K\TI{EE DES FRANÇAIS DANS VIENNE
23 Brumaire an \/l 1 ! novembre 1805).
La victoire d’Ulm ouvrit à Napoléon les portes de \ ieuue. Celte fiôre cité, (pii se glorifiait d'avoir vu autrefois échouer sous ses murs toute la puissance ottomane cl ses armées innombrables, ne songea pas même à s’opposer aux Français, (pii y entrèrent sans éprouver aucune résistance. Ils y trouvèrent plus de deux mille pièces de canon, un nombre immense de fusils et des munitions de toute espèce, en quantité suffisante pour fournir aux besoins de plusieurs années en campagne. A la terreur dont cette grande ville dut être frappée îi l’aspect des aigles françaises, succédèrent bientôt l’admiration et la sécurité. L'ordre et la discipline des troupes victorieuses, la soumission et la tranquillité des habitants firenl naître et entretinrent entre les vainqueurs et les vaincus une sorte de bonne intelligence et même de bienveillance réciproque, qu’on pourrait regarder comme un présage des nœuds qui devaient un jour unir la France cl l’Autriche, en unissant leurs souverains.
La médaille relative à l’entrée des Français dans Vienne a pour type la
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1. Plusieurs médailles françaises el. italiennes ont été frappées pour célébrer l’entrée des Français dans Vienne en 1805. Trésor île numism. Empire français, pi. IX, nu» Tel s.
Ville personnifiée, ayant la couronne crénelée en lèleef présentant les clefs à son vainqueur.
La légende est : VI X 1)0 BOX A • IX • DEDITIONEM ACCEPTA, « Vienne soumise ». L'exergue. AXXO. 1805 1, donne la date de l'événcmenl.
ÉCLAIRCISSEMENT
Après la capitulation d'L'Im, Vienne tomba au pouvoir de Murat et de Latines, le 13 novembre 1805 ; Napoléon la traversa incognito, dans la nuit du 13 au li ; il y revint et y fit son entrée solennelle, le lendemain 14 novembre; puis il alla s'installer au château de Schœnbrünn, pour préparer la campagne d’Austerlitz.
Le li septembre 1809, la Commission des Inscriptions el Médailles met au nombre des sujets de V/fisloire métallique « l’Entrée dans Vienne ».
Le 3 octobre. \ isconti propose pour type : ■■ La \ille de Vienne, une couronne crénelée en tète, un genou en terre, portant un plateau on sont les clefs de la ville. Pour légende : Vindobonâ in deditionem accepta; pour exergue, la date. »
Mongez propose : « La \ i Ile de Vienne personnifiée, présentant ses clefs ;'i Napoléon. Le Danube serait aux pieds de la Ville. La légende serait : (lermaniæ capul (lattis submissum ; l'exergue ; I 7mddbonâ in deditionem susceptd. 1805. «
La Commission. » considérant qu'elle aura à faire une seconde médaille du même sujet et pour se réserver le moyen de varier les compositions, est d'avis que la seconde prise de Vienne (en 1809] devra comporter un type plus riche ; qu'il suffira, pour la médaille actuelle, d’une seule figure dans le goût de la médaille antique représentant soit le Parthe, soit I' Vrménieà genoux ». En conséquence, elle arrête ainsi qu'il suit la médaille de la prise de Vienne :
" Son •.VP1’ représentera la Ville de Vienne personnifiée, un genou en terre, une couronne crénelée sur la tête, présentant ses clefs. Aucune autre figure ne sera sur le type. La légende sera : Vindobonâ in deditionem accepta. L’exergue portera la date '. »
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29 Brumaire an A /l ’ [20 novembre 1805).
Peu de jours avant la l>a( aille d'Austcrlil/, l’Kmpereur fit occuper par ses troupes la ville de Brünu, capitale delà Moravie. Le prince Mural y entra le 27 Brumaire de l’an XIV ( 18 novembre 180.ii, sans éprouver aucune résistance. Deux jours après, I hinpereur y entra lui-même el reçut en personne la soumission el les hommages des États de la Moravie, à la tête desquels était l'évêque de Briinn.
La médaille relative «à l'occupa lion de cette Aille la représente personnifiée et assise au pied d'un trophée, dans l’altitude d’une captive. L’eau (pii jaillit du rocher placé auprès de la ligure, esl celle de la source (pii a donné le nom à la ville.
La légende, MARCOMANNIS • SVBACTIS, dit que la Moravie a été subjuguée. On sail que celle contrée était habitée, dans les temps anciens, par des peuples Germains connus dans l'histoire sous le nom de Mnrcomanni.
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BATAILLE D’AI STERLITZ
Il Frimaire un XIV \2 décembre 1805).
« Soldais, je suis conlenL de vous ; vous avez, à la journée d’Austerlitz, justifié tout ce que j’attendais de votre intrépidité. Vous avez décoré vos aigles d’une immortelle gloire. Une armée de cent mille hommes commandée par les empereurs de Russie el d’Autriche a été, en moins de quatre heures, ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé a votre fer, s’est noyé dans les lacs. » C’est ainsi que, le lendemain de cette victoire mémorable, Napoléon félicitait son armée. La postérité aura peine à le croire : quarante drapeaux, les étendards de la Garde Impériale de Russie et cent vingt pièces de canon enlevés ; vingt généraux et plus de trente mille hommes faits prisonniers; les Empereurs de Russie cl d’Autriche en danger de l’être eux-mêmes ; tel fut le résultat de cette grande journée qui anéantit la troisième coalition.
Le type de la médaille consacrée à célébrer cette victoire représente l’Empereur sur un char de triomphe attelé de quatre coursiers : des soldats portent ses trophées aux deux côtés du char.
La légende, DIVERSO • EX • HOSTE, « enlevés à deux ennemis », empruntée d’un vers de Virgile, éternise la défaite des deux Empereurs. Les mots AD • ÀVSTERLITIVM • DIE • NATAL I • IMPERII ■ II • DECEMB • M'D'CCCV, rappellent l’anniversaire du couronnement de l’Empereur, jour de la victoire d’Austerlitz.
ÉCLA 1SCISSEMENT
Le 3 octobre 1809, la Commission des Inscriptions et Médailles met au nombre des sujets de Y Histoire métallique ■■ la Victoire d'Austerlitz », que les soldats appelèrent plus communément « la journée des trois Empereurs ».
Le procès-verbal de la séance du 10 octobre suivant contient ce passage :
'< La médaille de la victoire d’Austerlitz ayant été faite il y a près de deux ans et le dessin en ayant été, avec quelques autres, présenté à l’Empereur, la Commission est d'avis que le même sujet soit reproduit dans la suite de Y Histoire métallique ; en conséquence, il est arrêté que :
« Pour la Victoire d’ Austerlitz, le type représentera l'Empereur dans un quadrige, vu en face ; de chaque côté sera un tropæifère (porle-tropliée i. La légende sera: Diverso ex hosle ( tropliæo sousentendu). L'exergue sera : Ad Austerlilium. Die nalali Imperii. 2 décembre 1805 '. »
>■ Plusieurs médailles ont été frappées en mémoire de la victoire d'Austerlitz. Trésor île numismatique. Empire français, pl. IX, n°* 9 à 13. Celle que nous reproduisons en cul-de-lampe, gravée par Galle, représente l'Empereur à Seliœnbrünn, accompagné du Prince Mural et recevant une députation de la municipalité de Paris venue pour le féliciter de ses victoires et le remercier des drapeaux cl des canons pris sur les Russes à Austerlitz et donnés à la ville de Paris. La ville de Schœnbrünn est personnifiée aux pieds de l'Empereur (Voyez notre Introduction, p. XXI et ci-après, p. 208 1. Une variante de la même médaille donne à Napoléon le titre de Roxolanicus maximus ; en outre, une sixième ligure, la Ville de Vienne, est représentée agenouillée, en larmes, dans le fond de la scène, devant l'Empereur.