DOTATION DES HOSPICES
15 Brumaire an IX (6 novembre 1800).
Le malheur des temps avait lait dépouiller de leurs revenus les établissements qui servaient d’asile à l’enfance et à la vieillesse indigente, et ceux où l'humanité souffrante trouvait tous les secours de l’art et d’une charité plus salutaire encore.
L'intention n’avait pas été de priver les pauvres et les malades de ces secours ; mais, en vendant les biens des Hospices cl en substituant à des revenus fondés des revenus sujets aux variations du système et de l’état des finances, on avait exposé le patrimoine des pauvres a toutes les vicissitudes de la Révolution. Ainsi, lors de l’avènemcuLde Napoléon, les Hospices étaient dans la plus grande détresse, cl le plus grand désordre régnait dans leur administration.
Rétablir plusieurs des usages qu’une longue expérience avait consacrés, fut un des premiers actes du Gouvernement consulaire. L'administration paternelle des Hospices, connue jadis sous le nom de Grand Rureau des
Pauvres, fui recréée, el les intérêts des indigents furent de nouveau confiés ;i des citoyens recommandables parleurs vertus, dont la gestion est d’autant plus active et plus vigilante qu’elle est entièrement gratuite.
Bientôt, les Hospices rentrèrent dans tous ceux de leurs biens (pii n’avaient point été aliénés. Les particuliers recouvrèrent la faculté d’augmenter par des legs pieux la fortune des pauvres. Toutes les réformes qu’on jugea nécessaires furent faites, el de nouvelles améliorations ont porté le régime des Hospices à un degré de perfection inconnu jusqu’alors en France.
Tous ces bienfaits sont le sujet de la médaille.
Le type représente le péristyle d’un temple, sur la frise ou sur les côtés duquel on lit ces mots : PIFTAS* A VGVSTA, empruntés de plusieurs médailles romaines destinées aussi à célébrer la piété ou la bienfaisance du Prince.
Sur le devant du péristyle sont, d’un côté, la Charité avec ses attributs ordinaires, et, de l’autre, la Libéralité publique, qui lient une corne d’abondance remplie de pièces de monnaie qu'elle verse dans le sein de la Charité.
On lit à l’exergue: B EDIT VS • IIOSPITIIS • DFXVO • A TTB1BVT1, •< les Hospices sont de nouveau dotés ».
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Les revenus îles Hôpitaux el Hospices, qui atteignaient huit initiions el demi en 178!», étaient réduits en l'an l\ (1801) à un million huit cent mille francs, par suite des aliénations el de la mauvaise gestion de la période révolutionnaire.
Le Gouvernement consulaire prit différentes mesures pour rendre aux Hospices civils tout ou partie des biens qui leur avaient été enlevés pendant la Révolution, ou pour remplacer ces biens par une dotation nouvelle. L'arrêté du l."> Brumaire au l\ 6 novembre 1800), règle " le paiement des sommes dues aux Hospices civils et le remplacement en capitaux de leurs biens aliénés >■. L’art. \II attribue a ces Hospices une somme de quatre millions de revenus eu domaines nationaux.
Ce n'était là rien de moins que l'organisation administrative de 1' \ssis lance publique en France; elle fut complétée par l’arrêté du 27 Nivôse an 1\ (17 janvier 1801 1, qui constitua le Conseil général des Hospices, et celui du 7 Messidor de la même année (26 juin 1801 qui réglementa leurs dotations.
La Commission des Inscriptions el Médailles plaça ces divers arrêtés au nombre des grands fait» de l'histoire de Napoléon dignes d'être commémorés par une médaille. Le 2 août 1808. ce sujet est mis à l'étude. Le 0 août, \mcilhon propose un type composé de trois figures allégoriques : « L'une serait l'Hospitalité, représentée sous la forme d’une femme à demi couchée el tenant un enfant dans ses bras; la seconde serait la France, accompagnée de la Justice, répandant des pièces de monnaie dans le sein de l'Hospitalité. La légende serait : Pielas augusla: l'exergue : llo&pilia dolatu .
Monge/, propose : ■ lin péristyle de temple, sur le fronton duquel on lirait : Pielas. Celte divinité serait vue debout figurée entre les colonnes du péristyle. La légende serait : Paiiperilius recep/acula clenuo praeslila. L'exergue : Hedilus h ns pi /iis adilirli. »
Le 16 août, la Commission arrête : » Le fond du type sera occupé par un péristyle de temple sur la frise duquel on lira : P ielas nugusla. En avant, seront, d'un côté, la figure île la Charité, de l'autre, celle de la Libéralité tenant une corne d'abondance, de laquelle tomberont des pièces de monnaie dans le sein de la Charité. L'exergue sera : lledilus hospi/iis denup Qllribitli. >
Fil'»
OlYEKTURE 1)1 MI SÉE NAPOLÉON
i& Brumaire an IX (.9 novembre 1800).
Ce fui le 18 Brumaire de l’an IX (Il novembre 1800), jour anniversaire de l’avènement de Napoléon au gouvernement de l’Empire, qu'on ouvrit à la curiosité du public le Musée des Antiques, qui a été réuni depuis avec celui des tableaux, sous le litre de Musée A upoléon. Ce musée est dû aux victoires du chef de l’Empire, et c’est le motif pour lequel on a cru devoir en consacre]- l’origine et l’ouverture dans l’IIistoire métallique du Fondateur.
La médaille a pour type une porté ornée de deux colonnes et d’un entablement sur la frise duquel on lit l’inscription actuelle : MVSEVM ■ NEA- POLIONEVM. Chacun des deux battants est ouvert en dehors par une Victoire tenant une palme, pour exprimer (pie c’est la Victoire qui a créé ce temple des Arts et qui donne au public la jouissance des monuments qu’il renferme; ce que confirme la légende : Al) * ABTIVM • MONVMENTA * PVBLICANDA. On lit à l’exergue la date du jour anniversaire de l’avônement de Napoléon : IX • NOVEMBRIS • ANNI • SÆCVLARIS.
F. C I.AIBI il SS F MF X T
Le comte de Clarac raconte, dans son Musée de Sculpture italique el moderne1, l’effroyable désordre dans lequel la Révolution avait jeté le Palais du Louvre. Le premier soin de Bonaparte, après qu'il eut commencé à enrichir la France des dépouilles artistiques que lui abandonnèrent les pays conquis par ses armes, lut d’ordonner le nettoyage du Louvre, la mise en état et la somptueuse décoration de nombreuses salles et galeries destinées à l’installation de ces richesses nouvelles, qui venaient prendre place à côté de celles que nos Bois avaient déjà rassemblées. L’architecte Raimond dirigea avec la plus grande activité ces travaux considérables, et l'inauguration cl n Musée par le Premier Consul put avoir lieu dès le IN Brumaire an l\ II novembre 1N00 -’.
Dans sa séance du mardi 12 juillet ISDN, la Commission des Inscriptions et Médailles met à l'étude un projet de médaille ayant pour but de consacrer celte Fondation du musée des Antiques.
Ameilhon est d'avis de représenter : « Une salle remplie île divers objets d'art, comme sculpture, peinture, architecture, gravure. Au haut, serait un génie brisant la faux du Temps. La légende serait : O/terunt arlis ornais aevi providenlia serval rix. V l’exergue : Muséum .Xeapotionis. »
Mongez propose : Le groupe du Laocoon placé entre l'Apollon du Belvédère et la Vénus de Médicis. Légende : Vicloriis parla, nuisis dicala. Exergue : Muséum .Xeapotionis. Aaao 1 800 J .
Pelil-Radel présente trois motifs au choix : ■ Le premier ligurerait la Vénus de Médicis. le Laocoon et 1 Vpolloû du Belvédère, et pour légende : Muséum sui nominis condilum. Le second type serait l'Apollon du Belvédère, d’un côté; la Vénus de Médicis, de l'autre; la l’allas de Velletri, au milieu, tenant des couronnes de lauriers ; pour exergue : Muséum ex manubiis condilum. Le troisième type, plus simple, serait la porte extérieure du Musée el une V ictoire étendant la main pour en indiquer l'entrée. Même légende. Pour exergue : Publico munere. »
Le 19 juillet ISDN, V isconti propose : • La porte du Musée avec les deux colonnes qui la décorent et l'entablement porté par ces colonnes. Dans la frise on lirait : Muséum Neupuliluneum. Les battants de la porte s’ouvriraient en dehors: de chaque côté serait une Victoire placée extérieurement el dans l'action de les ouvrir d’une main; l'autre main tiendrait une palme et une couronne. On prendrait le motif de cette composition dans le dessin d'un cippe funéraire antique. La légende serait : Ad arlium monumeula publicanda. L'exergue : XVIII Brumaire. IX novemb. anni sæcularis. »
En raison de la diversité des projets et de la variété des époques et des événements auxquels se rapportent les objets exposés dans les galeries du Musée, un membre de la Commission est d'avis qu'il suit fait deux médailles. l'une qui rappellerait la conquête des plus belles statues antiques, l'autre qui fixerait l'ouverture du Muséum ». Pour la première de ces médailles, la question est renvoyée à un examen ultérieur; mais pour la médaille de l'ouverture du musée Napoléon, la Commission adopte le type proposé par V isconti : la porte même du Musée des Antiques, avec l'inscription : Muséum Neapolioaeum .
Le vendredi 23 décembre INI IN, la Commission entend la première lecture de la Notice : deuxième lecture et ratification le 6 janvier 1N09:|.
1. F. de Claiiac. Musée de sculpture antique el moderne. I. I, p. 397 (Paris, 1841).
2. Raimond fut architecte du Louvre de 1798 à 1B05, époque où il fut remplacé par Percier el Fontaine.
3. L'inscription de l'exergue el la dote manquent sur le dessin de Cliaudel.