‹ Les médailles historiques du règne de Napoléon le GrandChapitre 18 sur 197 · LA COMMISSION DES INSCRIPTIONS ET MÉDAILLES DEPUIS 1810 JUSQU EN · texte numérisé non relu

LA COMMISSION DES INSCRIPTIONS ET MÉDAILLES DEPUIS 1810 JUSQU EN

Comme nous l’avons dit plus haut, il serait aisé de citer, dans l’histoire du Premier Empire, des événements importants dans l’ordre militaire, administratif, diplomatique ou tout autre, qui furent laissés de côté, provisoirement, par la Commission, et qu’elle se réservait de traiter ultérieurement, à son heure, ne se souciant que médiocrement d’observer l’ordre des temps dans les projets de médailles qu’elle mettait à l’étude. Le dessinateur, d’autre part, suivant sa propre inspiration, n’observait pas toujours, dans l’exécution de ses dessins, l’ordre des délibérations de la Commission. Les lacunes eussent été comblées avec le temps et les dessins eussent, finalement, été classés dans un ordre chronologique rigoureux. La chute de Napoléon ne permit pas de combler de regrettables lacunes, de compléter les

inscriptions des médailles et d’apporter à l'œuvre entière ses derniers perfectionnements.

C’est un exemple de ces ajournements que nous présente le procès-verbal de la séance de la Commission, du 26 janvier 1810. Un y lit : » A l’égard de la Principauté de Neufchâtel donnée au maréchal Berlhier, la f Commission arrête qu’il sera tenu note de ce sujet, et elle ajourne la décision. » La discussion sur ce projet de médaille 11e fut jamais reprise cl le dessin ne fut pas exécuté.

Le 10 mars 1810, la Commission, convoquée extraordinairement, eut à s’occuper, à la demande de M. de Montalivet, ministre de l’Intérieur, des inscriptions provisoires qui devaient orner l’Arc de Triomphe de l’Étoile, construit en charpente et en toile peinte, et sous lequel devaient passer Napoléon et Marie-Louise, après leur mariage'. Les inscriptions, rédigées en français, célèbrent les sujets suivants; la Prospérité publique; le Triomphe de nos armées; la Paix et l’Alliance avec l’Autriche; l’Arrivée de l’archiduchesse Marie-Louise; l’Agriculture, le Commerce, l’Industrie, la Clémence, la Justice, les Routes et les Canaux, les Ports creusés ou agrandis, les Monuments publics partout édiliés. Ces inscriptions provisoires et toutes de circonstance ne présentent aucune particularité digne d’être relevée.

La mort de Chaudet, survenue le 19 avril 1810, suspendit ;'i peine, pour quelques semaines, l’exécution des dessins des médailles de Y Histoire métallique. En effet, sous la poussée de cette activité fiévreuse dont l’impulsion venait d’en haut, la Commission procéda, dès le mardi 8 mai 1810, au choix d’un nouveau dessinateur. Lemot, membre de la Classe des Beaux-Arts, fut élu à l’unanimité L

Avant de succéder à Chaudet comme membre de la Commission des Inscriptions et Médailles, Lemot avait déjà travaillé pour elle, puisque, dans sa séance du 28 juin 1808, elle avait décidé « qu’il fût payé à M. Lemot une somme de 3oo francs, pour les cinq derniers dessins qu’il a faits, savoir les médailles de la victoire de Friedland, de la paix de Tilsitt, du port de Dieppe, de la réception de l’Institut au Conseil d’État et de l’arrivée de l’Empereur à Bordeaux ». 11 est remarquable que ces deux dernières ne figurent pas dans le Recueil des dessins de Y Histoire métallique et qu’il n’en est parlé, dans les procès-verbaux de la Commission, que dans cette phrase incidente.

Lemot, incomparablement plus habile dessinateur que son prédécesseur, se montra aussi plus expéditif. En un mois il avait déjà achevé vingt-cinq dessins qui, sans doute, étaient déjà préparés à l'avance. En effet, dès le 3i juillet 1810, Lemot reçoit une somme de Goo francs « pour l’exécution et mise au net de 20 esquisses de médailles ». Le même jour, « M. Jouanin ayant fait parvenir à la Commission une demande de îeofr. 5o pour 29 calques des dessins de M. Chaudet et un livre blanc où ces calques sont placés, la Commission est d’avis que, n’ayant point autorisé cette dépense et le prix demandé étant trop haut, il soit offert à M. Jouanin une somme de 03 fr. 5o ».

Une médaille qui, à cette époque, mit la Commission de nouveau en rapport avec le Ministre de l’Intérieur, est celle des Prix Décennaux qu’on devait d’abord décerner solennellement le 9 novembre 1809, par application du décret du a/| fructidor

LU

an XII ( 1 o septembre i8o4) (|u* *es avait institués '. Ajournée d'abord jusqu’à la lin de 1810, cette solennité n’eut jamais Heu ; mais la médaille fut préparée (voyez Médaille CLXXX 17). Elle a des inscriptions latines, comme toutes les médailles de l 'Histoire métallique. Mais en vue de la cérémonie, prorogée au mois de novembre 1810, le Ministre de l’Intérieur demande à la Commission deux autres médailles avec légendes en français, parce que celles-ci, dit le Ministre, devant être gravées et frappées de suite, pour être répandues dans le public, n’étaient pas seulement destinées à occuper une place dans une galerie historique. En conséquence, le i3 juillet 1810, la Commission arrête : « Pour la médaille de l’Institution des Prix décennaux, la légende sera : Aux Sciences , aux Lettres , aux Arts. L’exergue portera : Institution des Prix Décennaux, 28 novembre 1809 , date du décret ordonnant la prorogation. On pourra aussi frapper, dit la Commission, une autre médaille visant directement la Distribution des Prix.» Ces médailles étant devenues sans objet ne furent pas exécutées.

Les 24 et 3i juillet 1810, ainsi que le il\ aoû t suivant, la Commission, à la demande de M. Anisson, inspecteur de l’Imprimerie impériale, s’occupe de composer un jeton relatif à cet Etablissement. Elle arrête que, d’un côté, sera représentée : « La Presse accompagnée d’un Génie ailé dans l’action de la faire mouvoir; en légende, Tradil immorlalilati. Exergue : Tgpographia imperialis. De l’autre côté, sera figuré Hermès, sous la forme d’un terme, sur le montant duquel seront gravés différents caractères des langues anciennes et modernes. Légende : Lin y me cenlum surit oraque cenlum, et date. »

Le 28 août 1810, Mongez présente un rapport administratif ooncluantà payer la somme de i5o francs à Pfeiffer, rue Pagevin, n" » pour son travail sur les formes et les dimensions de lettres à employer dans les inscriptions ».

Des discussions dont l’écho se trouve dans les procès-verbaux des séances des mois de septembre et d’octobre attestent que le dessinateur Lemot en usait souvent avec liberté et indépendance vis-à-vis des décisions de la Commission qu'il interprétait assez librement, sans faire abdication complète de son inspiration personnelle jugée, d’ailleurs, utile par la Commission.

Vingt-cinq nouveaux dessins de médailles étaient alors exécutés et le texte explicatif rédigé. On les distribua cinq par cinq aux membres de la Commission pour une dernière révision. Une somme de Üoo francs fut allouée à Lemot pour ces dessins. Le vendredi 19 octobre 1810, la Commission « arrête que, pour répondre à la demande du Ministre de l'Intérieur, il sera procédé sans délai au compte à rendre de ses travaux depuis le i"r avril 1808 ». En même temps on s’occupe de la reliure des deux premiers volumes manuscrits de Y Histoire métallique qui devront être présentés à l’Empereur au commencement de l’année suivante. Mais avant de relier, il importait de classer dans l’ordre chronologique les dessins exécutés. C’est ce dont se chargèrent hâtivement Petit-Radel, Quatremère de Ouincy et Mongez.

Le 28 novembre 1810, la Commission discute avec Lemot « la manière dont les tètes de l’Empereur devront être exécutées sur les dessins ». Il est arrêté que la première effigie de chaque volume sera finie et ombrée. Toutes les autres seront calquées et dessinées au simple trait. C’est par application de cette décision que les effigies ombrées de l’Empereur, sur les médailles du Retour d' Égypte et du .VI 77/ Brumaire , oui été exécutées par Lemot, en novembre 1810, comme il appert des

comptes rendus des séances de In Commission des 23 novembre et 7 décembre de cette année et ainsi que nous l’avons expliqué tout à l’heure (p. xxxiv).

« Le 28 décembre, Lemot présente un mémoire, montant à 543 francs, pour la mise au net de plusieurs dessins de médailles et le dessin, au simple trait, de la tète de l’Empereur sur cent quatre médailles. » Adopté.

Il résulte de là que tous les dessins de la tète de l'Empereur sur les deux premiers volumes, aussi bien que sur le troisième, sont l’œuvre de Lemot et qu’aucun d’eux n’est de Chaudet qui n’a exécuté que les revers du premier volume. L’ensemble des dessins des premier et deuxième volumes monte, en effet, au chiffre de 104. Le même jour, le calligraphe Charrier fait la demande d’une somme de iG5 francs « pour transcription de trente-trois descriptions historiques de médailles ».

Nous connaissons par cette mention le nom du calligraphe qui a transcrit, sur les volumes destinés à être présentés à l’Empereur au commencement de l’année 1811, les Notices explicatives des médailles. Charrier fut chargé de poursuivre ce travail et, le 3 mai 1811, la Commission lui vota une nouvelle indemnité de 200 francs pour une suite de quarante copies.

Outre le copiste des Notices explicatives, il fallut aussi payer à part le dessinateur des légendes et des exergues transcrits sur les dessins de Chaudet eide Lemot, les artistes se bornant, suivant l’usage, à composer les scènes et les figures. Ce dessinateur de lettres qui succéda à Pfeiffer, s’appelait Chamot. Le 28 décembre 1810, la Commission lui vota une somme de 222 francs.

Le 18 janvier 1811, le relieur Chaumont présente à la Commission le premier volume cartonné en maroquin de YHisloire métallique.

Le 2.5 du même mois, Lemot soumet les derniers dessins du second volume et demande « à être autorisé à faire faire les calques des dessins du premier volume, qui manquent ».

Dans la séance du i5 février 1811, « un membre est chargé de recueillir quelques renseignements sur les Histoires métalliques précédentes et de mettre en ordre quelques matériaux pour la composition de la Préface qui doit être en tête du premier volume ». Huit mois après, le vendredi 20 octobre 1811, Mongez lit à la Commission « une suite do considérations propres à trouver place dans le Discours préliminaire de l 'Histoire métallique ».

Cette mention prouve que ce Discours préliminaire n’était pas encore rédigé à celte date; cependant le volume était relié. Il semble bien qu’il n’ait pas été présenté à l’Empereur au commencement de 1811, comme on en avait formé antérieurement le projet.

Le <5 décembre, Chaumont reçoit « pour la reliure du second tome de Y Histoire métallique et pour deux étuis en peau, » la somme de i5o francs.

Entre temps, du 3i mai 1811 au 12 juillet, la Commission s’était occupée, à la demande du Préfet de la Seine, de rédiger en latin l’inscription monumentale destinée au Château d’Eau qu’on venait de construire au boulevard de Bondy, avec les eaux de l’Ourcq, amenées à Paris.

Le 3o août suivant, le Préfet de la Seine renouvelle la demande qu’il avait faite antérieurement « de replacer autant qu’il se pourra les inscriptions de Santcui! déplacées par la Révolution ». La Commission invite Petil-Radel et Quatremère à se concerter avec le Préfet pour obtenir communication des dessins des nouvelles fontaines et de l’état des anciennes où les inscriptions du poète pourraient encore être réintégrées.

La ville de Marseille, en 1811, ayant sollicité l’Iionncur d’élever cl de dédier au Roi de Rome dont la naissance était célébrée partout avec enthousiasme, un obélisque monumental, la Classe d’Histoire et de Littérature ancienne fut chargée de rédiger les inscriptions qui devaient être gravées sur sa base. En même temps, par l’entremise de leur maire, Antoine, les Marseillais revendiquaient le droit, pour Marseille, d’être qualifiée Sœur de Iiome lliomæ soror) dans les inscriptions préparées pour l’obélisque, sous prétexte que ce titre avait été autrefois porté par leur ville. La Commission des Inscriptions et Médailles, chargée de délibérer sur la demande des Marseillais, propose de placer sur l’une des faces de l’obélisque l’inscription suivante :

Page 1