Tome III
contenant 5o dessins exécutés par M. Lemot
Membre de la Classe des Beaux-Arts de l’Institut.
Année 1812 '
scrils de la Bibliothèque Nationale, 1 II, p. 301, ’isloire métallique de Napoléon /". Mss fran-
La lin de la Préface du lome premier explique clairement l’origine du Recueil et montre le lien étroit qui le rattache aux Procès-verbaux des Séances de la Commission des Inscriptions cl Médailles, qui sont demeurés aux Archives de l'Institut et que nous avons analysés ci-dessus. Il y est dit : •< La composition de cet important ouvrage ayant été confiée à la Classe (la Classe d' Histoire cl de Littérature ancienne de l’Institut impérial), elle a nommé des Commissaires pour préparer le travail et le soumettre à sa discussion. Ces commissaires sont : MM. Dacier, Secrétaire perpétuel, Mongez, Ouatremère de Quincv, Petit-Radel, Silvestre de Sacy, qui a remplacé M . Ameilhon, mort à la fin de l’année 1 «S 1 1 . La Commission ayant perdu, au commencement de l’année précédente, M. Chaudet, son dessinateur, membre de la Classe des Beaux-Arts, lui a donné pour successeur, M. Lemot, membre de la même Classe. »
De ce qui précède, il résulte en toute évidence que les trois Registres étaient la propriété de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Aussi, on ne comprend guère qu’en 1801 la Bibliothèque nationale ait accepté le don qui lui a été fait et qu'elle n’ait pas renvoyé les trois Registres à l’Institut, pour les rapprocher des Procès-verbaux de la Commission.
Si ces Procès-verbaux de la Commission des Inscriptions et Médailles sont demeurés, comme de raison, aux Archives de l’Institut, avec les calques dont nous parlerons tout à l’heure, il n’est que trop aisé de conjecturer comment il se fait, que les trois grands volumes manuscrits qui renferment les dessins de Chaudet et de Lemot et la mise au net du travail de la Commission, ont quitté l’Institut où ils devraient légitimement se trouver encore.
Le baron Dacier, Secrétaire perpétuel, était, sous le Premier Empire, administrateur de la Bibliothèque nationale ; il détenait ces volumes dans son appartement, parce qu’il eut à y travailler en qualité de Rédacteur principal des Notices explicatives et de surveillant du calligraphe. Le travail de la Commission s’étant trouvé brusquement arrêté le 18 février 1 8 » 4, Ies volumes demeurèrent dans la bibliothèque privée de Dacier : on préféra sans doute, d’ailleurs, faire le silence autour d’eux pendant la Restauration. A la mort du Secrétaire perpétuel, en i833, les précieux Manuscrits passèrent à ses héritiers avec tout le reste de sa bibliothèque et personne ne s’avisa de les réclamer au nom de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
C’est ainsi que les enfants de Dacier purent s’en croire les légitimes propriétaires. Edme Dacier, fils du Secrétaire perpétuel, passa toute sa carrière, assez obscure, comme employé au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale, qu’il fut contraint de quitter en 1 844* Sept ans plus tard, la bonne pensée lui vint de faire don h la Bibliothèque nationale de l’ouvrage manuscrit qu’il détenait et qu’il eût été, à coup sûr, préférable de renvoyer à l’Institut.
Nous avons vu plus haut que les éléments pour la confection d’un quatrième vol unie ont été préparés. Ils furent aussi,' — sans doute dans les mêmes circonstances. — distraits des Archives de l’Institut : comme ils n’ont pas fait partie du don d’Edme Dacier ù la Bibliothèque nationale, j’en ignore le sortactuefet les recherches multipliées que j’ai faites pour les retrouver ont été vaines.
En même temps que les Procès-verbaux des Séances de la Commission des Inscriptions el Médailles nous attestent que ce tome quatrième de Y Histoire métallique de Napoléon reçut un notable commencement d’exécution, ils nous donnent la liste des trente-huit premières médailles qui devaient y figurer et dont trente-deux, au moins, furent exécutées en dessins par le baron Lemot.
Comme il a été exposé plus haut, d’après les Procès-verbaux des Séances de la Commission, Lemot fut indemnisé de son travail. De plus, nous avons vu que la Commission décida de faire calquer tous les dessins de Y Histoire métallique de Napoléon sur un registre spécial qu’elle gardait constamment à sa disposition, afin de ne pas avoir à recourir trop souvent aux Manuscrits originaux destinés à l’Empereur. Ces calques sont conservés à la Bibliothèque de l’Institut'; ils forment quatre registres cotés \ Les trois premiers correspondent exactement aux
trois volumes manuscrits des dessins originaux que nous avons décrits plus haut ; le quatrième registre renferme les calques de trente-deux dessins exécutés par Lemot pour le quatrième volume dont l’élaboration a été si tragiquement arrêtée.
En I absence des originaux égarés, j’ai dû me contenter de faire reproduire les calques sommaires de ces trente-deux dessins destinés au tome IV. Les détenteurs actuels des originaux, dont la bonne foi ne saurait, un instant, être mise en cause, savent désormais, documents en main, que leur légitime propriétaire est I Institut. Un avenir prochain les verra peut-être sortir des cartons de quelque collectionneur. Quoi qu'il en advienne, je devais au lecteur ces explications qui lui font connaître comment il se fait que, sur 201 médailles décrites dans le présent ouvrage, il s’en trouve trente-deux dont je n’ai pu reproduire que les calques, — les dessins originaux exécutés par Lemot se trouvant égarés.
Peu de personnes, en dehors du grand historien des Napoléons, M. Frédéric Masson, ont consulté à la Bibliothèque nationale ces vénérables Registres de dessins de médailles napoléoniennes. Ceux qui les ont connus paraissent avoir reculé devant les frais de la publication. Ils n'ont pas songé, surtout, à les commenter à l’aide des Procès-verbaux des séances de la Commission des Inscriptions et Médailles2. Ayant fait moi-même, depuis longtemps, cet indispensable rapprochement, j’attendais une occasion propice pour éditer, avec un luxe digne du sujet, cet Impérial Recueil, lorsque la Société de Numismatique de New-York, représentée par son Président-fondateur, M. Archer M. Huntington, m’a proposé de prendre la publication à sa charge.
Si. comme je le dit plus haut, l’Académie des Inscriptions et Belles -Lettres s'est acquis un litre de gloire en composant cette Histoire Métallique , jour par jour cl à mesure que les événements les plus grandioses que le monde ait vus se déroulaient aux regards étonnés des contemporains, ce sera aussi un honneur insigne, aux yeux de la postérité, pour la Société de Numismatique de New-York, d’avoir compris l’importance historique et artistique de cette Œuvre et d'en avoir pris la publication sous son libéral patronage.
E. Babelon.
Vieux-Moulin (Oise), 15 août 1911.
Quoique les Anciens liaient point eu il' Histoire métallique proprement dite, et que l'invention en appartienne aux Modernes, ce sont eux cependant qui en ont donne I idee et que nous devons reconnaître pour nos maîtres dans ce ( jenre , comme ils te seront toujours dans les lettres et dans les arts, par la perfection désespérante des chefs-d'œuvre qu'ils nous ont laissés. Dès que les Crées eurent imaginé de répandre l'usage de la monnaie, il fallut qu'elle portât des empreintes ou des types qui, en attestant la surveillance des Magistrats, garantissent la bonté du titre et la valeur du signe représentatif. Ces types lurent tantôt les images des Divinités tutélaires des nations, tantôt les emblèmes de ces Divinités, quelquefois les symboles des peuples ou des villes, quelquefois meme la lettre initiale du nom d'une ville capitale. C'est ainsi que les monnaies d'Argos présentent un A, -celles d’Erétrie un E,elc. Bientôt on ajouta aux types, des légendes qui offraient le nom des peuples et des villes, assez souvent même ceux des Magistrats chargés de surveiller la fabrication des monnaies. Dans les Etats monarchiques on y gravait le nom du J* rince.
Les Rois Perses, adorés, de leur vivant, comme des Dieux, firent représenter leur figure entière sur les monnaies d'or et d'argent qu'ils faisaient frapper dans les villes grecques de l'Asie, et même dans les villes phéni-
donnes , el ces monnaies s'appelèrent Doriques , r/// no/» de Darius , fils d'Hystaspe, qui en introduisit l'usage. Les Dois de Macédoine , liés arec la Perse par des rapports plus habituels que la plupart des autres saucerai ns, en empruntèrent celui de se faire représenter sur leurs monnaies en costume militaire , tantôt à cheval , tantôt en pied près d'un cheval dont ils tiennent les rênes. Mais les têtes trop petites ne pouvaient offrir les traits du Prince: et ce n'est que depuis qu' Alexandre eut renversé la monarchie des Perses , et tpi' il se fut attribué les honneurs réservés jusqu'alors, chez les Grecs, aux seules Divinités, que sa tête fut substituée, sur les monnaies, à la tête idéale d' Hercule tpii . sous lui el sous plusieurs de ses prédécesseurs, était le type le plus ordinaire de la monnaie d argent, parce qu'ils regardaient ce demi-dieu comme hauteur de leur race.
Si, depuis celle époque, l'effigie du Prince devint , dans les Gouvernements monarchiques, le type ordinaire des monnaies, les allusions aux événements historiques g furent encore très rares, et les simulacres des divinités continuèrent presque généralement d'occuper le champ du revers, dépendant , les Princes g firent quelquefois tracer des emblèmes ou des symboles commémoratifs des succès qu'ils avaient obtenus contre leurs ennemis. On voit, sur des Lêtradrachmes d' AnLigonus, le vaisseau qu'il avait consacré à Apollon, comme monument de la victoire navale remportée par Démétrius Poliorcète, son fils, près de l'ile de Chypre, sur la flotte de Ptolémée Soter. Démétrius Poliorcète lui-même fil frapper des monnaies d'argent qui ont pour type la Renommée, debout, sur la proue d'un vaisseau, et ayant la trompette à la bouche, comme pour proclamer celle victoire éclatante: el sur le revers de quelques monnaies de Séleucus Aicator, on voit la tête du cheval de bataille auquel ce Prince dut son salut, lorsqu'il fut obligé de s'enfuir de Rabylone. poursuivi par Anliqonus, son rival, qui s'en était rendu maître.
Avant l’époque (huit nous y lavions , et peut-être même avant le règne de Philippe, père d' Alexandre, les Rois avaient introduit l'usage de célébrer sur leurs monnaies les victoires qu'ils remportaient dans les jeux sacrés de la Grèce. Cet exemple fut imité par les Rois de Syrie, de Rit h y nie, de Pergame, ainsi que le prouvent quelques-unes de leurs monnaies dont les types sont évidemment relatifs aux jeux solennels célébrés par ces Princes, à Antioche, à Nicomédie, à Pergame, etc. Les types et les légendes de plusieurs beaux médaillons d'argent frappés à Syracuse ne permettent pas non plus de douter qu’ils ne /'aient été à l'occasion de fêles et de jeux célébrés dans celle ville.
Les allusions à l'histoire du temps ne sont pas moins rares dans la numismatique des villes libres que dans celle des Princes. On n'y en découvre
même aucunes, qu'en les chevchanl dans les li/pes allégoviques de quclquesii lies de leurs monnaies. Ainsi. Hercule , i/ui. sur la monnaie des 7 hébains, en 1ère le I répied de Delphes, parai I dire une allusion à la guerre des 7 héhams contre la Phocide. Ainsi, la Fidélité personnifiée i/ui offre une couronne à la déesse Home, sur les monnaies des Locriens il Italie , atteste leur reconnaissance des dédommagements i/ue la République leur accorda, en réparation des maux que leur avait / ail souffrir Hlemminius dans le temps de la deuxième guerre Punique.
C’est donc presque exclus/ renient dans la numismalique romaine qu on iloil chercher la véritable source des Histoires métalliques. Vers la fin de la République, les Magistrats qui présidaient à la fabrication des monnaies, se permirent d'abord de faire graver, particulièrement sur les elenarii ou pièces d'argent, tantôt les emblèmes, tantôt les fastes de leurs familles, souvent même les images de leurs aïeux. Bientôt, devenus plus ênl reprenants, ils osèrent charger les monnaies d allusions sensibles aux événements conlem parai ns et aux affaires de l'État: ils g retracèrent les liants faits de leurs amis, ceux des Cénéraux sous lesquels ils avaient combattu, et celles de leurs propres actions qui pouvaient les illustrer eux-mêmes. On vil enfin les triomphes de Marins, de Sglla et de Pompée servir, de leur vivant, de types aux monnaies île la République expirante.
Ce* exemples se multiplièrent et devinrent presque un usage habituel, lorsque César, les Triumvirs, et surtout Octave, eurent cliançjé la forme ilu Gouvernement : el quand celui-ci eut établi la monarchie sur des bases plus solides , la plupart des types de la monnaie eurent un rapport marqué avec les événements publics, el quelquefois même avec les faits particuliers de la vie privée de l’Empereur. Le Sénat qui avait presque seul la surveillance de la fabrication des monnaies de cuivre, el les magistrats préposés à la surveillance île la fabrication de celles il’or el d'urgent, rivalisant de zèle pour la gloire ilu Prince, ou plutôt pour se concilier sa faveur, multiplièrent à l' infini les types et les allusions qui pouvaient le flatter. Les portraits des t.esars , glaives par des artistes habiles, furent répétés sur loules (es monnaies el sur Ions les métaux: el les types des revers, accompagnés sou vent de légendes aussi noblesque concises, sont devenus les meilleurs modèles de la numismatique moderne. Ainsi, les fastes el. pour ainsi dire, f histoire de la vie entière des Empereurs Humains, furent transmis à lu postérité sur leurs monnaies : el celle histoire, quelque abrégée el incomplète qu elle soil. a servi plus d'une fois à rectifier le récit îles historiens el à suppléer les annales que le temps nous a dérobées. Telle esl, en qénéral, lulililé îles monuments de ce genre : répandus en grand nombre dans Ions les pays habiles, leur pelilesse el leur solidité lés préserrent des grandes
causes de deslructiim, cl Ils garantissent la durée de l'histoire i/u'on leur cnnlie. plus sûrement que le marbre, le brome et même les Iwres. Combien d'événements intéressants pour les peuples et pour les Princes, combien de hauts /ails dignes de l'histoire, combien même de noms île personnages illustres dans leur temps ne sont parvenus jusqu'à nous que par les tgpes des monnu ii1.'!
■le n ni parlé jusqu ici que des monnaies, parce i/u'il n 'existai l point encore, à celle époque , de médailles proprement dites. Ce ne fut que par la suilc que. l'usage de distribuer des monnaies dans les fêles et les jeux solennels s étant établi, les Magistrats qui faisaient ordinairement, du moins en partie, les frais de ces réjouissances pour se rendre agréables au peuple, firent augmenter le module et le poids des monnaies destinées à ces distributions. et reillêrent à ce quelles fussent de la plus belle exécution. Ce double mérite fil que les possesseurs de ces pièces qu'on a appelées médaillons, cl qui tiennent le milieu entre la monnaie ordinaire et ta médaille, les couse ruèrent précieusement, et ne les mirent point en circulation arec les autres espèces monnayées. On doit vraisemblablement à ces causes la conservation des beaux médaillons de Syracuse don! on a parlé, et de ceux de plusieurs ri Iles de la Grèce.
Les colonies romaines i/ui. sous les Empereurs, avaient le privilège de frapper des monnaies de bronze, imitèrent le module et, autant qu elles purent, la perfection du travail de ces médaillons, et introduisirent dans l'Empire I usage de frapper de ces monnaies extraordinaires dans des circonstances importantes, I elles que les fêles cl les jeux qu'on célébrai! à l'occasion de l’avènement d’un Prince au trône, des vœux décennaux qu'on lui offrait, des événements heureux de son règne, de ses victoires, etc. Le Sénat adopta bientôt ce! usage: on le vil , depuis le règne d'Adrien, faire frapper, dans des circonstances pareilles, des médaillons en l' honneur cl avec le portrait des Empereurs , et comme la monnaie de cuivre était seule sous sa surveillance , ainsi qu'on l'a déjà dit, pour compenser, autant qu'il était possible, le peu de valeur intrinsèque de ces médaillons par la beauté du travail, il les faisait exécuter par les artistes les plus habiles, qui employaient souvent , dans la fahrieahon de chaque pièce, des cuivres de couleurs différentes incrustés avec une adresse merveilleuse, de sorte que ces médaillons, chefs-d’œuvre de la gravure, sont encore un des plus beaux ornements des cabinets numismatique». Dans le troisième siècle, à l'époque de la décadence des arts, les Empereurs firent frapper eux-mêmes des médaillons sur des métaux plus précieux : il en existe quelques-uns de Trébonien, en argent, et. de Gallien, en or. Gel usage se perpétua dans l'Empire (l'Occident, jusqu'à son entière destruction, et
long temps encore après, dans l'Empire de Constantinople, dont la détresse toujours croissante le fit enfin abolir.
Quand, après la longue suite des siècles d'ignorance et de barbarie, les arts commencèrent à renaître, on cil pareillement renaître peu à peu, arec les usages des nataMs civilisées de l'antiquité, celui de frapper des médaillons. Victor Pisano, peintre, né à Vérone, au commencement du quinzième siècle en exécuta plusieurs pour le Pape Martin V, pour l’Empereur Paléologue et pour d’autres personnages illustres de son temps. Dans le siècle suivant, Benvenuto Cellini fil faire de grands progrès à cet art. que le célèbre 11 arm porta, peu de temps après, à un degré de perfection qui n'a laissé à ses successeurs que le désespoir de ne pou roi r l'égaler.
L'exemple donné par les deux artistes italiens eut nn grand nombre d’autres imitateurs, qui s’empressèrent de marcher sur leurs traces et répandirent dans toute l’Europe le goût de ce genre de monuments. L’invention du balancier, inconnu des Anciens, avait procuré la facilité d’agrandir les flaons el de frapper des médailles proprement dites dont le module, beaucoup plus grand que celui des plus grands médaillons antiques, empêchait qu'on ne pût les confondre arec aucune espèce de monnaies.
Les Pontifes romains, placés dans la capitale îles arts, à la renaissance desquels ils avaient puissamment contribué, profitèrent de celle découverte, el introduisirent l’usage de célébrer les principaux événements de leur règne guides médailles qu'ils faisaient distribuer chaque année aux personnages qui composaient leur Pour. Tous les souverains accueillirent el protégèrent à Tend un art qui leur créait, sans beaucoup de temps el de dépense, les monuments les plus flatteurs el les pl us durables: el sous leurs auspices, les médailles devinrent la récompense honorable de tous les genres de mérite. Les Provinces, les villes el même les corporations particulières ne se montrèrent pas moins jalouses de rendre les médailles dépositaires des principaux faits de leur histoire. Les habitants de la Belgique méritent surtout d'être remarqués par leur ardeur à en saisir I ou les les occasions. Leurs Princes, leurs gouvernements, leurs hommes illustres dans la Magistrature, dans les Lettres ou dans les Arts; les événements intéressants, soit pour toute la contrée, soit pour un canton ou même pour une ville, leurs fêtes publiques et jusqu'à leurs malheurs, étaient pour eux autant de sujets de médailles.
Quoiqu'on en frappât beaucoup moins dans la plupart des autres gags de l’Europe, elles se multiplièrent cependant, au point (pie les curieux purent en faire des collections nombreuses dont la gravure en taille douce s’empara, en répétant les compositions de la gravure sur métal. Telle fui l'origine de
/'histoire métallique, nouvelle branche de littérature intéressante sous différents rapports. On peut néanmoins regarder , comme en ayant fourni ta première idée. Occon. gui publia, en 1579 , un recueil de toutes les monnaies des Empereurs Romains gravées en taille douce et arrangées dans b ordre de c/iaifiie règne auquel elles appartenaient : mais quelle que puisse avoir été I influence de cet exemple imparfait, il s'écoula plus d'un siècle avant qu'il trouvât des imitateurs.
Oc ne fut qu'en 1687 que l'abbé Bizot forma une collection de toutes les médailles frappées dans ta Belgique, qu'il fil graver en taille douce et à laipiellc il joignit des explications pour en faciliter l'intelligence, et c'est, à proprement parler, la première Histoire métallique qui ail existé. Bile était, peu propre à répandre te goût de ce genre d'histoire. Les types, composés dans le style de la peinture du temps, et les légendes qu'on pourrait plutôt appeler des devises, sont trop loin de la belle et noble simplicité de l'antique qu'on aurait dù prendre pour modèle. On peut, avec non moins de justice , reprocher les memes défauts et d'autres encore à /'Histoire de Louis le Grand, par les médailles, emblèmes, devises, jetons, etc., que publia en 1689 le Père Claude- /' rançois Menestner : c est le comble de la dépravation du mauvais goût.
Le recueil des médailles îles Papes, publié dix ans après, en 1699, par Philippe Bonanni , est beaucoup moins défectueux. Si les types imités de la peinture ressemblent trop à des tableaux, les légendes du moins sont d'un bon style, et ne se ressentent point de la manie des Devises qui était celle du siècle et qui défigure les collections dont on vient de parler. Mais quand chacune des parties de ces ouvrages aurait eu toute la perfection désirable, ils n'auraient pas encore atteint le but qu'on doit se proposer dans une Histoire mélallique. Il ne suffit pas, en effet, de réunir dans un recueil un plus ou moins grand nombre de médailles historiques avec leurs explications : il faut de plus que, comme f histoire, l'ensemble de ces médailles forme -une chaîne </ui embrasse Ions les événements remarquables d'un règne ou d une époque déterminée : qu'elles soient toutes composées, tant pour les types, que pour tes légendes, dans un même esprit et dans un même style : qu'exécutées par la gravure sur métal, elles le soient aussi par la gravure en taille douce ; qu elles soient disposées dans l'ordre chronologique le plus exact, et accompagnées de descriptions et de récits i/ui, en les expliquant et en développant les faits dont elles doivent consacrer la mémoire, les lient entre elles, éclaircissent ce qu'elles ne peuvent dire avec assez de clarté, et donnent à la collection, indépendamment du mérite de t ari et de la durée, celui d'une histoire sommaire incontestable i/tii puisse, dans tous les temps, servir à confirmer, à rectifier et même à suppléer l'histoire écrite.
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In pareil plan ne pou mil être mis à exécution que sous un règne glorieux , sous les auspices imposants d'un Gouvernement puissant el riclu\ el par des hommes i/ui , connaissant la numismalii/ue el les arts, fussent animés d'un zèle ardent pour la gloire du Prince et de l'Etal. Colbert, en conçu! le dessein : Louis .XI 1 l'accueil lit, el le travail fui confié à L Académie des Inscriptions et Pelles-Lettres. I ne Commission choisie parmi ses membres, el dont Pat ine el Boileau faisaient partie, s'en occupa sans relâche ; el /'Histoire métallique du Uni, commencée en KidS, el composée d'une suite de SIS médailles, forma un volume in-folio nui parut en 1702 avec une magnificence de typographie et de gravure digne de la grandeur du Monarque et de L importance des événements quelle retraçait.
Cet ouvrage fut reçu avec tant d' empressement par le public i/u'il fallut , pour le satisfaire, en donner une seconde édition en 1705 et une troisième en I7U2S. Quoiqu'il surpasse de beaucoup, et sous tous les rapports, les Histoires métalliques qui l'ont précédé el celles auxquelles il a servi de modèle, il n'est cependant pas entièrement exempt de défauts. Les hommes illustres qu'on en reconnaît pour les principaux auteurs, uni cherché, il est vrai, à se rapprocher autant qu'il leur a été possible, île la noble simplicité des types el des légendes antiques, mais ils manquaient de moyens nécessaires pour y réussir complètement. lue étude plus approfondie des monuments de L antiquité et les nombreuses découvertes t/u' on a faites depuis, ont agrandi el éclairé les routes de la théorie du goût et de fart, tellement qu'on peut aujourd'hui les parcourir avec beaucoup moins de difficultés et plus d'assurance.
L'art de la gravure en monnaies ou en médailles chez les Crées el les Humains s'élail naturellement conformé à l'art plus ancien de la sculpture en basrelief, qui, toujours fidèle au principe qu'il ne devait offrir que l'expression en figures d'un sentiment on d'un fait, principe auquel il (levai! la naissance , loin d'ambitionner les effets étrangers à son but, ne tendait qu'à représenter avec le moindre nombre possible de linéaments le plus grand nombre d'idées.
Les compositeurs des médailles modernes ont aussi presque constamment imité le goût du bas-relief moderne : el ce goût a été, à toutes les époques, celui de la peinture. Multiplicité de figures et de plans, diversité dans l'ensemble de sa composition . perspective dans les fonds, prétention à faire un tableau , tels sont les caractères qui distinguent le bas-relief moderne de l'antique, el tel est le goût auquel s'est laissé entraîner, quoiqu'avec un peu plus de réserve que ses prédécesseurs, l'habile dessinateur de /'Histoire mé ta 1 1 i q il e f/e Louis XI V. Malgré le précieux et le fin de ses dessins, on peut dire que les pensées des inventeurs el les motifs de leurs compositions auraient acquis plus de noblesse
et de grandeur, s'il les avait revêtus de formes plus simples et plus sévères. Au reste y ces observations s'adressent plutôt aux temps qu'aux hommes. Personne n'ignore </ue les arts et les artistes sont toujours plus ou moins soumis à l'influence d'un goùl dominateur et qu'il g a quelquefois plus de mérite à éviter un défaut dans certains siècles, qu'à obtenir dans d'autres la qualité qui lui est opposée.
Les auteurs de /’llisloirc métallique de Napoléon le Grand savent trop tout ce qu'ils doivent aux travaux et aux efforts de l'ancienne Académie des Inscriptions et Pelles-Lettres , et aux circonstances dans lesquelles ils sont placés, pour se prévaloir de ce qu'on ne trouvera point dans leur ouvrage les imperfections qu'ils ont remarquées dans celui de cet illustre Corps. La théorie des arts mieux connue , ainsi qu'on l'a déjà dit, les principes du beau relatif à chaque genre, mieux fixés, les progrès immenses qu'a /'ails la science de la numismatique, le goùl de l'antiquité devenu plus général, la connaissance même des erreurs commises précédemment , tout a contribué à faire mieux distinguer les limites de chaque art et des différentes parties de chaque genre d'imitation.
Il est bien reconnu aujourd'hui que Varl. de la composition des médailles ne doit être soumis ni à celui de la peinture , ni à celui du bas-relief pittoresque des modernes. Le moindre dé fan! du système suivant lequel les médailles doivent être des tableaux en petit, consiste dans la petitesse même des proportions auxquelles doivent être réduites les figures pour représenter des sujets où les personnages sont nombreux;car la plupart decejmgures, presque imperceptibles à la vue, doivent être facilement détruites par le temps et le frottement : et comme la principale destination des médailles est de transmettre aux âges les plus reculés la mémoire et les images des hommes et des événements, c'est manquer le but, que de ne pas rendre, autan! qu'on le peut, les empreintes ineffaçables. Les motifs pour lesquels on frappe des médailles, l'intérêt de la postérité el celui de l'art exigent donc que les types aient un assez fort relief, pour résister aux causes de leur destruction , et conséquemment qu'ils soient composés du moindre nombre de figures qu'il est possible ; mais pour dire beaucoup avec peu de figures, il faut qu'elles expriment non les détails, mais l'essence el les rapports principaux du su jet, et que la composition présente l'ensemble le plus fécond en idées et en impressions. Réduire un su jet sans qu'il paraisse moins grand, en extraire, pour ainsi dire, la substance, donner à ce qui peut sembler au premier coup d'œil n'en exprimer qu'une faible partie, la valeur significative du tout : tel doit être l'art de la composition des médailles, et cet art ne peut exister sans métaphore el sans l'emploi de figures allégoriques el de symboles qui, en exprimant une chose sous l'apparence d une autre, ont l'avantage de renfermer beaucoup d'idées dans un seul signe. De là, l'indis-
pensable nécessité d'employer , dans ce genre de composition , un style qu'on peut appeler idéal el de ne point donner à des êtres fictifs le costume vulgaire: autremeid il n'y aurait plus île métaphore, el !' apparence des figures serait en contradiction avec leur nature et avec leur destination. De là encore , quand on associe à des êtres allégoriques des personnages modernes , la nécessité île se servir , pour ceux-ci, du même style i/ue pour les autres , et de les représenter sous des formes, des costumes el des apparences analogues. Le mélange de style idéal avec le vulgaire blesserait le bon sens et le bon goût el produirait le ridicule. Si le style qu'on emploie pour les représenter, ressemble souvent à celui qu'on remarque sur les monuments grecs el romains , ce n'est pas, comme on pourrait se l'imaginer , que le compositeur de médailles ail voulu transformer ses personnages en Grecs on en Humains: il ne fait pas usage du style idéal, parce qu'il est antique, mais il adopte le style antique parce qu'il est éminemment idéal.
Au nombre des conventions nécessaires à l'art de la composition des médailles, on ne doit pas oublier qu'une des principales est de regarder ce genre de composition comme une espèce d'écriture qu'on pourrait appeler figurative parce que les caractères en sont des figures. Il faut se rappeler que le plus grand nombre des symboles représentés sur les médailles devant être considérés mm en eux-mêmes ni pour eux-mêmes, mais uniquement pour leur signification, ne peuvent être soumis, dans leurs rapports avec les personnages auxquels on les associe, à aucune sorte d'échelle de proportion. On ne peut pas plus les y soumet Ire dans leurs rapports entre eux : tantôt signes des idées, tantôt suppléments conventionnels des images el des choses, tantôt, portion ou abréviation de ces images, ils sont le plus souvent réunis par la même raison qui fait /‘approcher et rassembler les caractères de l’écriture: leur coexistence et leur corrélation sont purement intellectuelles, el il serait aussi impossible qu'inutile de chercher à établir aucune proportion de grandeur entre des signes qui peuvent représenter toutes les figures, depuis celle d'un insecte, jusqu'à celle île noire globe el même de / univers.
L'antiquité nous a transmis ce genre de modèles que la raison et le bon i foùt ordonnent impétueusement d'imiter. Celle imitation ne doit cependant pas être servile, el les ailleurs de cet ouvrage en sont si convaincus, que, loin de professer une admiration aveugle pour la numismatique ancienne, ils ont cru devoir écarter de leurs compositions une multitude d'idées, de motifs, de personnages que les changements arrivés dans les opinions et dans les nueurs ne permettent plus aux modernes d'admettre dans le système d'un ouvrage historique. La religion des Anciens se hait à Ions leurs usages : leur langue nitjlholoifique était entendue de tout le monde, de sorte qu on pouvait en
associer les si;/ nés à l'expression de Ions les [ails (lignes d'être eonsignés dans l'histoire. Aujourd'hui que la mythologie est reléguée dans quelques conceptions poétiques auxquelles elle appartient presque exclusivement , on ne doit l'employer qu'avec la plus grande sobriété sur les Monuments de l'histoire. On ne s'est donc permis, dans cet ouvrage , /'emploi que d'un petit nombre de figures mythologiques , et encore n'y paraissent-elles le plus souvent que comme des allégories adoptées par la langue usuelle el par celle des arts, /elles sont les figures de la Prudence, de la Modération, de la Prévoyance, etc. Quant à la Victoire qu'ont ramenée tant de fois sur les types de ces médailles les exploits du héros de celte Histoire, à Thémis i/uil a replacée sur les bases éternelles de la justice et de la raison, aux mers et aux fleuves qu'il a réunis par d" innombrables canaux, à la Paix qu'il a tant de fois offerte sur les champs mêmes de la l ieloire, on n'a pas craint de reproduire ces personnages sous leurs anciennes formes mythologiques. Ils appartiennent a la poésie et aux beaux-arts de tous les âges el sont des caractères, ou, si l'on peut s'exprimer ainsi, des phrases de celle langue universelle qui est entendue par tous les peuples civilisés.
On peut dire la même chose de la langue latine dans laquelle sont écrites les Légendes de toutes les médailles de cette Histoire. La préférence que lui donnent pour les inscrijitions tous les peuples modernes, n'est l'effet ni d'une habitude sans réflexion, ni d'un préjugé aveugle pour l'antiquité. .1 V avant a< je qu'a celle langue d'être répandue dans le monde entier, elle joint celui d'être plus propre qu'aucune autre au style lapidaire, et d'être invariable comme langue morte ; car un des plus grands inconvénients de l'emploi d’une langue vivante dans les inscriptions des monuments qu'on élève pour la postérité , c’est le changement auquel cette langue est sujette, et l’ impossibilité de la fixer. On sait assez, pour ne parler que de la mitre, que celle du règne de François Ier n était déjà plus, après l'espace d'un siècle, celle du règne de Louis AVI’, et que celle du dix-neuvième siècle est déjà fort différente, sous plusieurs rapports, de celle du dix-huitième.
On répète sans cesse d'un ton victorieux que les Romains n' empruntèrent jamais pour leurs monuments la langue des Grecs, comme s’il était possible d'ignorer qu’elle ne leur offrait jwint de modèle en ce genre: que toute parfaite qu’elle est, elle se prêle difficilement à la simplicité noble et concise qu’exigent les inscriptions: que les Grecs eux-mémes le sentaient si bien, qu’ils les ont composées en vers, toutes les fois que la grandeur du sujet demandait de la force et de la noblesse dans l’expression. D'ailleurs, les Romains n auraient rien gagné à s en servir pour leurs inscrijitions, quand même elle y eut été aussi propre que la leur, puisqu’elle était pareillement
une la tu/ ue rivante et sujette à changement : mais on peut présumer avec beaucoup de vraisemblance qu'ils l'auraient préférée à la leur , comme nous croyons devoir préférer la leur à la mitre , s'ils t araient trouvée définitivement fixée , comme langue morte , devenue classique dans le monde entier , et depositaire de toutes les idées , r/e toutes les locutions , r/(* toutes les formes, de toutes les tournures les plus propres à exprimer clairement les plus grandes choses avec le moindre nombre de mots qu’il est possible.
Si telle est, comme on ne peut le nier, la condition prescrite en général, pour toutes les inscriptions, elle l'est encore bien plus impérieusement pour les légendes des médailles </ui ne comportent ni périodes, ni phrases et ne peuvent souvent contenir que trois ou quatre mots. (Je point une fois reconnu, il faudra pareillement reconnaître L impossibilité presque absolue de les composer dans une langue qui ne peut marcher sans le long attirail des articles et des verbes auxiliaires, et qui n'admet ni les ellipses, ni même à peine quelques légères inversions. Ces considérai ions, auxquelles on pourrait en ajouter encore plusieurs autres, paraissent devoir suffire pour justifier auprès des bons esprits la préférence que les auteurs de celle Histoire ont donnée à la langue latine sur la langue française.
La composition <le cet important ouvrage ayant été confiée à la Classe d Histoire et de Littérature ancienne, elle a nommé des Commissaires pour préparer le travail et le soumettre à sa discussion . Ces Commissaires sont MM. Dacier, Secrétaire perpétuel, Visconli, Mongez, Qua I réméré de Qui ne y, Pelil-Radel, Silveslre de Sacy qui a remplacé M. Ameilhon, mort à la fin de l'année '1811. La Commission ayant perdu, au commencement de l'année précédente , M. Chaude!, son dessinateur, membre de la Classe des Beaux- Arts, lui a donné pour successeur M. Lemol, membre de la même Classe.
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17 Vendémiaire an VUI (fi octobre 179!) .
La France, l pompée dans ses espérances les plus chères cl laliguée d un ( iouverneincnl dont l'inconsistance, 1 incertitude et la laiblesse souvent lyranni(|ue rouvraient ses plaies, au lieu de les cicatriser, el lui faisaient craindre de voir renaître les factions el les discordes civiles, soupirait apres un Libérateur ( 1 1 1 i réparât les maux qu elle avait soullerts. el la préservât du retour de 1 anarchie sous laquelle elle avait si longtemps génn. I n seul homme pou\ail lixer son choix et remplir ses espérances ; mais il s’était éloigné de sa patrie pour la servir, cl la Victoire, sa compagne lidèle, semblait avoir abandonné nos camps, pour le suivre sur les bords du Nil. Tous les yeux étaient tournés vers l’Orient d’où la Nation attendait son salut ; tous les vœux rappelaient Napoléon; sa grande âme les avait devancés ; il connaissait l’étal el les dangers de la France; il accourait pour la sauver. A la nouvelle soudaine cl inattendue de son arrivée, tous les cœurs volèrent au-devant de lui, toutes les inquiétudes furent dissipées, et il fut accueilli par les transports de la joie universelle. Les espérances el les sentiments que lit naître la présence du héros dont le retour était si ardemment désiré, sont le sujet de la médaille.
File représente, d'un côté, la tête de Napoléon, vue de face, et entourée de rayons qui en font une image du Soleil levant. Au-dessous, on lit le mot
OUIEiN'S. Ce type d la légende indiquent à la fois que l'arrivée du héros fui l’aurore du bonheur publie, el cpie lui-même, malgré la gloire éclatante dont il s’élail déjà couvert, n’élail encore, pour ainsi dire, qu'à l'entrée de la noble el immense carrière qu'il avail à parcourir.
Son débarquement sur le territoire français forme le lype du revers: la France, assise sur le rivage, tend les bras à son Libérateur qui descend du vaisseau sur lequel il a traversé la mer; l'Égypte d’où il est parti, esl désignée par le Sphinx dont la proue du vaisseau esl ornée. La légende, empruntée de \ irgile : EXPECjTA rivVE.MS ■ \ ous arrivez, vous qu’on a tant désiré », exprime les sentiments dont Ions les f rançais étaient animés. Les mots: FELIX’ADVEX 1 \ S'NEAPOLIOX IS — (la rédaction esl inachevée .
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\ la suite de sa victoire sur les Turcs à Aboukir, le 24 juillet 1799, Bonaparte remit le commandement général de l'armée d’ Egypte à Kléber et. le fructidor an VII ;22 août 1799), il s'embarqua sur le Muiron. à Alexandrie, pour rentrer en France. Il aborda à Fréjus le 17 vendémiaire an Mil (9 octobre 1799), après une traversée de quarante el un jours, durant laquelle il avail réussi à tromper la surveillance de la flotte anglaise. Le même jour, il partit pour Paris.
La Commission des Inscriptions et Médailles, dans sa septième séance, le samedi 28 août 1800, mit en délibération la médaille qui devait, dit le procès-verbal, » servir d’introduction à l'Histoire numismatique de Sa Majesté, et que, sous ce point de vue, on peut appeler, pour ainsi dire, du nom de Medaille-Prefacc >■ : on la désigné aussi sous le nom de Médaille introductive. Qualremère de Quincy prit la parole en ces termes : « Je propose pour sujet : D’un côté, serait représenté un grand trophée d armes el boucliers sur lesquels seraient gravés les noms des victoires d Italie et autres faits qui ont précédé le XVIII Brumaire. La Victoire attacherait un nouveau bouclier sur lequel elle écrirait : Bataille d'Aboukir, la dernière de celles qui précédèrent le retour de Bonaparte. Pour légende : Sic ilur ad aslra; pour exergue : Spes palriæ. De l'autre côté, le Retour de Bonaparte en France, ainsi qu'il suit : Bonaparte serait représenté descendant du vaisseau (pii la ramené d’Égypte et mettant le pied sur le sol de la France. Ln sphinx sculpté sur la proue du vaisseau indiquerait le lieu d'où il vient. Neptune, accompagnant Bonaparte, serait figuré dans l’action de le rendre à la France. Celle-ci, assise par terre, tendrait le bras au guerrier qui lui présenterait le secours de son épée. La légende serait : Ex L'gyplo redux; 1 exergue : Salas Palriæ. »
Pascal Gossellin propose pour sujet : « Une tète rayonnante, vue de trois quarts ou de profil, dont le type serait pris sur un portrait de l’Empereur. Autour de cette tôle, à l’extrémité des rayons, on placerait une couronne de lauriers ou deux palmes sur chaque feuille desquelles on lirait un des principaux exploits antérieurs au XVI11 Brumaire. La légende serait ce mot seul : üriens.
Le 4 septembre 1806, la Commission adopte, pour la tète, la proposition de Gossellin et, pour le revers, le projet de Quatremère de Quincv. mais la légende sera : Feli.v advenlus Xeapolionis; l'exergue : Expeclale , ueni '. Si l’on préfère l’emploi de la langue française, la légende sera : La L rance saucée; I exergue : Arrivée du général Bonaparte à Fréjus , el la date [9 octobre 1799 . La Commission délibère de nouveau sur ce projet en septembre et octobre 1806, puis les 12 et 23 janvier 1807. On propose d'autres légendes, même en français, par exemple : Aurore de la félicité publique.
Des esquisses sont présentées par Chaudel, les 24 mai, 21 et 28 octobre 1808. Deux ans après, en dernière révision, les 16 el 23 novembre 1810, Lemol. qui avait succédé è Chaudel comme dessinateur de la Commission, apporte un dessin qui est approuvé le 7 décembre 1810.
Le portrait de Bonaparte en tête de cette Notice a été dessiné par Dulerlro, au Caire, en 1798.
I. Quibus, Hector, ab o ris Expeetale venis. Virijile, Enéide. Il, 283. La Notice explicative est conforme au vers de Vlrglk'' '';""I|S ‘tue le dessin de Lemot emploie l'impératif Veni. - Une médaille au lype de Bonus Event us. gravée par ''aile el frappée à la Monnaie de Paris, sous la direction de Denon, rappelle le débarquement de uonaparte a r réjus. Trésor de numismatique. Révolution française, pl. LXXIli.n" ta.
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