PLANTATION DES PINS MARITIMES
12 juillet ISOS.
Depuis plusieurs siècles, les sables de l’Océan, portés par les vents, couvraient une partie des côtes maritimes de la France cl rendaient incultes des terres jadis fertiles ; ils avaient même enseveli plusieurs villages. Les Etats de Languedoc avaient cherché longtemps les moyens d'arrêter ces envahissements. L’ingénieur Brémontier crut que le meilleur et le moins dispendieux était d’opposer aux sables des plan talions nombreuses de pins maritimes, et il en fit, sur une portion des côtes de la Gascogne, un essai qui a été couronné par le succès. Celle barrière, si faible en apparence, a empêché de nouvelles invasions et conservé à la culture des terrains qui seraient bientôt devenus des déserts arides et sablonneux.
L’Empereur, accoutumé à envisager les objets d’utilité publique sous tous leurs rapports et dans toute leur étendue, a créé une Commission chargée de surveiller, d’encourager el d’étendre ces plantations, et bientôt par l’exécution des ordres bienfaisants de Sa Majesté, les côtes de l’Empire français que la mer menaçait de frapper de stérilité, seront mises à l’abri de ce fléau.
La médaille qui doit transmettre à la postérité le souvenir de celle importante mesure a pour type l’Océan, représenté comme dans quelques bas-reliefs que nous ont laissés les Anciens qu'il faut toujours prendre pour modèles, sous la figure d’un Fleuve à demi couché près d’un Pin maritime et ayant a ses côtés deux dauphins et, sur le front, deux serres de crabe qui sont à la fois un symbole de la mer cl des môles ou jetées nécessaires pour former un bon port.
On lit autour du type, LITTORA • AQVITANORVM • PINIS ■ CONSITA « Plantation des Pins maritimes sur les côtes de l’ Aquitaine ». La légende de l’exergue, AD - ARCENDAS -ARENAS • 1808, indique que le but decelte plantation est d'arrêter l'invasion des sables.
ÉCLA I RC I SSE ME V T
Un arreté Consulaire du 13 Messidor an IX (2 juillet 1801) prescrivit des mesures diverses pour la plantation, dans les dunes de Gascogne, de forêts de pins destinées à arrêter l'envahissement des sables. En l’an X, une dépêche de Mont-de-Marsan, en date du 23 Nivôse, insérée au Moniteur, annonce qu'en commémoration de la paix de Lunéville, on décernera une médaille d'or de la valeur de 200 francs au citoyen du département <■ qui aura planté le plus grand nombre d'arbres pendant les années IX et X, et qui aura justifié, par un procès-verbal des maires et adjoints, que ces arbres ont réussi ». Tous ces essais ayant donné d'excellents résultats, Napoléon, se trouvant à Bayonne, rendit, le 12 juillet 1808, un décret dont le titre VI, intitulé: Plantation des dunes, institue dans le département des Landes une Commission spéciale, analogue à celle qui fonctionnait déjà à Bordeaux et avait été établie par le décret du 13 Messidor an IX. Pour donner l’exemple, le sieur Bourgeois, enseigne de vaisseau et pilote-major de la barre de Bayonne, reçoit gratuitement une concession de 30 hectares sur le territoire de Tarncs, « à charge par lui d’en faire le semis à ses frais dans le délai de deux années, suivant les procédés du sieur Brémonlier ».
Le 16 août 1808, la Commission des Inscriptions et Médailles met à son ordre du jour « la plantation des Pins maritimes sur les dunes ».
Le 23 août, Ameilhon propose pour type: « Hercule tenant une pomme de pin et s'avançant vers le rivage de la mer. A sa vue, les flots reculeraient, ce qui s’exprimerait en représentant les vagues dans un mouvement de reflux : légende : Litlorum conservatori. L’exergue : Flucluum edacitas aggeribus pineis repressa inter Aliri et Garumna ostia. »
Proposition de Mongez : » Neptune et Sylvain debout ; Neptune tenant le trident et appuyé du pied droit sur une pierre, Sylvain tenant un arbuste et une patère ; légende : DU concordes ; exergue : Oceani lit tara apud Aquilanos pinis consila ad coercendos maris impelus. Ann. -ISOS.
Ce fut seulement quatre ans plus lard, en 1812, que la Commission reprit l'étude de cette médaille. Le 17 janvier 1812. Mongez propose un nouveau projet : » La Terre à demi-couchée, comme sur les médailles d'Hadrien qui ont pour légende : Tellus slabilila. Lu terre tiendrait un cep de vigne: auprès d'elle serait représenté Sylvain, debout, tenant un arbuste : légende : Tellus tulala ; exergue: Pinorum consi/ione litlora Aquilaniæ ab invasione arenarum defensa. »
Petit-Radel propose : « Neptune couché au pied d'un pin ; légende : Litlora Biturigum consila. » Le 24 janvier, la Commission arrête: » Le type représentera l'Océan sous la forme d’un Fleuve coiffé avec des serres d'écrevisse, avant deux dauphins à côté de lui. 11 sera demi-couché contre un pin.
Le 31 janvier, on propose pour légende : Litlora Aquilanorum pinis slabilila ou Tellus pinorum statione slabilila in lilloribus Aquilanis.
« Quelques difficultés s'élèvent sur le véritable but de ces plantations et sur la manière d'en exprimer l’emploi. Il sera pris de nouvelles informations sur l'objet précis, soit du dommage que la mer occasionne dans ces rivages, soit de l'obstacle que la plantation des pins y doit opposer. »
Le 7 février, Mongez communique à la Commission une note de M. de Prony, de la Première Classe de l'Institut, de laquelle il résulte que « le véritable but de la plantation des Pins maritimes est d'arrêter l’invasion dans les terres des sables de la mer qui, sur les côtes de la Gascogne ont enfoui des forêts, des habitations et même des villages. M. Brcmontier, ajoute M. de Prony, a exécuté des parties de plantations dont le succès est très encourageant. 11 en a été rendu compte, il y a plusieurs années, à la Première Classe. »
En conséquence de ces renseignements, la légende de la médaille est arrêtée ainsi qu'il suit : Litlora Aquilanorum pinis consila. L'exergue : Ad arcendas arenas. Ann. 1808- •>