DANS LA PLAINE D IVISA
7 Brumaire an .X! 2'J octobre 1802).
Lu bataille d’Ivry, gagnée par Henri IV sur la Ligne cl les troupes espagnoles, avail détruit les espérances des étrangers et des faclions qui déchiraient alors la France. Un obélisque élevé sur le champ de bataille était le monument d’une victoire dont les effets avaient été si heureux; et en rappelant la mémoire d'un grand et bon Roi, ce monument était encore une leçon propre ii inspirer aux peuples l’horreur des discordes civiles.
L aveugle fanatisme qui, pendant la Révolution, poursuivit, la Royauté jusque dans les moindres signes, et même dans les souvenirs de son existence, renversa le monument du grand Henri.
Napoléon passant dans les plaines d’Ivry voulut reconnaître sur le terrain la position désarmées; il s’y lit conduire par les habitants du lieu et entendit avec intérêt le récit qu’ils lui firent de plusieurs particularités locales, dont une tradition non interrompue leur a conservé le souvenir. A la vue de
WM
if'
'•3*idTï**
JUJir^UJir .
nti —
remplacement et des ruines de l'obélisque élevé par Henri IV. l’idée de rétablir le monument d’un Roi qui avait conquis son propre royaume, ne pouvait, échapper au héros qui venait de conquérir la France par ses bienfaits. Il ordonna que le monument de la victoire d’Henri IV fût rétabli; el, pour le consacrer en même temps à la gloire du Roi et à l’utilité des peuples, il voulut qu’une inscription rappelât sans cesse que les malheurs de la France, à cette époque, avaient été en grande partie le résultat de l’appel fait aux étrangers par les Français, el vouât à l’indignation des siècles à venir tout parti (pii attirerait au sein de la France des armes ennemies.
Fa médaille représente le monument même d’Henri IV, tel qu’il a été restitué au milieu de la plaine d’Ivry, et qui consiste en une colonne ornée de trophées, sur laquelle une Renommée, la trompette en main, attache une couronne. Les inscriptions sont figurées sur le piédestal.
La légende, IIENRICI • QVARTI • TROPAEA 1 H EST I T VT A. apprend que Napoléon a relevé les trophées d'Henri IV. Celle de l’exergue. 1VRIACF A N NO - Fi'.M), offre le nom du lieu el la date de la bataille.
Kn novembre 1802, Napoléon, accompagné de l’Impératrice Joséphine, lil en Normandie un voyage, dont le but principal fut d'inspecter les ports du Havre et de Dieppe. 11 arriva à Kvreux le 29 octobre (7 Brumaire an \1 , apres avoir visité le champ de bataille d’Ivry, excursion que la Commission des Inscriptions el Médailles, dans sa séance du 27 septembre 1808. résolut de commémorer par une médaille. Le i octobre 1808, Visconti propose pour type le dessin du monument d'Henri IV tel qu’il a été restitué : « La Renommée, une trompette à la main, paraîtrait y vouloir attacher une couronne de laurier. La légende sérail : Henrici Iropseo reslilula; 1 exergue : Ivriaci, » Monge/, propose : « Napoléon à cheval sur le champ de bataille d'Ivry, accompagné .le deux militaires montrant de la main droite les débris du monument. La légende serait: Henrici magni tropæa reslilula. L'exergue : Ad Ivriacum. Anno 1802. «
Le mardi 11 octobre 1808. la Commission décide : « Le type représentera le monument même, tel qu’il a été restitué : Une Renommée, la trompette en main, y attachera une couronne. La légende sera : Ilenriri quarli Irnpaea reslilula. L’exergue : Irriaci. Ann... •< La bataille d Ivry est du 14 mars 1590.
Ce projet fui dessiné par Chaudel. Mais, un an après, des modifications furent proposées, ainsi qu'on le constate dans le procès-verbal de la séance du 12 septembre 1809 :
« La Commission avait arrêté, dans sa séance du [mardi 1 1 octobre 1808 , que sur la médaille de la restitution du monument d'Henri IV à Ivry, on représenterait pour tout objet ce monument. M. Chaudet en avanl procuré à la Commission la connaissance exacte, et ce monument consistant en un simple obélisque, la Commission est d’avis que ce type serait peu significatif el peu d'accord avec la légende Henrici magni Iropaea reslilula. Kn conséquence, elle s’occupera dans la prochaine seance d'un nouveau sujet de type pour cette médaille. "
Le 19 septembre 1809, la Commission arrête .< que des deux côtés de l’obélisque on placera une Victoire, l’une occupée à écrire sur un bouclier le nom de la bataille d’Ivry, l’autre recueillant en un trophée des armes dispersées. » Ce nouvel arrangement ne paraît pas avoir été exécuté.
un
RÉORGANISATION 1)K L'IXSTHTT
$3 janvier 1803 cl 20 murs 1805.
La Révolution qui, comme un torrent destructeur, avait entraîné dans son cours toutes les institutions utiles, n’avait point épargné les Académies. Quand le calme eut commencé à renaître, les hommes qui travaillèrent les premiers à réparer les maux qu’elle avait faits, sentirent que la protection accordée aux lettres et à ceux qui les cultivent, était la digue la plus forte et la plus sûre qu'on pût opposer aux progrès de la barbarie. Ils créèrent un Institut national des sciences, des lettres et tics arts, et, à l’abri de celle institution nouvelle, les Muses recommencèrent à faire entendre leurs voix.
Cet établissement, quoique formé tout à coup et sans avoir consulté l’expérience, fut cependant un des services les plus signalés qu’on pût rendre à la Nation, mais on ne tarda pas à y remarquer quelques-uns des défauts trop ordinaires même aux plus belles théories quand on en fait l’application.
Napoléon, qui avait été frappé de ces défauts, s’empressa de les lairc disparaître. Il donna à l'Institut une nouvelle organisation conforme à l'esprit
ai
(les anciennes Académies. En conservant l'intégralité du Corps, il le divisa en quatre Classes, entre lesquelles il partagea la masse entière des connaissances humaines, et il rappela dans chacune de ces Classes les membres de l’ancienne Académie qu’elle remplaçait et qui n’avaient point encore été admisà l’Institut.
La médaille relative à cette nouvelle organisation a pour type quatre ligures, emblème des quatre Classes de l’Institut, assises autour d'un buste de Minerve. Chacune de ces ligures porte le symbole caractéristique du genre de connaissances ou d’étude auquel la Classe qu’elle représente est consacrée. La légende : I XSTITVTVM ■ SCIEXTI A KVM • LITTERA RVM • A KTIVM, donne le titre de L I nsi il ut . L’exergue: \ OYIS • LEGUA S A YGTYM • EX • DECHET! >. Anno 1803 j, olïVe la date de la nouvelle organisation.
i:i:i.a/hcissi:mi:.\t
•Il ixoa par le Prem encore installé aujourd'hui. I); i'l Médailles décida de consac
On a vu dans noire. Introduction (pie l’Inslilul lut réorganisé eu 1<xo:t par le Premier Consul, cl qu'un décrel impérial du :2.'> mars 1 Ht l.'i lui affecta le Palais où il est sa séance du mardi 11 avril 1H01I, la Commission des Inscription!' ces mesures si libérales de Napoléon par une médaille rommémorali\c.
Le 1S avril. Mongez propose pour type : .< Hercule debout jouant de la lion, an milieu îles Muses, comme sur les médailles d'argent de la fam Hercules Musarum: exergue : tiislituluin Scient. I.itter. et Arliiim slabiii/um.
Yisconti propose : •■ Le buste de Minerve lel qu'il est sur la médaille de l'Institut. La légende
serait à deux I . . et porterait : Colleyium virorum scientid, li/teris, artificio pneslanlium le// Unis
inslilulum , noms legibttS auclutn. La date serait dans le champ même de la médaille. ».
Quatremère de. Quiney expose: ■ Comme la réorganisation de l'Institut a consisté particulièrement
\ élu île la peau de Pomponîa. Légende :
trouvé délinilivi Vu tour du Inisl
répartition au moyen de laquelle ce Corps, l'orn eut composé de quatre, il semble que celle rém de Minerve fait en forme d'hermès, seraient as et ayant chacune le symbole caractéristique d illicum Inslilulum nova online inslauralum. IC.i tvril ISO!), la Commission arrête : .< Le type repr buste de Minerve fait en forme d'hermès ou de I lasses de l'Institut sous la forme de quatre figm ou le symbole caractéristique de chaipie (lias Arlium. \ l'exergue: Nncis let/ibus uuclum e.r cl
é seulen valion poui lises quatre s chaque c décréta. L;
3nl de tro ni riait :
est
exprimer ain:
res de femmes de l’I
La
date. "
s le milieu du champ ir de ce buste seront es tenant chacune en : Inslilulum
lKIKij.
estmen r-’rr- nrrfrr~fmrrrrr
JJgft
LA (’()\S TITl TI()\ IIKLl KTIQLU
30 Pluviôse an XI II) février /HO 3).
L H cl vol ie. depuis plusieurs «innées, cl fi il en proie ii des factions opposées «pu se dispu laienl le pouvoir au grand préjudice de la nalion. Napoléon voulut èlre le médiateur cuire Ions les partis. Par sa proclamation du 20 septembre lN02. d enjoignit au Sénat de s assembler à Berne cl lil cesser toute autre réunion soit civile, soit politique ou militaire. Une députation du Sénat et des Cantons vint, bientôt après, à Paris et fut admise à lui présenter les projets < I u elle croyait les plus propres a concilier les intérêts des dillerents partis et h rétablir la tranquillité publique.
Napoléon discuta lui-même les prétentions et les droits de chacun deux dans une réunion de dix membres choisis parmi ceux qui composaient la députation, et lixa dans un Acte de médiation la Constitution des dix-neuf Cantons. De lii naquit l’Acte fédéral qui a réuni de nouveau l’IIelvélie sous les principes combinés des Constitutions respectives de chacune de ses parties,
a . ;te:;
A.'.'jgllPlS
ib ur ni u liixfT.-g-;
fS
el c’csl eu verlu de cel Acte que Napoléon, le III lévrier 1803, reconnut cl lit reconnaître la Nation Suisse pour une puissance indépendante.
La médaille destinée à consacrer la mémoire de ces laits représente les députés de l’IIelvélie jurant de maintenir la nouvelle Constitution, autour d'un autel dont une des faces porte ces mots : Conslilulio Helveticu , et sur lequel est un feu qui jette de la flamme el qui fait allusion à l’unité du foyer de famille, emblème connu des antiques fédérations.
La légende du type: XEAPOLIONIS • PR&VIDENTIA, et celle de l’exergue, CONCOKDIA • HELVETIORVM ■ FVNDATA, proclament Napoléon comme le génie tutélaire de l'IIclvélie el le fondateur de la concorde et de l’harmonie qui y régnent.
cclaihcisskuc.xt
proposa pour
• lettre adressée, le 30 septembre 1802, aux dix-huit cantons de la Suisse, Bonaparte se être leur médiateur dans les différends survenus entre eux et pour leur donner un nouveau pacte fédératif. Le jeudi, 23 décembre suivant, le Premier Consul reçut aux Tuileries les cinquantesix députés helvétiques, avant à leur tôle le landmann Louis d'Afiry, venus pour le remercier : ils lui furent présentés par Talleyrand, L'Acte de médiation fut ratifié le 18 février 1803. et la première assemblée du Grand Conseil du canton de Yaud se tint le 14 avril suivant1.
Le 27 septembre 1808, la Commission des Inscriptions et Médailles met au nombre des sujets de V Histoire métallique « l’Organisation de l’IIelvétie ».
Le 4 octobre. Monge/, propose pour type : » Un grand cippe sur lequel on lirait : Numini Pacifero. Devant le cippe, deux llelvétiens se donneraient la main; à leurs côtés, deux autres élèveraient les mains vers le cippe. La légende serait : \eapolionis providenliÛ llelvelii concordes. L'exergue : Anno 1 18031- »
Yisconti propose : » L siège magnifique, son bras la patère qu'elle tient dans y lirait : Consl. lielv. La
a Concorde, comme dans les médailles romaines ; elle serait assise sur un i gauche porterait la double corne d’abondance. Sa main droite, au lieu de l'antique, présenterait la Charte constitutionnelle dictée par Napoléon. On légende serait ;
Paru
les
v-dia Helveliorum fundala. L’exergue : Communia n pourrait placer quelque
lements du ;
jura Fœderalis data. Anno 1803 emblème de la France, comme le coq. »
Le mardi 11 octobre 1808, la Commission adopte le type dessiné par Chaudet.
1. La médaille ci-dessous, gravée par Amlrieu, fut frappée ; française, pl. XC1V, n" B.
: Trésor de numism. Révolution
Irfll
Kl#
ft.rrwn-nH-T imrrw rmTTT«rn rTTTTT, ■ w. im f. m y-T^7TrwnrTf.^.W^^|y-/xiTClTmea«ja;