RÉPRESSION 1)E LA MENDICITÉ
22 décembre 1806'.
Les gouvernements des nations policées, qui par une sage législation ont tâché de prévenir et de secourir l’indigence, guidés par la même sagesse, ont aussi cherché les moyens de réprimer la paresse et la fainéantise et de détruire la mendicité. Cependant, les elîorts des anciens législateurs, ainsi ([lie ceux des modernes ont rarement atteint ce but salutaire, faute d'avoir préparé d’avance et assuré aux mendiants des lieux de retraite, où la nécessité d’un travail proportionné à leurs forces et à leurs facultés les détournât des mauvaises habitudes (pie leur vie oisive et vagabonde leur avait fait contracter. Le génie prévoyant de l’Empereur sut éviter l’inconvénient qui, jusqu’alors, avait rendu les meilleures lois inutiles. Lorsque la mendicité fut défendue en 1807, par décrets de Sa Majesté, déjà on avait créé et organisé par son ordre, dans plusieurs départements de l’Empire, des maisons de dépôt où les indigents valides furent assurés de trouver du travail et de recevoir la juste récompense qui lui est due.
La médaille destinée à rappeler les commencements d’une si belle institution cpii doit s’étendre dans tout l’Empire, représente la Providence. Aux pieds de celte ligure allégorique est le globe qu’elle gouverne et qui la caractérise sur les médailles romaines. D’une main, elle ollre à des pauvres de différent sexe des aliments indiqués par des épis de blé, cl leur montre, de l'autre main, les instruments du travail.
La légende, MENDICORVM • IGNAVIA • AD • OPERA • EXCITATA, « la fainéantise des mendiants appelée à un travail salutaire »,esl imitée d un passage de Pline. L’exergue offre la date de l’institution.
ÉCLAIRCISSEMEXT
Napoléon, raconte Thiers, tenait beaucoup à l’extinction de la mendicité. Pour y parvenir, il projeta d’établir des maisons départementales, dans lesquelles on procurerait aux mendiants du travail et du pain, et où on les enfermerait de force lorsqu'on les trouverait errants sur les places publiques ou les grandes roules. « J’attache, écrivit-il au ministre de 1 Intérieur, en 1807, une grande importance et une grande idée de gloire à détruire la mendicité... Je vais faire une absence d un mois. Faites en sorte qu’à mon retour vous soyez prêt sur toutes ces questions, que vous les ayez examinées en détail, afin que je puisse, par un Décret général, porter le dernier coup à la mendicité. 11 faut qu’avant le 15 décembre, vous ayez trouvé, sur les quarts de réserve et sur les fonds des communes, les ressources nécessaires à l'entretien de soixante ou cent maisons pour 1 extirpation delà mendicité, que les lieux où elles seront placées soient désignés et le règlement général mûri *. »
En conséquence des vœux et des ordres de l’Empereur, de nombreuses mesures administratives furent prises pour la répression de la mendicité et l’établissement de dépôts de secours dans toute la France. Nous citerons entre autres, les arrêtés et décrets suivants: 12 Messidor an VIII I juillet 1800); 5 Brumaire an IX (27 octobre 1800); 8 Germinal an VIII 211 mars 1800) ; 23 Nivôse an IX 13 janvier 1801 : 18 septembre 1307 (pour la Côte-d'Or) ; 22 décembre 1808 (pour la Seine), etc. Enfin, par Décrets impériaux datés de Schœnbrunn en 1800. et de Fontainebleau en 1810, des dépôts du même genre sont institués dans la plupart des départements, jusqu’en Belgique, sur les bords du Rhin et en Italie.
Le 30 août 1811. la Commission des Inscriptions et Médailles met. au nombre des sujets de Y Histoire métallique, « les Etablissements de mendicité ».
Le 6 septembre, Yisconti propose pour type : « Un tisserand et une fileuse. La légende serait : Mendicorum ignavia ad opéra excitai a, tirée de Pline. L'exergue porterait la date ISOS . »
Mongez propose : « Une femme debout, la Libéralité, présentant d’une main des épis, et montrant de l'autre un métier de tisserand à deux figures vêtues de simples tuniques. Légende : Egenlibus opéra et alimenta subminislrala. Exergue : Perfugtis mendicantibus per f rallias paratis.
Petit-Radel propose : •• Minerve Erganè remettant une quenouille et des assise et caractérisée par les attributs de la Mendicité. »
Quatremère de Quincy propose de prendre pour type le groupe du tombeau de la reine Christine de Suède, par Canova, représentant la Mendicité sous la forme d’un vieillard appuyé d’une main sur un bâton, de l'autre sur le bras de la Bienfaisance qui montrerait une porte d'édifice où on lirait: Egenis. La légende serait : Mendicilalis perfugia; l’exergue : Inslilula per imperium, ex décréta.
Le 20 septembre 1811, la Commission arrête : « Le type représentera deux figures, l'une d'homme, et l'antre de femme, habillés en mendiants et tendant la main. La figure de la Providence, debout, avec le globe à scs pieds, occupera le milieu de la médaille, présentant de la main gauche des épis de blé aux deux mendiants et leur montrant de l'autre des instruments de travail placés a sa droite, entre lesquels on distinguera une quenouille et un métier à tisser. La légende, tirée de Pline, sera ; Mendicorum ignavia ad opéra excitata. L’exergue contiendra la date du décret. »
une femme
1. A. Thiers. Histoire du Consulat et de l'Empire (18J9i. t. VIII, p. 127.