DRAPEAUX REPRIS A INSPRUCK
l(i Brumaire an XIV 7 novembre 1 805 .
On conservai! avec orgueil dans L’arsenal iPInspruck deux drapeaux français que les vicissitudes de la guerre avaicnl l’ail tomber au pouvoir des Autrichiens. Ce trophée leur était d’autant plus précieux, que la valeur et la fortune de nos guerriers leur avaient rarement permis de s’emparer de pareilles dépouilles. Quand l’armée française entra dans Inspruck, un oflicicr, en visitant l’arsenal, y reconnut les deux drapeaux. A celte nouvelle, les soldats du Corps auquel ils appartenaient, accourent en foule et les redemandent îi grands cris. Le maréchal New cédant à leurs prières, ordonna qu’ils leur fussent rendus ; et cette restitution s’effectua avec une pompe dont l’éclat était encore relevé par les larmes de joie qui coulaient des yeux de tous les vieux soldats, et la vive allégresse des jeunes conscrits, tiers d’avoir contribué à reprendre les enseignes enlevées à leurs aînés.
L Empereur a voulu que celte scène touchante fût consacrée par un tableau ; elle méritait aussi d’être le sujet d’une médaille. Celle-ci représente
un soldat français portant un faisceau de drapeaux entre lesquels on remarque les deux enseignes gardées à Inspruck.
La légende, SIGNIS • RECEPTIS • DE • VICTIS • GERlMANIS, est empruntée de la médaille de Germanicus, (pii avait pareillement recouvré les enseignes (pie les Germains avaient enlevées à Varus. L'exergue, AD • OENI- PONTKM- ISO.'i, donne le nom latin de la ville d'Inspruck et la date de l’événement .
Lit'. I.AJ /{El SS EM EXT
Le maréchal Noy s'empara d'Inspruck le lli Brumaire an \l\ (7 novembre ISOai. Le 251' Lîullel i n de la Orandc Armée, daté de Scluenbrunn, le 2."> Brumaire an VIN. rend compte comme il suit de ce fait d’armes : « Pendant la guerre dernière, le 70° régiment de ligne avait perdu deux drapeaux dans les (irisons : cette perte élait depuis longtemps, pour ce Corps, le motif d'une affliction profonde, ('.es braves savaient que l'Europe n'avait point oublié leur malheur, quoiqu'on ne pût en accuser leur courage, (les drapeaux, sujets d'un si noble regret, se sont trouvés dans l’arsenal d’Inspruck. l u officier les a reconnus; tous les soldats son! accourus aussitôt. Lorsque le maréchal Xeylesleura fait rendre avec pompe, des larmes coulaient îles yeux de tous les vieux soldats. Les jeunes conscrits étaient fiers d'avoir servi à reprendre ces enseignes enlevées à leurs aînés par les vicissitudes de la guerre. L'Empereur a ordonné que cette scène louchante fût consacrée par un tableau. ••
l ne médaille gravée par Brenet, sous la direction de Denon, a été frappée à la Monnaie de Paris pour célébrer ce touchant épisode de la campagne d' Vusterlil/. '. \ son tour, la Commission des Inscriptions et Médailles voulut commémorer le même événement, et elle le mit è son ordre du jour dans sa séance du d octobre 180!). Le 10. Monge/, propose pour type: « La Victoire renversant une portion d'arc de triomphe: un soldat français arracherait les drapeaux qui y sont appendus ; un autre soldat les recevrait en s'inclinant. La légende serait : .Equiore Marie ; l'exergue, XII Légion, signa ail Œnipùniem recuperata. »
Le 17 octobre 1800. « la Commission est d'avis de copier en son entier la médaille de Germanicus faite pour un sujet pareil, puisqu'il s'agit des enseignes militaires prises sur Quinlilius Varus et récupérées par Germanicus ». En conséquence, la Commission arrête que: •« Sur les drapeaux repris à Inspruck , le type représentera, dans le goût de la médaille antique, un soldat debout, tenant des drapeaux. D'un côté et de l'autre de celle figure, sera placée, en deux lignes et en mots séparés, celte inscription : Signis — receplis — de riclis Germanis. \ l'exergue: ad Œniponlem. »