la Placeaux-Veaux, seront transférés sur le marché établi dans l'enclos du Temple. Cette translation aura lieu le 18 du présent mois de février. Il est défendu à tous marchands et colporteurs de crier leurs marchandises dans le marché ; les personnes qui occuperont des places sur le marché seront tenues de mettre au-devant de leurs étalages un écriteau portant leurs noms et demeures. »
Le même jour, Napoléon, visitant les chantiers de construction des Halles centrales, témoigna publiquement son mécontentement de voir les travaux si peu avancés. Un décret du 2-4 février 1811 les fit accélérer, en spécifiant qu'ils devraient être achevés à la fin de 1811. Les événements ne permirent pas de réaliser complètement le projet de l'Empereur '. Mais les autres Marchés furent aussi commencés sans délai; le 15 août 1811, le Ministre de l'Intérieur accompagné du Corps municipal pose la première pierre de la Halle aux Vins, devant le port Saint-Bernard ; il pose aussi le même jour la première pierre du Marché qui fut construit sur l'emplacement de l'abbaye de Saint-Martin-des- Champs.
Le vendredi !• octobre 1812, la Commission des Inscriptions et Médailles mel.au nombre des sujets de l 'Histoire métallique, <> la construction et l’amélioration des marchés publics ».
Le 16, Mongez propose pour type : « Un des nouveaux Marchés ; pour légende : Macellis omnibus teclis el porlicibus exoneralis. Pour exergue, Parisiis, ISOS. Ou bien, un sujet plus orné qui représenterait Flore , Pomone et Diane se donnant la main. <•
Silvcstre de Sacy propose pour type : « Une figure de Mercure appuyée sur un cippe, au pied duquel seraient représentées les mesures de capacité, de pesanteur et de longueur. La légende serait : Rerum venalium fora extruela. L'exergue : Urbis ornamenlo ou Rerum venalium foris exlruclis ; et à l'exergue : Urbi decus addilum , ou Urbs condecorala. »
Quatremère de Quincy propose : « Un édifice en portiques qui serait le fond de la médaille; sur le devant, une statue de Mercure Agoreus, caractérisée par les productions qui se vendent dans les marchés. Pour légende : Abundanliæ ou Commodilali Urbis. Pour exergue : Fora renovala. »
Le 28 octobre, Yisconli présente un nouveau sujet, également inspiré de l’antique :
« Le type représenterait la figure de la déesse Annona. Elle aurait à côté d'elle un modius rempli d'épis. Sa main droite appuyée sur un bateau, elle tiendrait une corne d'abondance dans sa main gauche et elle serait environnée de toutes sortes d'animaux et de denrées. En légende : Annona; exergue : Foris rerum venalium per Urbem conslilulis. »
Le 30 octobre 1812, la Commission arrête ainsi qu'il suit la médaille des Marchés ;
« Son type représentera les figures réunies de Mercure tenant une bourse en main, et la déesse Annona avec une corne d'abondance et des fruits à ses pieds. Ces deux figures seront imitées de l’une ou de l’autre des deux pierres gravées qui se trouvent dans le tome Ier du Muséum de La Chausse (pi. M el 48). La légende sera : Commodilali publicæ. L'exergue : Fora rerum venalium per Urbem refeclu... »
: Napoléon, I. V, Assistance, etc., p. 3ISI et su