ET DONNÉS A LA VILLE DE PARIS
5 janvier 1806.
La glorieuse campagne de l’Empereur en l’an 1805 s’ouvrit par la victoire qu’il remporta au commencement du mois d’octobre sur l’armée autrichienne, près de Wertingen, en Bavière; voulant honorer d’un témoignage particulier de bienveillance la Capitale de Son Empire, il lui destina huit drapeaux et deux canons pris sur l’ennemi dans celle mémorable journée, et accompagna ce noble don de paroles alTectucuses et. pleines de bonté qui en rehaussaient encore le prix. Ces trophées furent portés à l’IIôtel de Ville de Paris le 5 janvier 1806, par une députation du Tribunat qui avait été chargé de celte honorable mission.
La médaille qui doit perpétuer le souvenir de cet acte de munificence de l’Empereur envers la ville de Paris, représente celle Ville personnifiée, assise
et ayant une couronne crénelée sur la tête; la Victoire, debout devant elle, lui présente un faisceau de drapeaux, réunis par une écharpe sur laquelle on lit ces mots : DE' AVSTRIACIS- AD • VERTINGAM, « conquis à Wertingen sur les Autrichiens ».
La légende : VRBI-SVAE, et celle de l'exergue, DONA • IMPERA- TORIS, indiquent que ce trophée a été donné par l’Empereur à sa capitale. La date, 18 Octobre 1805, est celle de la lettre par laquelle Sa Majesté annonce au Corps municipal ce présent de la Victoire.
ÉCLA IRCISSEME.X T
Le glorieux combal de Wertingen, entre Ulm et Augsbourg, eut lieu le l(i Vendémiaire an XIV (8 octobre 1803), neuf jours avant la prise d’Ulm. Napoléon avait assisté, la veille, à Donauverth, au passage du Danube par le corps d'armée de Murat, puis donné ses ordres à ce dernier. Celui-ci partit aussitôt pour Wertingen où il enveloppa brusquement toute une division autrichienne qu'il lit prisonnière. Le 9 octobre, Napoléon écrivit à Mural pour le féliciter ; le lendemain 10, il annonça au Préfet delà Seine et aux maires de Paris celte première victoire et envoya à la Ville de Paris huit drapeaux et deux canons pris dans cette affaire.
En témoignage de reconnaissance, les autorités de la Ville déléguèrent une députation des maires de Paris qui fut présentée par Murat à l'Empereur, au Palais de Schœnbrunn; en outre, le Corps [municipal résolut de faire frapper une médaille. A cet effet, le Préfet de la Seine s'adressa à la Classe d'histoire et de littérature ancienne, par une lettre lue dans la séance du 8 août 1806 L Le jeudi suivant, la Commission des Inscriptions et Médailles délibère sur les types de la médaille ainsi demandée par le Préfet de la Seine, mais qui n'était pas destinée à figurer dans V Histoire métallique Quant à la médaille relative au même sujet et qui devait prendre place dans cette Histoire, la Commission s'en occupe seulement dans sa séance du mardi 17 octobre 1809. Mongez propose pour type : ■< La Victoire présentant un faisceau de drapeaux à la Ville de Paris, coiffée de tours, ayant à ses côtés la proue d'un navire. La légende serait: Vidoriæ monumenla Imperaloris doua. L'exergue: Signis apucl Wertingem Auslriacis erep/is, civibus Parisiis dalis. »
Viseonti propose le type qui a été dessiné par Lemot. La Commission l'adopte le 24 novembre 1809.
1. « En même temps, dit le procès-verbal, M. le Préfet offre à l'Institut national un exemplaire des médailles que le Corps municipal a fait frapper à l'occasion des fêtes du Couronnement et il y joint l’épreuve des Fastes de Napoléon qui doit servir à la réimpression de l'exemplaire en peau de vélin que la Ville destine à la Bibliothèque de Sa Majesté. »
2. Celle médaille dessinée par I.emot, gravée par dalle et Brenel, a été frappée à la Monnaie de Paris. Empire français , pl. X, n05 2 et 3. (Voyez p. 1!*8 et le cul-de-lampe ci-dessous : rf. aussi notre Introduction, p.xxi).